Au terme d’une longue procédure judiciaire, un homme de 31 ans a été jugé le 28 janvier 2025 au tribunal de Lille pour homicide involontaire. Les faits remontent au 7 février 2022. Ce jour-là, un accident impliquant une voiture et un piéton s’était produit à Roubaix (Nord). Le conducteur avait alors pris la fuite et tenté de « brouiller les pistes » en incendiant son véhicule. La victime, un homme de 71 ans, est décédée à l’hôpital des suites de ses blessures. Récit.
Accident mortel à Roubaix : « Si je pouvais prendre sa place, je la prendrais »
Le 7 février 2022, en pleine journée, un homme de 71 ans avait été violemment percuté par une voiture alors qu’il traversait la route sur un passage piéton.
Mais lorsque les secours et la police arrivent sur les lieux, l’automobiliste est déjà loin. Celui-ci a pris la fuite après avoir vu « du sang au niveau de la tête » de la victime. C’est une passante, témoin de la scène, qui donne l’alerte.
Selon elle, le conducteur serait « descendu précipitamment » de son véhicule, « téléphone en main », avant de repartir. Le lendemain, le fugitif tente de « brouiller les pistes », déclarant au commissariat le vol de sa voiture. Celle-ci sera retrouvée « carbonisée » dans un « parking souterrain ».
La police s’aperçoit également que l’homme ne possédait plus de permis de conduire depuis août 2019. La présidente du tribunal déplore un « comportement inacceptable ».
Transportée à l’hôpital, la victime était plongée dans le coma avant de succomber aux « traumatismes crânien et thoracique », causés lors de l’accident.
Au tribunal, le prévenu explique avoir « été pris de panique« . La présidente signale pourtant qu’il était en formation pour devenir infirmier au moment des faits. « Il savait que c’était une situation grave et était en capacité de s’occuper de la victime. A aucun moment il appelle les secours ! » fustige-t-elle.
Le prévenu de 31 ans concède avoir « enchaîné les mauvais choix« . « Si je pouvais prendre sa place, je la prendrais », assure-t-il devant la famille de la victime.
Dans la salle d’audience, l’épouse, les enfants et petits-enfants de la victime sont en effet présents pour essayer de comprendre ce qu’il s’est passé trois ans auparavant. « Je pardonne mais je n’oublierai pas », affirme l’un d’entre eux.
« Il a tout fait pour ne pas être retrouvé »
La procureure de la République reproche au prévenu d’avoir voulu « échapper à ses responsabilités » et dénonce un « comportement irresponsable« .
Selon elle, il faut « sanctionner » un homme « qui a tout fait pour ne pas être retrouvé ».
La procureure le blâme également pour avoir « repris sa vie professionnelle et sentimentale », tandis que « celles des victimes s’est arrêtée pour reprendre chamboulée ». Elle requiert donc cinq ans d’emprisonnement dont trois ans ferme.
« Il aurait dû arrêter sa vie !? » lance l’avocat du prévenu. « On peut le penser détestable mais ce n’est pas de cette façon qu’on rend la justice ! Ça ne ramènera personne », ajoute-t-il, remonté.
Rappelant le caractère involontaire des faits, il dénonce une peine excessive pour un homme qui « n’en mène pas large ». Selon lui, son client a toujours reconnu ses actes et n’a plus commis d’infractions depuis l’accident. Il espère une peine plus clémente lors du délibéré le 25 février 2025.
Zoé Hondt
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