Une scène digne d’un film à suspense. Un secteur du centre-ville de Toulouse a été bouclé durant plusieurs heures dans l’après-midi du vendredi 28 février 2025. Lors d’une tentative de braquage, un homme, âgé de 27 ans, a menacé de faire exploser la banque BNP Paribas, située sur le boulevard Lazare Carnot, à deux pas de la station de métro François-Verdier. Présent au moment des faits, Thomas raconte la scène pour Actu Toulouse.
« J’ai une bombe dans mon sac »
Il était environ 16h15 quand ce professionnel, exerçant dans le centre de la Ville rose, se rendait, comme il en a l’habitude, à sa banque. « J’y vais tous les jours pour traiter mes virements », explique-t-il.
Mais voilà, dans la file d’attente, un homme, qui se tenait juste derrière lui, l’interpelle. « D’origine africaine, il n’était pas très grand. Il devait mesurer environ 1m70, décrit Thomas. Il portait une chaîne en or », « un habit traditionnel blanc », confirme une source policière, et un sac.
« Il m’a demandé si je faisais la queue, avec gentillesse », retrace Thomas. Au moment où cet individu est arrivé au guichet, il s’est adressé au personnel de la banque. « Il a dit : ‘ça va être simple, ça va bien se passer. Je voudrais que vous me donniez 3 000 euros et vous avez quatre minutes parce que j’ai une bombe dans mon sac’ », raconte le témoin.
« Il reste trois minutes »
Avec sang-froid, « la personne au guichet a répondu qu’il n’y avait pas d’espèces », poursuit Thomas.
Pas de quoi décourager l’homme qui a tenté de maintenir la pression en jouant le compte à rebours. « Il a répété : ‘vous avez quatre minutes, je ne repartirai pas sans mes 3 000 euros’. Il a pris une chaise et s’est assis au milieu de la salle d’attente en disant : ‘il reste trois minutes’. Il s’est ensuite levé. Il est allé voir le conseiller avec lequel je traite mes opérations en lui demandant de toucher son sac. Il ne l’a pas fait ».
« Il ne faisait pas peur »
De l’extérieur, la scène paraît angoissante. Pourtant, Thomas souligne que le comportement de cet homme ne lui a pas inspiré de crainte « Il était poli, pas agressif. Il voulait que tout se passe bien. Pour moi, il ne faisait absolument pas peur. »
Thomas a pu sortir et appeler les forces de l’ordre qui, « en trois minutes », étaient déjà sur place. « Je suis resté un petit quart d’heure au téléphone avec eux pour leur donner des informations. Ils m’ont ensuite mis en sécurité sur le côté, une fois que tout l’effectif était arrivé », poursuit-il. Et d’ajouter que les grilles à l’entrée de la banque avaient été fermées, « des employés de la banque ont pu sortir normalement ».
Le risque d’explosion écarté
À l’extérieur, l’impressionnante mobilisation des pompiers, policiers, CRS et démineurs a suscité la curiosité des badauds, craignant le pire.
Sous la menace d’un engin potentiellement explosif, le quartier a été bouclé durant plusieurs heures en fin d’après-midi. Tisséo a fermé la station de métro François-Verdier, avant de la rouvrir aux alentours de 19h.
Bien plus de peur que de mal, les démineurs ont très vite écarté le risque d’explosion. L’homme s’est rendu sans difficulté. Il ne possédait pas d’arme sur lui. L’alerte a été levée aux alentours de 19h30.
Toujours en garde à vue
Ce samedi matin, l’individu de 27 ans est toujours placé en garde à vue « pour tentative d’extorsion aggravée et séquestration, informe une source policière. Des témoins ont été entendus, certains sont choqués ».
L’homme a été interrogé par les enquêteurs. « Il va être ré-entendu pour connaître ses motivations exactes. »
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