Salim* a tenté de faire bonne figure devant ses juges et sa mère, habitante d’Arpajon, qui s’est déplacée pour venir soutenir son fils, déjà condamnée à 19 reprises, depuis sa majorité. Salim a des problèmes avec l’autorité. Dès qu’il croise un uniforme ou qu’il est contraint, l’homme de 34 ans ne répond plus de rien.
« Je vais vous tuer »
Lors de l’examen de sa personnalité, la Présidente du tribunal a rappelé la liste de ses condamnations où se mêlent, l’outrage, la rébellion, les menaces de mort et même l’apologie du terrorisme encore récemment.
Le 6 janvier dernier, ce préparateur de commande occasionnel est sur les nerfs. Il a avalé deux bouteilles de rosés, fumé quelques joints et sniffé une ligne de cocaïne. Il attend de pied ferme deux employées d’une association de réinsertion de l’Essonne, qui suit son dossier depuis sa sortie de prison.
Il occupe gratuitement un appartement situé rue Léopold Sédar Senghor à Évry-Courcouronnes. Il est censé le partager avec un autre homme dans le cadre de son aménagement de peine.
Lorsque ses tutrices arrivent pour un rendez-vous prévu de longue date, l’accueil est glaçant. Salim est hors de lui. Il tient des propos incohérents. Il s’est scarifié les avants bras et sort une lame de 30 cm en les menaçant « Je vais vous trancher. Je vais vous tuer et vous donner une bonne raison de me détester », lance-t-il en agrémentant ses paroles décousues de référence à Dieu.
15 mois de prison ferme
La police l’interpelle non sans incident. Pendant son transfert, et même pendant sa garde à vue, Salim devient incontrôlable au point qu’un équipage de nuit est appelé en renfort pour le neutraliser dans sa cellule, où il menace d’effectuer un carnage ou un attentat terroriste au gré de ses divagations.
Deux mois après les faits, le détenu parle d’un black-out, d’un trou noir lié à sa consommation d’alcool et de stupéfiants. « Je souffre de problèmes de troubles du comportement. J’ai des hallucinations », évoque-t-il sans sourciller même si son examen psychologique n’a décelé aucune pathologie pouvant atténuer sa responsabilité.
« Je suis d’une nature violente et agressive, même sans alcool », a-t-il fini par concéder. Dans sa plaidoirie, l’avocate des parties civiles, Maître Kayem a stigmatisé son attitude incontrôlable tandis que le procureur de la République a relevé que les services de la justice l’ont aidé dans sa réinsertion, sans grand résultat.
Après le délibéré, Salim a été condamné à 15 mois de prison ferme.
*Le prénom a été changé.
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