« La fin de l’expérimentation de la semaine de quatre jours dans les services d’investigation est incompréhensible et annoncée de manière brutale » dénonce ce jeudi 13 février 2025, le Montpelliérain Bruno Bartoccetti, le responsable zonal du syndicat de police Un1té (ex-Sgp) couvrant l’arc méditerranéen.
« Cette décision marque un retour en arrière préjudiciable pour les conditions de travail des policiers et l’attractivité de la filière judiciaire, avec des primes. Lancée dans plusieurs services afin d’évaluer l’impact d’un aménagement du temps de travail plus souple et moderne, cette expérimentation avait montré des résultats encourageants. Réduction de la fatigue, amélioration du bien-être des agents, meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle : autant d’effets positifs qui auraient dû conduire à évaluer le dispositif et non à le condamner. Pourtant, sans justification solide, les autorités ont décidé d’y mettre un terme, ignorant les bénéfices constatés sur le terrain », accuse t-il.
Selon Bruno Bartoccetti, « cette décision va à l’encontre des attentes et des espoirs des enquêteurs, qui réclament des solutions concrètes et rapides face à la pénibilité de leur métier et aux défis de leur filière. Nous dénonçons ce choix qui aggravera encore davantage la crise des vocations en investigation, en rendant la matière toujours moins attractive. Les enquêteurs, déjà soumis à une pression intense et à des conditions de travail difficiles, méritent mieux qu’un réflexe orienté basé sur un schéma rigide et dépassé ».
« Les services d’enquête sont en danger »
L’arrêt de cette semaine des quatre jours suscite parmi les enquêteurs des unités d’investigation beaucoup de désarroi, les plongeant même dans la colère . « La coupe est pleine, les services d’enquête sont en danger, les enquêteurs sont en grande souffrance. On doit aujourd’hui reconsidérer leur position, tant sur l’indiciaire, que sur les heures et les jours travaillés. Et c’est urgent. Il y va de la qualité de la procédure, il y va du service public, les enquêteurs doivent rendre des comptes aux victimes et aux magistrats, ceux du parquet et les juges d’instruction notamment, avec un travail de qualité pour qu’ils soient performants dans leur travail au quotidien », assure Bruno Bartoccetti, invoquant de très nombreux retours depuis cette annonce.
L’astreinte à 1€ l’heure
Il ajoute que : « À propos des primes, je vise l’astreinte qui est très mal payée pour les enquêteurs, notamment ceux qui sont en poste au Service local de police judiciaire, le Slpj, l’ancienne sûreté départementale, mais pas que, cela concerne aussi le Service interdépartemental de la police judiciaire, le Sipj, l’ex-SRPJ. L’astreinte, c’est 149€ la semaine et le week-end, ce qui ramène l’heure d’astreinte à 1€ pour rester à la maison, ce n’st pas du tout convenable, c’est même inacceptable. Ce n’est plus possible, on comprend pourquoi les enquêteurs sont à bout. Nous demandons au ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau et au directeur général de la police nationale, Louis Laugier de prendre en compte le mal-être, voire la colère des enquêteurs dans les commissariats et les PJ et de réagir rapidement ».
La balle est dans le camp de ces deux hauts responsables de la police nationale et de la police judiciaire.
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