Ça y est, c’est fait. Coup de sifflet final. La France bat l’Écosse 47-20 et remporte le Grand Chelem du Tournoi des V Nations 1997. Un match d’une saveur encore un peu plus particulière puisque c’est le dernier du Tournoi disputé au parc des Princes (le prochain le sera au Stade de France).
Avec les Bleus
Après le Tournoi des V Nations, Laurent Leflamand poursuit sur sa lancée avec l’équipe de France. A l’automne 1997, il joue encore 4 matches en bleu : 2 victoires contre l’Argentine et l’Italie, 2 défaites contre l’Afrique du Sud, dont la dernière, rédhibitoire (10-52). On ne reverra plus le Cherbourgeois en équipe nationale après cette déculottée. Au total, Laurent Leflamand aura porté 8 fois le maillot du XV de France (une première sélection en 1996 contre l’Afrique du Sud).
Deux essais contre le pays de Galles
Et parmi les joueurs tricolores qui cet après-midi du 15 mars 1997, font un tour d’honneur de la pelouse du Parc, le trois-quarts aile Laurent Leflamand, né à Cherbourg et qui a commencé à jouer au rugby au RCCH, le club local ! Avec trois matches disputés comme titulaire et 4 essais, Leflamand a pris une part prépondérante à la victoire finale des Bleus dans le Tournoi, dont il finit meilleur marqueur (à égalité avec David Venditti). Rembobinage de sa belle histoire.
Celle-ci commence le 15 février 1997 au Parc des Princes, face aux Gallois. Deux semaines avant, l’équipe de France a remporté son premier match du tournoi en dominant l’Irlande 32-15. Il faut enchaîner, mais les blessures compliquent la tâche du sélectionneur Jean-Claude Skrela : pour remplacer Émile N’Tamack à l’aile droite, Skrela appelle Laurent Leflamand qui ne compte alors qu’une seule sélection.
Sur la pelouse du Parc, au moment des hymnes, Leflamand laisse échapper quelques larmes d’émotion. Mais il se reprend vite et montre que son surnom « la Flamme » n’est pas usurpé. Alors que la France est à la peine devant des Gallois accrocheurs, le Cherbourgeois marque deux essais (un par mi-temps). La France l’emporte finalement 27-22, et Leflamand gagne sa place de titulaire.
Twickenham, 62e minute
Quinze jours plus tard, on le retrouve sur la pelouse de Twickenham, le « temple du rugby anglais » où une victoire française est toujours un exploit. Et de fait, à l’heure de jeu, sans leur capitaine Benazzi sorti sur blessure, les Français sont dominés 20-6 et on ne voit pas comment ils pourraient renverser le cours du match que les Anglais mènent de main de maîtres. Alors que le Swing low sweet chariot entonné par les supporters anglais commence à faire tanguer les tribunes de Twickenham, « Titou » Lamaison envoie une diagonale au pied que Tony Underwood et Laurent Leflamand se disputent.
C’est ce dernier qui arrache le ballon des bras de l’arrière anglais et vient le poser derrière la ligne. On est à la 62e minute, les Anglais mènent toujours (20-13), mais Laurent Leflamand vient d’éteindre les chœurs de Twickenham et a sonné la révolte !
Le reste du match est une remontée flamboyante comme seuls les Français en ont le secret. Lamaison enquille un deuxième essai, transforme et assomme définitivement les Anglais par une pénalité à la 75e minute. Score final : 23-20 pour la France. Messieurs les Anglais, « la Flamme » et ses potes vous saluent bien…
On prend les mêmes et on recommence pour le match du sacre ce 15 mars 1997. Il n’y aura pas de surprise face aux Écossais, menés 26-13 à la mi-temps et finalement battus 47-20 (avec un nouvel essai de Leflamand). 4 matches, 4 victoires : la France remporte son cinquième Grand Chelem. Et Laurent Leflamand, premier Manchois sélectionné dans le XV de France, y a beaucoup contribué.
Une belle carrière pro
Né à Cherbourg en 1968, Laurent Leflamand pratique d’abord le foot et l’athlé. A 17 ans, sur les conseils de son père, ancien joueur du RCCH (Rugby-Club Cherbourg-Hague), Leflamand se met au rugby et joue pendant 4 saisons au sein du club cherbourgeois. Parti à Istres pour son service militaire, il intègre rapidement l’équipe fanion du club local qui joue alors au deuxième niveau national. Grâce à sa vitesse et sa puissance, il se fait remarquer par Lyon qui le fait signer pour 3 saisons.
Après deux ans passés à Grenoble, Leflamand arrive en 1996 à Bourgoin-Jallieu. C’est là, jusqu’en 2001, qu’il va vivre ses meilleures années, entre perfs sportives et belle atmosphère humaine. En 1997, à côté de son parcours en équipe de France, Laurent Leflamand joue trois finales avec Bourgoin : finale du championnat de France (défaite contre Toulouse), finale de la coupe de France (perdue contre Pau) et finale du Bouclier Européen (gagnée contre Castres). Laurent Leflamand termine sa carrière de joueur pro à Bourg-en-Bresse.
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