L’accident s’est produit à la frontière de Saint-Nazaire / Saint-André-des-Eaux (Loire-Atlantique), aux environs de 20 h le mardi 11 février 2025. Un père de famille circulait, alcoolisé, au volant de sa voiture sans permis, avec, pour passagère, sa fille de six ans. Cet Andréanais de 43 ans, inséré professionnellement, a perdu le contrôle de son véhicule qui, après plusieurs tonneaux, a fini sa trajectoire dans le fossé. L’enfant a eu plusieurs plaies et hématomes, son arrêt d’activité a été évalué à cinq jours. Le procès de son père, placé en détention provisoire après les faits, a eu lieu moins d’une semaine plus tard, ce lundi 17 février, devant le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire.
Le 11 février, les pompiers ont précédé les forces de l’ordre. Le quadragénaire, qui voulait rester dans leur camion, « à côté de sa fille », a opposé de la résistance aux trois fonctionnaires de police.
Selon ces derniers, il a repoussé l’appareil permettant le contrôle de son alcoolémie, refusé de donner le code de son téléphone, s’est montré violent…
« J’étais inconscient »
Le mis en cause a expliqué aux juges qu’il voulait rester dans le camion « pour rassurer sa fille ».
Il a ajouté « ne plus se souvenir d’avoir été mis à terre, d’avoir refusé de descendre au commissariat » et, de ce fait, « d’avoir été porté par les trois policiers ». Il a beaucoup regretté : « Je m’en veux, j’étais inconscient. »
L’inconscience, c’est ce qu’en a déduit aussi la procureure :
« Il a mis la vie de sa propre fille en danger, il est probable que le traumatisme psychique de cette enfant restera. »
Elle a rappelé que le prévenu a déjà eu plusieurs mentions à son casier judiciaire pour des conduites en état d’ébriété.
La dernière datant de novembre dernier, la magistrate a haussé le ton : « Trois mois seulement, alors que votre permis a été suspendu et que vous avez été condamné à un sursis probatoire ! »
Elle comprend et son inquiétude pour sa fille, et ses difficultés puisqu’il est en arrêt de travail, soigné pour une dépression, mais relève la gravité des faits.
Les agents de police étaient absents à l’audience. « C’était leur dernière nuit de travail avant leurs vacances », souligne leur avocate, Me Sylvie David.
« Au moins à deux grammes au moment de l’accident »
Selon leurs déclarations, « l’interpellé n’était pas calme, il s’est jeté sur une vitre de la voiture, l’un d’eux a dû le pousser pour l’empêcher de sortir du véhicule… »
À 3 h et demie, la mesure de l’éthylotest était de 0,82 g, « ce qui signifie au moins 2 g au moment de l’accident », a calculé la représentante du ministère public.
L’alcool, c’est bien le drame de cet homme. « Un refuge » dans lequel il s’est engouffré au cours de ces dernières années où il a perdu plusieurs êtres chers et notamment son meilleur ami il y a quelque temps, comme l’a précisé son avocate, Me Manon Loarec.
Il avait pris les choses en main avec le soutien de ses proches, et devait commencer une cure de trois semaines, qu’il a obtenue après plusieurs mois d’attente.
21 mois de prison ferme au total
« C’est difficile de se faire soigner tout de suite », a expliqué l’avocate de la défense, mettant en avant que son client reconnaissait les faits et insistant sur la possibilité de « le placer sous surveillance électronique… »
Elle n’a pas été entendue par le tribunal qui a décidé de maintenir le prévenu en détention. Il a été condamné le quadragénaire à douze mois de prison et révoqué neuf mois sur les douze de sursis probatoire prononcés en novembre.
Son permis était suspendu, il est annulé et il ne pourra le repasser avant trois mois. Il devra verser 300 € à chacun des trois policiers et leur rembourser les 800 € de frais d’avocat. Les intérêts civils de la fillette seront débattus le 25 septembre.
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