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Henry Chavancy se livre et évoque sa reconversion

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Brian O’Driscoll, Aurélien Rougerie et Henry Chavancy ont deux points communs : le poste de centre et le fait d’avoir été les hommes d’un seul club durant leur carrière professionnelle. Si le Racingman (4 sélections) est moins pourvu en capes que les anciennes gloires du Leinster et de Clermont, il n’en demeure pas moins lui aussi une légende de son club. À quelques mois de boucler, à bientôt 37 ans, une histoire de joueur longue de plus de 20 ans avec le Racing 92, le discret Henry s’est confié pour Actu Rugby. Il revient avec franchise sur ses quelques regrets, cette Champions Cup qui ne lui aura jamais souri, ses dernières cartouches à brûler dans cette saison chaotique pour les Altoséquanais et ce qu’il envisage dans sa vie d’après, qu’il rêve toujours en ciel et blanc.

Ses regrets, son avenir : les confessions de Henry Chavancy

Actu : Vous avez joué le 18 janvier contre les Stormers le dernier match de Champions Cup de votre carrière. Quel a été votre sentiment après la rencontre ?

Henry Chavancy : C’était vraiment une déception pour moi. Bon, l’histoire retiendra que j’aurais fini par une belle victoire à domicile en Champions Cup ! C’est une compétition qui m’a procuré des émotions très fortes, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. J’ai couru derrière pendant toute ma carrière. Malheureusement, je n’ai jamais réussi à la remporter même si on en a été très proches. J’ai de la fierté de me dire que j’ai joué trois finales. Ce n’est pas donné à tout le monde, même si j’aurais aimé la soulever. C’est la seule chose que je n’ai pas réussi à atteindre. Je peux dire que je suis triple finaliste de la coupe d’Europe ! Mais malheureusement, je ne pourrai jamais dire que je suis champion d’Europe. Ça restera forcément le plus gros regret de ma carrière.

La Challenge Cup : un objectif abordable pour une belle sortie

N’avez-vous pas eu un petit pincement au cœur en voyant les Rochelais soulever deux fois cette Champions Cup en 2022 et 2023, en vous disant que ça aurait pu être vous ?

H.C. : Non, je ne suis pas de nature envieuse ou jalouse et je suis très content de mon sort. Il y a des gens qui ont eu énormément de titres, de sélections. Mais franchement, ma carrière, je ne l’échangerais pour rien au monde. J’ai eu la chance d’évoluer pendant 18 ans dans mon club formateur, de le faire remonter de Pro D2, jusqu’à un titre, peut-être le plus beau titre (en 2016, ndlr). Jouer au Camp Nou devant 100 000 personnes, face au grand Toulon, avec ce scénario de match, c’est quelque chose que personne ne revivra. Il faut savoir saisir les opportunités quand elles passent, et nous, en tout cas en Coupe d’Europe, on n’a pas su les saisir.

L’éventualité de gagner la Challenge Cup, plus abordable pour le Racing, et donc de terminer sur un titre de champion d’Europe, est-elle un levier supplémentaire de motivation pour vous ?

H.C. : Bien-sûr ! J’ai démarré ma carrière en étant champion de Pro D2 et c’est un titre dont je suis très fier. Mais attention, gagner la Challenge Cup, pour moi, ce n’est pas être champion d’Europe. C’est celui qui remporte la Champions Cup qui l’est et je sais à quel point c’est dur d’être champion d’Europe ! Je ne vais donc pas galvauder ce mot. Pour autant, gagner la Challenge Cup serait une façon extraordinaire de finir ma carrière. On en est loin aujourd’hui. On sait qu’il y aura un parcours tumultueux à commencer par un déplacement à Perpignan. Mais évidemment, si aujourd’hui on me dit que je finirai ma carrière en soulevant un trophée, je signe tout de suite.

« Je suis tout à fait conscient d’être moins performant qu’avant »

Vous sentez-vous physiquement capable de pouvoir emmener votre équipe jusque-là ?

H.C. : Je suis tout à fait conscient d’être moins performant qu’avant. J’ai 36 ans, bientôt 37 donc c’est normal après tout. En tout cas, je le suis assez pour que les entraîneurs m’aient fait confiance jusque-là cette année. Je suis conscient d’être moins utile pour l’équipe sur le terrain que j’ai pu l’être par le passé mais j’essaye de l’être d’une autre manière, quand on fait appel à moi et aussi pour aider l’équipe en dehors du terrain.

De Juan Imhoff à Bernard Le Roux en passant par Wenceslas Lauret, les derniers grands anciens du Racing n’ont pas eu la sortie rêvée. Pensez-vous à cette éventualité de l’adieu manqué ?

H.C. : Non car je suis prêt à arrêter. J’ai ce feeling de me dire que le temps est venu pour moi de raccrocher les crampons et je suis en paix avec ça. Je suis aussi conscient que ça peut s’arrêter demain, que je peux me blesser gravement à l’entraînement, au prochain match, et que ça peut s’arrêter comme ça sur un claquement de doigts. Bien sûr, si demain je me fais un croisé à l’entraînement, je serai très triste. Mais, je le répète, j’ai conscience d’avoir eu énormément de chance. Je ne dis pas que ces prochains mois seront du bonus, parce que ça serait manquer d’ambition, mais si ça devait s’arrêter demain, je crois que je m’arrêterais avec le sentiment du devoir accompli et d’avoir tout donné.

Une après carrière au sein de l’équipe dirigeante du Racing 92 ?

Jacky Lorenzetti a offert à plusieurs anciens du club des opportunités de reconversion au sein du Racing. On imagine mal qu’il ne le fasse pas pour vous…

H.C. : Je ne vais pas faire de langue de bois, il n’y a aujourd’hui rien de décidé. Pour ma part, j’aimerais m’investir dans d’autres fonctions dans ce club que j’aime profondément. J’ai envie de rendre aussi tout ce qu’on a pu m’apporter et de continuer à l’aider autrement. J’ai des envies que j’exprime. Si elles arrivent, tant mieux. J’ai en tout cas deux leitmotivs : faire quelque chose qui me plait et dans lequel je peux être compétent.

Plutôt entraîneur ou président ?

H.C. : Entraîneur est quelque chose qui pourrait me plaire mais pas dans un premier temps. Je vis une vie à 100 à l’heure et je suis dans une machine à laver depuis 20 ans. J’ai besoin d’en sortir, de passer des week-ends avec ma femme et mes enfants, de partir avec eux pendant les vacances scolaires… bref de prendre un peu de recul sur cette vie passionnante mais éreintante. Pour le reste, je n’ai pas d’ambitions démesurées si ce n’est d’aider mon club. Président ? Si je peux être compétent, pourquoi pas mais j’ai conscience des compétences qu’il faut pour cela. Même si j’ai pu en acquérir certaines en termes de management durant ma carrière, je n’ai pas inventé l’eau chaude non plus et il m’en manque donc je n’ai pas cette ambition aujourd’hui.



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