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Éric Bellion a « séché ses larmes » et a été jusqu’au bout de son tour du monde

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Hors course, mais peu importe. Éric Bellion a bouclé son deuxième Vendée Globe, ce mercredi 12 février 2025, aux Sables-d’Olonne (Vendée). Originaire de Versailles (Yvelines), le skipper de Stand As One Altavia avait dû abandonner mi-janvier, alors qu’il pointait à la 29e place.

En cause, l’axe qui tient l’étai de J2 (voile d’avant), qu’il avait déjà réparé et qui avait à nouveau cédé. Il était à ce moment-là impossible d’effectuer une nouvelle réparation, la mer étant trop agitée. « C’est le pire endroit, a expliqué Éric Bellion à son arrivée. Ç’a été un enfer, je ne le referai pas. Il avait néanmoins réussi à rejoindre Port Stanley (îles Malouines).

« On construit une nouvelle aventure »

Ironie de l’histoire, Éric Bellion avait déjà fait escale il y a vingt ans au même endroit. « Je savais que les manœuvres allaient être dantesques, mais, heureusement, j’étais avec des gens professionnels et calmes. Tu rentres dans la baie, et tu sais que si tu foires, tu te retrouves sur la plage. »

Éric Bellion avait finalement décidé de repartir. Hors course. « On sèche nos larmes et on construit une nouvelle aventure », avait alors déclaré le skipper.

« Je suis tellement heureux d’avoir fait ce deuxième Vendée Globe et d’avoir vécu ces quatre ans de préparation. »

Éric Bellion, skipper de Stand As One Altavia, à son arrivée aux Sables-d’Olonne
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94 jours seul en mer et sa « rencontre » avec un iceberg

Il retiendra de ces 94 jours seul en mer plusieurs moments comme ce 1er janvier, où il a rencontré un iceberg. « Au matin, je reçois un message de la direction de course. Cela disait : bonne année, il y a deux icebergs devant toi… »

Commence alors l’angoisse. « Nos bateaux font 3,6 mm d’épaisseur de carbone. Si on touche un iceberg, ils cassent et on risque de mourir. On était plusieurs à échanger à ce moment-là. »

Le skipper continue à avancer et finit par voir l’un des deux blocs de glace annoncés, « juste sur la droite, à quelques milles ». « Ça m’a libéré, je me suis dit ok, il est là, maintenant, j’avance. »

Au moment de son abandon en janvier 2025, le skipper yvelinois Éric Bellion comptait bien boucler malgré tout son deuxième tour du monde. C’est chose faite. ©Ewen Carbonier

Une baleine « avait envie de discuter »

Quelques jours plus tard, il vit un autre beau souvenir de course : une rencontre avec une baleine. « Elle était petite, la moitié de mon bateau. Elle semblait intriguée par la quille rose. »

«Elle est restée une heure, comme si elle avait envie de discuter. C’est l’un des plus beaux souvenirs de cette course. »

Éric Bellion, engagé du Vendée Globe

« J’ai appris à faire confiance à mon instinct »

Ce deuxième Vendée Globe (après l’édition 2016-2017) aura énormément appris à Éric Bellion. « En 2016, j’étais célibataire avec une moto et un sac à dos. Aujourd’hui, j’ai une femme, une petite fille, une maison et un chien. C’est une bénédiction, mais en même temps, au début de la course, j’étais dans la tristesse. »

Le skipper a aussi appris à « faire confiance » à son instinct. Comme en 2016-2017 où il avait sorti le film Comme un seul homme, Éric Bellion souhaite partager son aventure et ses émotions. Cette fois-ci, c’est avec le groupe Skip the use qu’il l’a fait. Avec Mat (Bastard), devenu son ami, ils ont écrit des chansons.

« Raconter par la musique les émotions. Car ça passe par le cœur, par les tripes. »

Éric Bellion, au sujet de son projet de mise en musique de son aventure

Un troisième Vendée Globe ?

Participera-t-il à nouveau autour du monde en solitaire dans quatre ans ? Éric Bellion ne cache pas son envie : « J’aimerais bien revenir. Il faut que j’en parle à Marie (sa femme). Là, je reviens avec une frustration, je n’ai pas fini. J’ai un bateau extraordinaire, je peux encore l’affûter et m’affûter aussi ! »



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