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Il a été triple champion de France de tennis et continue à 92 ans d’œuvrer pour son club en Haute-Garonne

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Il a fait du club-house et des courts du Tennis club Revel – Saint-Ferréol (TCR) sa seconde maison. Lorsqu’il n’est pas chez lui, en vadrouille dans les rues de la bastide qui l’a vu naître ou en train de se balader autour du lac de Saint-Ferréol, Pierre Gleyzes – que tout le monde connaît sous le nom de « Pierrot » – est forcément ici, dans les locaux de l’avenue Julien-Nouguier. Un site et des infrastructures sportives qu’il a vu se développer au fil des ans, les ayant (très) longtemps lui-même fréquentées. Pour ce qui est des terrains de tennis, en tout cas. « On a calculé : il a consacré plus de 70 ans de sa vie à la discipline… », souligne avec admiration Bruno Herroudj, le co-président du TCR. Et s’il a désormais (presque) raccroché la raquette, le nonagénaire n’en reste pas moins un grand passionné. Et une figure emblématique, dans la commune de Revel. Au point que le bureau et ses adhérents ont choisi de lui rendre, à titre anthume, un vibrant hommage.

Un court couvert à son nom

« Je suis encore plus stressé qu’avant un match ! », lâchait non sans une pointe d’humour, mais en toute franchise, le principal intéressé à quelques jours de cet événement. « Ce sera une journée pleine d’émotions », anticipait quant à lui Bruno Herroudj. Après s’être vu décerner les médailles de la Ville et du Sénat, l’an passé, c’est cette fois un tout autre honneur qu’a reçu Pierrot, ce dimanche 2 mars 2025. Pas de breloques ni de coupes et trophées – il en aurait déjà plus d’une cinquantaine chez lui – mais un cadeau pour le moins unique. À 92 ans, le triple champion de France voit son nom s’afficher en grand sur le court couvert de l’avenue Julien-Nouguier. Ou, tout du moins, voit ce dernier être baptisé d’après son propre patronyme. « Cela me fait grand plaisir, bien sûr. Le tennis a toujours été ma passion », glisse-t-il, l’œil brillant.

« Nous voulions le faire de son vivant, pour qu’il le voie. Puis, la date est symbolique puisqu’elle marque la fin de notre tournoi d’hiver », explique à Voix du Midi Lauragais le co-président du club. Une compétition à laquelle le principal intéressé semble très attaché. « Il vient quasiment tous les jours », remarque-t-il.

Même s’il ne joue plus, il conserve un œil avisé. Et il y a toujours quelques conseils qui fusent.

Bruno Herroudj, co-président du Tennis club Revel – Saint-Ferréol (TCR)

Commenter, conseiller… Pierrot ne peut s’en empêcher (au point qu’il proposera même de nous donner notre premier cours !). « Je ne joue plus depuis le Covid, mais ce n’est pas l’envie qui me manque », confie le nonagénaire, toujours très alerte pour son âge. « Je suis sûr que si l’on avait pu continuer à jouer durant l’épidémie, je serais encore sur les courts aujourd’hui… »

Triple champion de France

Le stress et l’adrénaline des matchs, Pierrot les vit désormais par procuration. Sur le bord des terrains revélois ou depuis son canapé, devant l’écran de sa télévision. Hors de question pour le passionné de tennis de manquer les grands tournois. Et si – mis à part Roger Federer qui lui avait fait « grosse impression » lorsqu’il l’avait rencontré à Toulouse pour une Coupe Davis -, il ne suit aucun joueur en particulier, Pierrot n’en prend pas moins du plaisir à admirer un beau match. En particulier si celui-ci se déroule à Roland-Garros.

Il faut dire que la terre battue de ce stade, le Revélois l’a déjà foulée : il a à peine 18 ans lorsque, pour la première fois de sa jeune carrière de tennisman, il est sélectionné pour participer au championnat de France. « Je suis allé jusqu’en quart de finale en simple et en double », se souvient-il.

Pierrot, a été trois fois champion de France de tennis. ©Angélique Passebosc – Voix du Midi Lauragais

Il sera (re)sélectionné en équipe Midi-Pyrénées bien plus tard, à 65 ans, afin de participer au championnat de France 1999 à Saint-Malo. Il y décrochera son premier titre. Le second viendra dix ans plus tard, en 2009. En 2013, il repartira une fois de plus avec la médaille d’or autour du cou. Des breloques qu’il conserve pour ses petits-enfants et arrière-petits-enfants.

« C’est l’un des plus grands regrets de ma vie »

Quant à savoir comment Pierrot a découvert la petite balle jaune… « C’était en 1945 ou 1946. Je venais de trouver une vieille raquette à Saint-Ferréol… C’est comme ça que j’ai commencé. » À 14 ans, il participe à son premier tournoi sur les courts bordant le lac.

C’était en 1947. Je ne me souviens plus du score… Par contre, je sais que le suivant, à Castres, je l’ai remporté 6-0 / 6-1. C’était contre un médecin. “Je suis là pour jouer au tennis, pas pour l’enseigner à un gamin !”, c’est ce qu’il avait dit avant que le match débute… À la fin, il ne m’a même pas serré la main.

Pierrot poursuivra sur cette belle lancée – malgré une interruption forcée durant son service militaire -, jusqu’à être présélectionné pour le championnat du monde à Buenos Aires. « Partir 15 jours en Argentine… Je n’ai pas pu y aller à cause du travail notamment (il était commerçant dans la confection pour hommes, NDLR)… C’est, je crois, l’un des plus grands regrets de ma vie », confie-t-il avec nostalgie.

À 92 ans, Pierre Gleyzes dit
Pierrot aura côtoyé de grands noms du tennis mondial : le Suisse Roger Federer, le Brésilien Gustavo Kuerten et le Français Pierre Barthès. ©Angélique Passebosc – Voix du Midi Lauragais

Le palmarès du Revélois n’en reste pas mois exemplaire. « J’ai été sélectionné pendant 15 ou 17 ans dans l’équipe de Midi-Pyrénées pour les championnats de France. » Il croisera également la route de grands noms de la discipline : Federer, donc, mais aussi le Brésilien Gustavo Kuerten et le Français Pierre Barthès. « J’ai peut-être été l’un des premiers à l’avoir fait jouer », se souvient Pierrot.

La mémoire du club revélois

Malgré tout, c’est au club revélois qu’il reste attaché. Un club qu’il n’aura (presque) jamais quitté – bien qu’on lui proposât d’intégrer le TAC ou le Stade toulousain -, ayant suivi toute son évolution depuis sa création en 1981, en passant par sa fusion avec le club de Saint-Ferréol – qu’il a présidé durant une dizaine d’années. Avant de partager sa passion avec les plus jeunes générations. « J’ai dû rester pendant peut-être plus de 30 ans à l’école de tennis… Je me régalais avec les gosses », fait-il savoir avec un large sourire.

L’évolution du club, donc, mais aussi des infrastructures. Pierrot aura notamment vu le court couvert de Saint-Ferréol se construire, en même temps que les courts extérieurs du stade municipal de l’avenue Julien-Nouguier, à Revel. Il aura également vu la destruction des terrains extérieurs de Saint-Ferréol au printemps 2018. Un crève-cœur pour celui qui tapa ses premières balles là. « Ça m’a fait vraiment mal…, admet-il avec émotion. J’ai joué dans beaucoup d’endroits en France. Lorsqu’on me demandait d’où je venais, si je parlais de Revel, personne ne situait ; par contre, dès que l’on mentionnait Saint-Ferréol, c’était autre chose. Ces terrains près du lac, ils étaient connus dans toute la France. »



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