Mardi 11 mars 2025, Damien*, un homme de 45 ans, a comparu devant le tribunal correctionnel de Caen (Calvados) pour « agression sexuelle incestueuse sur mineure » ainsi que pour « outrage sexiste ». Les faits qui lui sont reprochés datent de septembre 2020 et se seraient déroulés à Rosel, une commune proche de Caen.
Des gestes répétés
Mettre « la main aux fesses » des femmes de son entourage – sa compagne, celle de son ami, sa belle-sœur…- semble tout naturel à Damien, surtout quand il a bu un coup. Quand sa femme lui rappelle que « cela ne se fait pas », il aurait tendance à rigoler.
Cependant, ces gestes déplacés et sexistes ont fini par l’amener devant le tribunal correctionnel car il a été mis en cause pour agression sexuelle par sa nièce Sarah*, qui était adolescente à l’époque des faits.
Troubles autistiques renforcés
Cela aurait eu lieu le jour des obsèques d’un membre de la famille. L’homme aurait serré Sarah dans ses bras en descendant sa main pour lui caresser les fesses et en déclarant qu’elle avait « un gros cul ». L’adolescente en aurait été sidérée.
Ses troubles autistiques qui étaient stabilisés se seraient renforcés avec « majoration d’un état anxieux » suite à cet épisode. Incapable de quitter son domicile durant deux ans, elle aurait été scolarisée par correspondance.
« Ce proche parent l’a exclue de la société », résume l’avocate de la partie civile, à l’audience. Elle insiste sur l’attitude du prévenu pour lequel ce ne serait qu’extrapolations d’une jeune fille, qui aurait fait de pas grand-chose quelque chose d’important.
Pour lui, c’est un geste anodin, comme taper sur une épaule.
« J’ai touché ses fesses par maladresse, sans intention »
Car, si Damien reconnaît avoir eu des paroles déplacées et le regretter, il conteste l’agression sexuelle.
Je l’ai serrée dans mes bras car ce jour-là, on était tous dans l’empathie. Si j’ai touché ses fesses, c’était plutôt par maladresse, sans intention.
Le procureur requiert des soins car le prévenu a été condamné à plusieurs reprises pour avoir conduit en état d’ivresse. Il a également requis quatre mois de prison avec sursis probatoire de 24 mois.
Ce que la défense estime exagéré. « Ce n’est pas le dossier le plus grave ou le plus lourd que votre juridiction aura l’occasion de juger. »
Prison avec sursis
Damien écope finalement de deux mois de prison avec sursis et 24 mois de sursis probatoire avec injonction de soins en addictologie et en psychologie et d’un stage de lutte contre le sexisme. Il a interdiction d’entrer en relation avec la victime et se voit inscrit au FIJAIS, le fichier des auteurs d’infractions sexuelles.
Le préjudice moral est fixé à 1 000 € pour Sarah et à 1 € pour chacun de ses parents ainsi qu’à un total de 1 000 € de frais de justice.
*Prénoms d’emprunt.
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