C’est l’un des paradoxes du sondage Cluster 17 révélé ce mardi par actu Lyon à un an du 1ᵉʳ tour des élections municipales de 2026 à Lyon. Le maire écologiste Grégory Doucet s’impose en tête dans les intentions de vote, mais son bilan est critiqué et son action rejetée par une majorité de Lyonnais. L’élu s’impose à 22% d’intentions de vote, mais son action recueille 58% de mauvaises opinions. Explications.
Le sondage que nous révélons en exclusivité positionne le maire sortant comme un candidat qui fait la course en tête (22%, cinq points devant Jean-Michel-Aulas qui est deuxième). Mais en 2020, le nouveau venu en politique s’était imposé avec 28% des voix au premier tour avec une gauche éclatée.
Grégory Doucet « conserve son socle » de 2020, pour l’instant
Le maire de Lyon, candidat à un nouveau mandat, « conserve le soutien de son socle, ce qui lui permet de faire un score plutôt honorable, en gardant la sociologie classique du vote Verts », analyse Jean-Yves Domargen, président de Cluster 17.
Mais pour un maire sortant, 22% « reste un niveau assez faible. Cela veut dire d’abord que le socle de la municipalité actuelle s’est aussi sensiblement replié ».
L’élection de 2026 ne sera pas celle de 2020, marquée par la pandémie de Covid et un second tour où le sujet de l’écologie s’est imposé. Une puissante vague verte a déferlé sur Lyon, Bordeaux, Grenoble, Marseille, Tours ou encore Strasbourg. « Quand l’abstention est très importante comme elle l’a été en 2020, le corps électoral est déformé. Il y a une sur-représentation des publics très diplômés et politisés », poursuit le sondeur.
« L’écologie était plus porteuse en 2020. Aujourd’hui, d’autres sujets ont pris le dessus. Il y a un retour de bâton de plusieurs publics différents sur les sujets écologistes », note le patron de l’institut.
À gauche, les écologistes plient le match
Les écologistes peuvent se rassurer à gauche : ce sont eux qui sont loin devant. La liste socialiste menée par Sandrine Runel est donné à 11% d’intentions de vote, en progression par rapport à son score de 2020 de 7,01%. Certains socialistes sont tentés par des ambitions solitaires dès le 1ᵉʳ tour, tandis que d’autres tentent de négocier une place plus importante dans la future majorité en cas de victoire, comme des mairies d’arrondissement.
Chez LFI, dans un mouvement fracturé entre les pros-union et les ambitieux, on ne confirme pas le succès de la présidentielle 2022. Le parti est donné à 11% d’intentions de vote en cas de liste portée par Idir Boumertit. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon ne bénéficie pour l’instant d’aucune dynamique après son score de 10% il y a six ans en soutenant la liste de Nathalie Perrin-Gilbert.
Le maire de Lyon et Jean-Michel Aulas gagnent le match de la notoriété
Dans ce sondage qui mesure aussi la notoriété des candidats, ce sont Jean-Michel Aulas et Grégory Doucet qui plient clairement le match en arrivant au coude-à-coude.
« En termes de notoriété, les notes sont élevées pour Jean-Michel Aulas et pour le maire sortant, car ce sont deux acteurs très reconnus des Lyonnais. Néanmoins, on constate que l’ancien maire Georges Képénékian n’a pas la moyenne. S’il n’avait pas de soutien partisan, il serait sans doute plus faible. Il n’a pas une notoriété personnelle suffisante pour être plus haut », analyse Jean-Yves Domargen.
« Les autres acteurs sont mal identifiés, avec des notoriétés faibles », dit-il.
Le bilan de Grégory Doucet et des écologistes très critiqués
Autre enseignement de ce sondage : le rejet de l’action de la mairie écologiste et du bilan de son maire.
Ce que l’on constate à travers le sondage, c’est un certain nombre de clivages et de tensions autour de l’action et du bilan de la mairie. Le maire est fort sur son socle, mais il y a beaucoup de mécontentements, de mauvaise humeur sur la circulation, sur la sécurité, sur les travaux. Il y a une forme de mauvaise humeur majoritaire, liée à des enjeux d’aménagement, de circulation, un sentiment d’insécurité qui est diffus, et la sensation que la ville se dégrade et va dans la mauvaise direction.
« Concernant le bilan de l’action conduite par le maire Grégory Doucet et son équipe, diriez-vous qu’il est ? », demande l’institut. Pour 58%, il est « mauvais » dont 35% de « très mauvais » et 34% « satisfaisant » dont seulement 6% de « très satisfaisant ».
« On retrouve le socle avec les 34% de satisfaits : ce sont des électeurs de gauche, écologistes. En face, il y a une majorité insatisfaite qui porte en elle la demande d’alternance. Tout cela est bien sûr conditionné à la configuration du second tour », selon le sondeur.
« C’est inquiétant quand il y a un tiers de satisfaits seulement. 35%, donc un tiers de très mécontents, c’est très élevé et cela peut témoigner un souhait d’alternance. Même s’il faut bien sûr être prudent, la perception du bilan reste mauvaise et le rejet est assez significatif », poursuit-il. Mais il nuance auprès d’actu Lyon : le bilan d’Anne Hidalgo avait été rejeté en 2020, ce qui n’a pas empêché la maire de Paris d’être réélue.
Méthodologie du sondage
Étude réalisée par Cluster 17 auprès d’un échantillon de 812 Lyonnais inscrits sur les listes électorales. L’échantillon est réalisé selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle et d’arrondissements d’habitation. Questionnaires auto-administrés en ligne. Interviews réalisées du 22 au 27 février 2025. La marge d’erreur est d’environ deux points.
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