jnews.fr

Grenoble. Le mafieux tué sur l’A41 se savait « en danger », les révélations de son avocat



Jean-Pierre Maldera, 71 ans, a été victime d’un spectaculaire assassinat, mercredi 12 mars sur l’A41 au nord de Grenoble. Avec son frère, Robert, ils s’étaient taillés une réputation de parrains du milieu du grand banditisme italo-grenoblois dans les années 1980.

Les deux frères « s’étaient rangés de ce qu’ils faisaient auparavant, assure Me Bernard Ripert, avocat historique des Maldera à l’AFP. Ils espéraient pouvoir finir leur vie avec ce qu’ils avaient pu accumuler. »

Des activités certes illégales – arnaques à la carte bleue ou racket –, mais « sans qu’ils ne versent une goutte de sang ou qu’ils ne vendent un gramme de haschich ou de cocaïne ».

Un casier judiciaire fourni

Selon le parquet de Grenoble, Jean-Pierre Maldera, comptait à son casier huit condamnations entre 1978 et 1999, dont l’une en 1986 à 15 ans de réclusion criminelle pour un vol à main armée. Robert Maldera, lui, avait été condamné en 1985 pour association de malfaiteurs et pour proxénétisme aggravé.

Lors de leur passage en prison, la légende veut qu’ils se soient chacun volontairement coupé un doigt en prison, pour exiger la remise en liberté de leur père, Giuseppe, et de la compagne de Robert Maldera.

Vidéos :

En 2004, tous deux ont été écroués dans une affaire de grand banditisme, mais libérés en 2005 à la suite d’un vice de forme, qui avait conduit à l’annulation de l’ensemble de la procédure. 

« Il se savait menacé »

En 2015, Robert Maldera disparaît mystérieusement, sur fond de litiges personnels et financiers. « Jean-Pierre a tout de suite compris qu’il ne reverrait plus jamais son frère », affirme Me Bernard Ripert. Trois hommes ont été mis en examen en 2017 pour « meurtre en bande organisée », mais aucun procès n’a eu lieu à ce jour.

Et l’avocat en est sûr : la fusillade sur l’A41 est lié à la disparition de Robert Maldera. Depuis 10 ans, Jean-Pierre Maldera « se savait menacé et en danger, il vivait caché chez lui. » 

Les responsables de la disparition de son frère « ont préféré prendre les devants », pointe Me Bernard Ripert, accusant dans le même temps la police et la justice grenobloises d’avoir « couvert les assassins ». 

Un dossier « compliqué »

Me Franck De Vita, avocat des Maldera depuis les années 2000, se veut plus prudent. « Je me dis que les enquêteurs vont imaginer toutes les pistes et qu’il y aura forcément celle-ci ». Il rappelle également à l’AFP que ce dossier « compliqué » nécessite de la police un « travail de très longue haleine« .

La préfète de l’Isère, Catherine Séguin, avait invoqué mercredi 12 mars la piste du « fléau du narcotrafic », à l’origine de fréquents règlements de comptes et fusillades entre bandes rivales à Grenoble ces derniers mois, pour expliquer la fusillade. 

Les enquêteurs n’ont pas, à ce stade, avancé de mobile possible pour le meurtre de Jean-Pierre Maldera. Quant aux agresseurs, ils sont toujours en fuite.

Avec AFP



Source link
Quitter la version mobile