Après quarante-cinq jours en détention provisoire, José (le prénom a été modifié) a visiblement eu le temps de prendre conscience de la portée de ses gestes. Dans la nuit du 10 au 11 janvier 2025, vers 2 h 30 du matin, cet homme de 49 ans résidant à Marly-le-Roi (Yvelines) s’est montré extrêmement menaçant envers sa compagne.
Alors que cette dernière rentrait tard du travail, il a piqué une énième crise de jalousie, pensant qu’elle était en compagnie d’un collègue. Il a d’abord pointé un chalumeau de cuisine en sa direction, puis s’est saisi d’un couteau de 14 cm de longueur, avant de la poursuivre dans la chambre et la salle de bains où elle s’était successivement réfugiée.
Fou de rage, il a également planté la lame du couteau dans le matelas. Le tout sur fond d’alcool, le prévenu ayant consommé bières, vodka et un vin pétillant dans la même soirée.
Un enfant de 16 mois dormait dans l’appartement
Une scène extrêmement choquante pour la victime alors même que l’enfant du couple, âgé d’à peine 16 mois, dormait dans le petit appartement de 58 m2. Des contusions aux cuisses, aux doigts, au visage et trois jours d’incapacité totale de travail, tel est le bilan pour la victime.
C’est cette histoire-là qui a été racontée le mercredi 26 février 2025 au tribunal judiciaire de Versailles. « Vous n’aviez aucun antécédent, mais on peut dire que vous entrez par la grande porte », a ironisé le président du tribunal.
« À votre avis, que s’est-il passé dans sa tête (de la victime) à ce moment-là ? Et à votre enfant de 16 mois, qu’allez-vous lui raconter plus tard ? »
« Tout ça n’est pas correct », a reconnu le prévenu, arguant que l’enlèvement de sa mère au Honduras il y a quelques années avait marqué le début de ses difficultés. « Petit à petit, j’ai sombré dans l’alcool et ça s’est accentué quand je me suis mis avec elle. J’avais cette frustration de ne pas la rendre heureuse. »
Une relation vite devenue conflictuelle
Née en 2022 des suites d’un adultère, la relation amoureuse a vite dégénéré, le prévenu n’acceptant pas la grossesse de sa nouvelle compagne, annoncée en novembre 2022, alors qu’il était déjà le père de deux enfants (de 5 et 22 ans) avec son ex-femme.
Pendant de longs mois, dans un contexte on ne peut plus toxique, les insultes vont pleuvoir des deux côtés. Jusqu’à cet accès de colère du 11 janvier 2025.
Présente à la barre et visiblement encore choquée, la victime raconte l’horreur qu’elle a vécue. « Il m’a dit qu’il allait me tuer moi et l’enfant. Il m’a pris dans ses bras avec la lame de couteau dans le crâne. Il a dû rester une ou deux minutes comme ça et, quand je suis partie, il m’a coupé des cheveux. »
« Je veux qu’il paye pour ce qu’il a fait à moi et à mon fils »
La victime, qui a quitté le domicile conjugal pour se réfugier chez sa famille en Italie, veut que son désormais ex-compagnon « paye pour ce qu’il a fait (à moi) et (à mon fils) ».
Dans ses réquisitions, la procureure a déploré « une scène d’une violence extrême qui ne peut générer qu’une terreur totale ». « Je demande donc une peine d’emprisonnement de 18 mois avec 10 mois de sursis probatoire. »
La peine prononcée par le tribunal est encore plus lourde : 24 mois de prison, dont 14 mois ferme avec mandat de dépôt. José aura également l’obligation de suivre des soins en addictologie, d’indemniser la victime et a interdiction d’entrer en contact avec elle ainsi que de porter une arme durant les cinq prochaines années.
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