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greffé du cœur, il va participer aux 24 Heures du Mans Motos



Il se souvient de cette maudite période avec une infime précision, et surtout beaucoup de détachement. D’abord de ces matches de basket, lors desquels il n’arrivait pas à courir autant que ses copains d’Étrelles (Ille-et-Vilaine).. De ces premiers examens médicaux infructueux où l’on avait dit à sa maman : « Il n’y a rien. Si vous continuez s’insister, ce n’est pas le fils que l’on devra soigner mais la mère… »

« À quelques semaines près… »

Puis d’une prise de sang, d’échographies des poumons et du cœur, et du couperet qui tombe.

Il n’a pas encore 10 ans, mais Alexis Lamiré, qui souffre d’une insuffisance cardiaque, a besoin d’une greffe de cœur.

« Mes parents ont toujours été très honnêtes et ne m’ont jamais rien caché. Ce sont des sentiments particuliers. D’un côté, j’étais pressé d’être sauvé, et de l’autre côté très stressé de comprendre qu’on allait changer le moteur de mon corps. »

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Alors que son état se dégrade, il est placé sur une liste nationale prioritaire et subit finalement une transplantation cardiaque au printemps 2009.

On m’a appelé à 16 h 45. Mon sac pour partir était prêt. Il fallait être à 19 h à l’hôpital à Nantes. À 21 h 30, j’étais au bloc. À 2 h 45, l’acte chirurgical était terminé et mes parents m’ont retrouvé à 6 h. S’il avait fallu attendre quelques semaines de plus, je ne serais plus là pour en parler.

Alexis Lamiré

Évoquer son histoire, c’est pourtant bien ce qu’il s’apprête à faire, jeudi 27 mars, devant un parterre de professionnels invité à la Villa Kohïba, boulevard de Laval à Vitré, pour une grande soirée de sponsoring.

« Son histoire donne de l’espoir »

« Je donne un coup de main parce que c’est un super gamin, que j’aime bien et qui a une super histoire. Elle donne de l’espoir et j’espère qu’il pourra profiter de ce qui lui est arrivé, même si cela reste malheureux, pour s’ouvrir des portes », salue le patron du restaurant, Sébastien Delaunay, lui-même passé par la case hôpital après avoir porté les couleurs du Stade lavallois dans sa jeunesse.

Alexis Lamiré, désormais âgé de 25 ans, espère pouvoir récolter 35 000 € pour financer sa première saison entièrement tournée vers le championnat du monde d’endurance moto (EWC).

Un montant qui comprend la somme versée à son team mayennais Mana’u, le prix de sa licence internationale (près de 1 600 €), les frais de déplacement, et un unique entraînement sur le circuit de Spa, en Belgique.

Une nouvelle participation aux 24 Heures du Mans

Car le pilote qui a grandi à Étrelles est loin de n’avoir que la compétition dans la vie.

Il travaille comme chef d’atelier de la nouvelle concession moto Honda à Laval, West Moto.

« Quand j’ai rencontré mes nouveaux patrons, que je leur ai expliqués qu’il faudrait me libérer quelques fois dans l’année, ils m’ont dit oui. Par contre, la contrepartie, c’était de pouvoir rouler sur une Honda. J’ai rempli ma part du contrat », sourit Alexis Lamiré.

Après quatre années sur le championnat de France Superbike, marquées par quelques podiums et top 5 entrecoupés de quelques apparitions sur la scène internationale, notamment en Sarthe, il participera cette année aux 24 Heures du Mans, aux 8 Heures de Spa et au Bol d’Or au Castellet.

Il doit faire l’impasse sur les 8 Heures de Suzuka au Japon – « son nouveau rêve » – une course sur laquelle seuls les meilleurs Français font le déplacement pour des raisons financières.

J’ai été greffé il y a quinze ans et depuis, je revis à 200 %. J’ai la chance de pouvoir faire le sport qui me passionne. Je ne cache pas mon histoire et ce n’est pas comme si elle était inscrite sur mon front. Je vis ça comme une victoire, même si je sais que j’ai été chanceux.

Alexis Lamiré

Ses parents comme supporters

Alexis Lamiré s’appuie sur le soutien de ses parents, gérants de l’entreprise vitréenne Norsud spécialisée dans la signalétique, comme c’était déjà le cas lors des moments difficiles de son enfance.

C’est d’ailleurs en partie grâce, ou à cause d’eux, s’il est tombé dans la marmite de la moto, rentré totalement émerveillé des 24 Heures Motos où son père, qui sponsorisait une équipe, avait été invité.

À l’adolescence, à l’issue d’une âpre négociation, ils ont consenti à laisser le jeune Alexis monter sur sa bécane et sont aujourd’hui ses « premiers supporters ».

De la maladie aux vitesses folles des compétitions d’endurance, le danger est toujours là. Mais cette vie, Alexis Lamiré l’a choisie de bon cœur.

Une soirée sponsoring à destination des professionnels est prévue ce jeudi 27 mars à la Villa Kohïba, à Vitré. Alexis Lamiré table sur 35 000 € pour financer sa saison.





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