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hospitalisé sous contrainte, ses voisins ne le craindront plus

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Il terrorisait ses voisins depuis des mois, voire des années. Lundi 17 février, le tribunal judiciaire de La Roche-sur-Yon a mis fin au calvaire des habitants d’une rue d’Essarts-en-Bocage.

Dans la salle d’audience, ils sont sept. Tous voisins de l’homme de 38 ans qui leur fait face debout depuis le box des accusés. Et tous victimes de menaces de mort lancés par le prévenu.

Propos et vidéos menaçantes

Les premières plaintes remontent au 30 mai 2024. Ce jour-là, il menace une ancienne voisine de l’égorger. « Il a même mimé le geste avec son bras », témoigne la femme, encore choquée, lors de l’audience.

« Je le connais très bien. J’habitais avant dans la même rue que lui et il me menaçait déjà. » Au point de la pousser à déménager. « Mais je l’ai recroisé et il est venu me harceler dans l’HLM où je vis. Il appuyait sur l’interphone. J’avais vraiment peur de lui. Je n’ai pas osé sortir de chez moi pendant deux semaines. »

D’autres déposent plainte en novembre 2024. Pour des faits similaires. Des menaces de mort qui prennent une autre ampleur. Car cette fois, l’homme a posté une vidéo du domicile de ses voisins sur le réseau social Facebook, accompagnée d’un commentaire à faire trembler. Dans son post, il interpelle sa communauté en leur posant une question : « Est-ce que je les bute ? »

Le trentenaire est alors interpellé. Une perquisition est faite à son domicile. Les gendarmes y retrouvent un pistolet de calibre 9.

Vidéos :

« Une psychose délirante paranoïaque »

Il est alors placé sous contrôle judiciaire. Avec interdiction de rentrer en contact avec ses voisins. Une expertise psychiatrique met en évidence « une psychose délirante paranoïaque », mais ne fait pas état d’une irresponsabilité pénale.

De retour chez lui, le trentenaire retombe vite dans ses travers. Le 8 janvier dernier, il menace de nouveau un voisin, convaincu que tous complotent dans son dos. N’ayant pas respecté l’obligation d’éloignement, il est placé en détention provisoire dans l’attente d’être jugé pour tous ces faits. Une nouvelle expertise est alors diligentée, afin de savoir s’il est en pleine possession de ses facultés.

Incarcéré pour la première fois, l’homme fait une demande de remise en liberté. Le 3 février, il se retrouve à la barre du tribunal. Il reconnaît une impulsivité, mais conteste tout ce dont on l’accuse, expliquant être victime d’un complot de la part de ses voisins. Son attitude virulente, agressive, pousse le tribunal à rejeter sa demande, estimant qu’il peut attendre quelques jours supplémentaires en prison, son procès pour les menaces de mort étant prévu le 17 février.

Entre-temps, le 10 février, le rapport de la nouvelle expertise tombe. L’expert estime cette fois qu’il y a une « abolition du discernement » au moment des faits, ce qui le rend irresponsable pénalement. Et préconise une hospitalisation psychiatrique.

De nouveau face aux juges ce lundi 17 février, le prévenu conteste toujours les menaces. « C’est juste des dires tout ça », balance-t-il. « Et je suis pas schizo », ajoute-t-il. « J’ai pas ma place en hôpital. »

Des craintes d’un passage à l’acte

Ce dont doutent les victimes. « Il m’a menacé devant mon enfant de deux ans », raconte l’une d’entre elles. « Je ne me sens plus en sécurité dans cette rue. Nous sommes plusieurs à penser la même chose. On est toujours en train de regarder s’il est là, c’est très pesant psychologiquement ». « C’est vraiment invivable », abonde un autre voisin. « On ne sait pas ce qu’il a dans la tête », ajoute-t-il. « Tout le monde le craint. Et ce qui fait peur, c’est qu’un jour, il passe à l’acte », s’inquiète une autre victime marquée par la découverte de son arme. « Il fera des bêtises un de ces quatre », est convaincu un autre plaignant.

Très marquées, les sept victimes se sont portées partie civile et ont réclamé entre 200 et 1 000 € pour leur préjudice moral. Mais ce qu’elles espèrent surtout, c’est de ne plus le recroiser. « Depuis qu’il n’est plus là, c’est beaucoup moins compliqué. »

De la prison à l’hôpital

Un avis partagé par Fiammetta Esposito. Reprenant l’expertise, la procureure de la République ne peut que « constater l’irrecevabilité pénale du tribunal. Monsieur relève de soins. Il a un comportement dangereux qu’ont senti ses voisins ». Elle requiert une « hospitalisation psychiatrique sous contrainte ». De plus, pour rassurer les victimes, elle demande « des mesures de sûreté », une interdiction de paraître dans la commune pendant dix ans, ainsi qu’une interdiction de rentrer en contact avec les sept victimes.

Des réquisitions qui soulagent l’avocat du prévenu, Me Robert. « Il y a une pathologie qui abolit son discernement. Sa dangerosité émane de cela. Il est dangereux parce que sa pathologie est mal soignée. » Et d’abonder l’hospitalisation sous contrainte pour le bien de son client.

Le tribunal n’a donc pas pu condamner le trentenaire, mais a ordonné son hospitalisation immédiate. Il a également suivi les mesures de sûreté demandées par le parquet.



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