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Figure du Val de Nièvre, René Lognon passera la main en 2026… « C’est une décision qui me coûte »

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En 2026, dix ans tout juste après avoir cédé son écharpe de maire de Flixecourt (Somme) à Patrick Gaillard en cours de mandat, René Lognon quittera un autre mandat qui lui colle à la peau : celui de président de communauté de communes.

La mairie jusqu’en 2016, la com de com jusqu’en 2026

Même s’il n’est président de l’intercommunalité « que » depuis 2001, René Lognon a été l’un des acteurs principaux de sa création.

Raccrocher au bout de vingt-cinq ans n’est pas facile pour l’ancien maire de Flixecourt, toujours conseiller départemental…

Passer la main est une décision mûrement réfléchie, mais qui me coûte. Ma vie a été faite en grande partie de cet engagement, avec beaucoup de résultats positifs et très peu d’échecs. Passer à autre chose n’est pas simple.

René Lognon, président de la communauté de communes Nièvre et Somme

Impossible pour lui de tout quitter d’un coup : après avoir abandonné son écharpe de maire en 2016, il quittera la présidence de la communauté de communes en 2026… mais restera conseiller départemental.

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Quel successeur pour René Lognon ?

Maire de Flixecourt de 1989 à 2016, René Lognon avait démissionné en cours de mandat, pour passer la main à son successeur désigné, Patrick Gaillard (réélu en 2020, et déjà candidat à sa succession).

Sa succession à la tête de la communauté de communes Nièvre et Somme s’annonce plus ouverte. René Lognon n’a pas de successeur naturel, et pourrait ne pas apporter de soutien clair à quiconque.

Pour l’heure, un seul candidat s’est officiellement déclaré : le maire de Lanches-Saint-Hilaire Jean-Luc Waligora, actuel vice-président en charge de la culture. Mais au moins un autre nom circule, celui d’un maire de l’Ouest Amiénois. Et la route est encore longue jusqu’aux élections de 2026…

Il veut rester conseiller départemental jusqu’en 2034

« Je suis élu au Département depuis 1994, et je serai de nouveau candidat en 2028 avec Nathalie Temmermann, pour un dernier mandat qui, je l’espère, me conduira jusqu’en 2034 », confirme-t-il.

En 2026, la vallée de la Nièvre tournera en tout cas une longue page, tant René Lognon incarne le renouveau du territoire, après le désastre économique et social qu’avait créé la chute de Boussac Saint Frères au début des années 1980.

À un an de la fin de ses mandats locaux, l’élu communiste se livre sur quelques aspects de son parcours au sein de la communauté de communes…

La première com de com de la Somme

René Lognon : « Dès que je suis devenu maire en 1989, j’ai eu l’intuition que c’est à cette échelle qu’on allait faire bouger les choses, et relancer l’activité économique du territoire, après l’effondrement de Saint Frères.

« La communauté de communes du Val de Nièvre est ainsi devenue en 1992 la première de la Somme (et la neuvième de France).

« J’ai très vite été sûr du chemin qu’il fallait suivre. Et je n’ai jamais eu de doute. C’est pour ça que beaucoup d’entreprises sont venues s’installer ici : parce qu’elles savaient que j’étais un acteur volontaire.

« Je suis pourtant un pur autodidacte avec un certificat d’études. Je n’ai pas d’autre formation économique que l’expérience : d’abord dans la gestion d’associations, puis en tant qu’élu. »

Une feuille de route en 46 points pour préparer l’avenir

Dans un peu plus d’un an, René Lognon ne sera plus président de la communauté de communes Nièvre et Somme. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne pense pas à l’avenir. Fin janvier, il transmettait à l’ensemble des élus communautaires une feuille de route « pour 2025 et au-delà ».

En 46 points (« non exhaustifs »), cette feuille de route réunit tous les projets « en cours et en instance » : sur le point de se réaliser ou en réflexion, autant de dossiers sur lesquels les futurs élus communautaires pourront plancher.

Parmi ces dossiers : le projet de crématorium à Flixecourt, la création d’une épicerie sociale itinérante, la réflexion sur une halte d’hébergement aux Moulins Bleus à L’Étoile (dans le cadre de la réhabilitation de la véloroute voie verte sur l’ancienne voie de chemin de fer), ou encore la construction de l’école de musique sur le site d’Harondel, qui pourrait se concrétiser avant la fin du mandat…

« En tant que président, je propose, explique René Lognon. Après, ce sera aux élus d’en discuter. Mais en partant, je laisserai une bonne situation comptable, qui permettra à mes successeurs de faire leurs choix. »

Sa plus grande fierté : le développement économique

R.L. : « On sortait de la chute de Boussac Saint Frères. Il fallait que l’arrivée de l’autoroute se concrétise par du développement économique : l’arrivée d’entreprises nous donnerait les moyens dont on avait besoin et permettrait de créer des emplois. Ça s’est vérifié.

« C’est le monde de l’entreprise qui donne de la richesse à un territoire, et nous avons été facilitateurs, en mettant en place des ateliers relais. ça explique en partie pourquoi nous n’avons pas perdu d’entreprises sur la ZAC.

« C’est ma plus grande fierté en tant que président de la communauté de communes. Ça a toujours été ma vision : aller chercher des moyens, pour pouvoir après redistribuer. C’est ce qu’on fait au sein de la com de com, avec les dotations de solidarité aux communes. »

Crèches, médiathèques… Un territoire pionnier

R.L. : « Entre 2001 et 2026, j’estime qu’on a réalisé beaucoup d’investissements. Le développement économique a été une grande réussite, nous sommes les premiers du département en termes de petite enfance, nous avons un réseau de médiathèques très performant, une politique culturelle importante.

« Je n’oublierai pas la piscine, et toutes les décisions prises depuis quatre ans qu’elle est ouverte, qui permet aux scolaires ou aux jeunes qui fréquentent les centres de loisirs d’y accéder gratuitement.

« On a aussi fait un grand travail d’inclusion avec le monde du handicap, avec des actions en faveur des établissements spécialisés : l’accès aux outils numériques, la gratuité de la piscine… »

Volontaire, mais prudent : l’exemple de la piscine

R.L. : « L’une des fiertés que l’on ne pourra jamais me retirer, c’est l’état de la trésorerie lorsque je partirai. On a souvent été montré en exemple pour nos réalisations, mais on a toujours été prudent, en allant chercher un maximum de subventions, et en ne faisant que ce qui était dans nos moyens.

« La piscine est un bon exemple : elle n’a coûté que 7,5 millions d’euros, ce qui est très peu pour un tel équipement. On aurait pu faire un bassin à 12 ou 13 millions en espérant que le public soit suffisamment en rendez-vous. On a préféré faire un choix plus prudent, et s’assurer de la fréquentation à longs termes, avant d’envisager un éventuel agrandissement. »

Beaucoup de réussites… Mais quelques échecs ?

R.L. : « Est-ce que j’ai eu des échecs ? Franchement je ne vois pas… Si, disons l’annulation du PLUi (le plan local d’urbanisme intercommunal, rendu caduc après un recours et une décision de justice), qui complique certains projets.

« J’aurais aimé que la friche d’Harondel soit réalisée à mon départ, mais il faudra en partie revoir le projet. Mais l’école de musique y sera bien construite : les travaux pourraient même commencer dès cette année, en tout cas avant les élections.

« Quoi qu’il en soit, je partirai en laissant des finances saines, avec une longue feuille de route pour les prochaines années, et avec le sentiment d’avoir largement rempli ma mission. »



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