Très disert sur la gestion émotionnelle de Matthieu Jalibert dans le sillage de la tournée d’automne, Fabien Galthié a tenu à dégonfler voire désamorcer toute polémique autour de son ouvreur, et pas seulement, lors de l’annonce de la composition du XV de France pour le match du Tournoi des 6 Nations en Angleterre.
« Pas de polémique » entre Galthié et Jalibert
« On a voulu faire de la polémique, nous il n’y avait pas de polémique, il n’y en a pas de polémique. Il n’y a pas de polémique, il y a des choix », a insisté Fabien Galthié dans l’auditorium de Marcoussis. Au moins, avec ça, les choses sont claires.
Le sujet ? Comme d’habitude, aurait-on envie de dire. Celui de la gestion de Matthieu Jalibert et de ses ambitions, légitimes et bien compréhensibles pour tout compétiteur qui se respecte, de s’accaparer le numéro 10 du maillot bleu, souvent réservé à Romain Ntamack ou Thomas Ramos.
« Il était hors de question de rentrer dans un rapport de force. Nous, le rapport de force, il est uniquement avec l’adversaire. Nous, si on doit combattre, c’est avec l’adversaire, pas avec nos joueurs. Tous les joueurs que l’on rencontre en France, à tous les joueurs qu’on propose à la sélection, c’est déjà un rapport de confiance, c’est déjà une proposition, une main tendue, on est prêts à vous accompagner, on est prêts à vous prendre avec nous, parce que vous avez le potentiel d’atteindre ce qui est pour vous le Graal, porter le maillot de l’équipe de France », a souligné le sélectionneur.
Des hauts et des bas pour Jalibert, comme pour tout le monde
Par ses performances sportives, Matthieu Jalibert sort souvent du lot. Lors de la tournée d’automne, il est aussi sorti du rang. Moins pour son mauvais comportement qu’à cause d’un moment de faiblesse. Un coup de moins bien, comme cela arrive à tout le monde et peut-être plus souvent à ceux qui ont besoin de se sentir soutenus et aimés pour performer.
Et ça, Fabien Galthié a l’air d’en avoir parfaitement conscience à en croire son discours avant le Crunch au moment d’expliquer la titularisation du Bordelais, « une évidence » selon ses propres mots.
« La titularisation de Matthieu est simplement cohérente pour nous. Ça fait partie de son chemin, ce n’est pas un chemin linéaire de jouer avec l’équipe de France de manière régulière. Matthieu, aujourd’hui, c’est plus de 30 sélections, donc un vécu important en équipe de France depuis 2020. Des états de forme différents au fil du temps, des états de forme psychologique différents », détaille Fabien Galthié.
« Le passage qu’a eu Matthieu cet automne est très intéressant parce que la méthode que l’on a, c’est de développer les joueurs, accompagner les joueurs, leur donner tout ce qu’on peut en termes de capacité à progresser. Et progresser, ce n’est pas uniquement le geste, c’est la tactique et c’est aussi la compétence de préparation mentale ».
Mental et main tendue
Très loquace, Galthié a poursuivi : « Je voudrais mettre en avant nos préparateurs mentaux qui accompagnent les joueurs au quotidien dans la dimension émotionnelle et la charge cognitive liée à la performance de haut niveau et le challenge que ces joueurs ont à assurer quotidiennement. Parce qu’ils sont attendus dans leur club, ils sont attendus tous les week-ends, ils sont attendus aussi avec la France sous un éclairage différent. Et tous ces joueurs, les étapes et les moments de vie qu’ils traversent, très heureux parfois et parfois moins heureux, donc avec des charges cognitives émotionnelles négatives, on leur apprend avec nos compétences et nos préparateurs mentaux à traverser ces moments-là de différentes manières ».
« L’exemple de Matthieu, pour nous, c’est un exemple de vie d’un joueur de haut niveau qui traverse des grands moments et des moments difficiles, des blessures aussi. Il y a la blessure psychologique, mais il y a aussi la blessure physique. Cet exemple-là, pour nous, c’est la même chose pour tous les joueurs. On pourrait prendre chaque cas, présent ou absent, pour blessures ou pour méformes ou différentes raisons, et on pourrait les étudier. C’est ce qui est passionnant dans notre fonction. Notre rôle c’est de tendre la main à ces joueurs et de les amener le plus haut possible pour qu’ils portent le maillot et qu’ils soient performants », conclut le sélectionneur.
D’une année 2024 de bas avec le XV de France, Matthieu Jalibert pourra donc se relancer vers le haut en ce début 2025. Sur la pelouse de Twickenham (samedi à 17h45), les Bleus en auront bien besoin.
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