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il a failli tuer celui qu’il pensait être l’amant de sa femme



Au mauvais endroit, au mauvais moment. Un jeune homme a été victime d’une terrible agression le 5 mai 2023 à Roz-sur-Couesnon (Ille-et-Vilaine). Vers 22h, Cédric (prénom d’emprunt) s’apprête à entrer dans sa voiture, après avoir pris un apéritif chez des amis. C’est alors qu’il entend quelqu’un s’approcher de lui. Deux hommes, le visage masqué. « C’est toi qui baises ma femme », lui demande l’un d’eux, en le menaçant avec un couteau sous la gorge. L’agresseur a été jugé au tribunal de Saint-Malo, jeudi 6 mars 2025. 

Quatre coups de couteau

Cédric ne connaît pas l’épouse du prévenu. Il lui dit qu’il se trompe, mais va tout de même être frappé violemment et reçoit quatre coups de couteau dans le ventre, au thorax, au foie et au front. Il a supplié à plusieurs reprises son bourreau d’arrêter, en vain. L’individu a aussi tenté de le mettre dans son coffre, à deux reprises. Heureusement, il en a été dissuadé par son compagnon.

Hospitalisé après un infarctus 

Cédric a réussi à grimper dans sa voiture et a juste eu le temps d’appeler les secours. « Il saignait abondamment », décrivent les gendarmes à leur arrivée. L’un des hommes s’est présenté de lui-même à la gendarmerie quelques jours après les faits. Les forces de l’ordre ont ainsi pu l’arrêter. Quelques semaines avant l’agression, le prévenu avait été hospitalisé en urgence après un infarctus. Consommateur régulier de cocaïne, de cannabis et d’alcool, il avait bu une demi-bouteille de whisky le soir des faits.

Tentative d’homicide volontaire

Deux ans après cette nuit de violences, Cédric voit pour la première fois le visage de son agresseur au tribunal correctionnel de Saint-Malo, jeudi 6 mars 2025. Le regard vers le sol, le prévenu répond vite et ses souvenirs restent très flous. Sa version diffère un peu de celle de la victime. Le quadragénaire ne croit pas avoir voulu mettre Cédric dans le coffre, mais reconnaît globalement les faits. 

Cette triste histoire aurait pu finir devant une cour d’assises au vu de la gravité des faits. Le premier chef d’inculpation a été une tentative d’homicide volontaire, avant la requalification en violences aggravées.

« Des violences gratuites »

Les médecins sont formels. Les plaies auraient pu entraîner le décès de Cédric, sans l’intervention des secours.

« Je me suis demandé pourquoi moi. Il ne pouvait pas m’identifier. Il ne me connaissait pas », déclare la victime au tribunal. « Ces violences gratuites et extrêmement graves auraient pu très mal finir. Monsieur aurait pu ne pas être présent ce jour », insiste la procureure de la République.

« Cette jeune fille n’était pas sa copine »

Le médecin lui a prescrit 30 jours d’ITT, mais il garde de graves séquelles. Douleurs digestives, perte de poids, idées noires et suicidaires. Opéré en urgence et plongé dans le coma, il a subi deux autres opérations et « son pronostic vital a été réservé », explique Maître Stichelbaut.

Cette jeune fille n’était pas sa copine. Sa passion, c’est l’automobile et rendre visite à sa mère. C’était sa vie. Il n’a jamais comparu devant une quelconque juridiction. Aujourd’hui, il ne peut plus exercer sa passion, conduire sa Mégane RS.

Maître Stichelbaut

« Dans la confusion totale »

Pour l’avocat du prévenu, Maître Pineau, son client était « dans la confusion totale ». « Je crois qu’il est assez sidéré par son comportement. Ce n’est pas simple pour lui de se nommer dans cette violence », a indiqué l’avocat rennais qui estime que la justice a « des leviers pour agir sur les troubles de la personnalité type bipolaire de monsieur. Le passage à l’acte s’explique dans un contexte de fragilité. »  

«Je n’ai jamais voulu faire ça »

Le prévenu a eu un dernier mot pour la victime. « Je voulais m’excuser. Je ne sais pas quoi dire. Sincèrement, je suis navré. Je n’ai jamais voulu faire ça », souligne-t-il. Le tribunal a jugé qu’il n’avait pas d’altération du discernement et le condamne à 5 ans de prison, dont un an de sursis probatoire avec l’obligation de soins et l’interdiction de rentrer en contact avec la victime.



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