Fondée en 2015, l’entreprise Eolink est positionnée sur le marché de l’éolien en mer, plus spécifiquement l’éolien flottant. La PME de 25 salariés, installée à Brest, assemblera sa première structure en fin d’année sur le polder des Énergies marines renouvelables (EMR) pour une mise à l’eau espérée en 2027 au large du Croisic. Ce démonstrateur a demandé un budget de 50 millions d’euros.
Retour sur ce projet appelé “France-Atlantique” en quatre questions.
Pourquoi l’éolien en mer flottant ?
« Nous nous inscrivons dans les enjeux de transition énergétique. Les objectifs pour l’éolien en mer fixés par l’État sont importants, la France vise 18 GW de capacité éolienne en mer mise en service à l’horizon 2035 », rappellent Vincent Perrot et Rydy Vanholme, respectivement directeur financier et responsable d’ingénierie chez Eolink.
L’éolien en mer se développe près des côtes, comme en baie de Saint-Brieuc. « Le flottant est une nouvelle technologie permettant de s’affranchir de la contrainte de la profondeur. On peut davantage s’éloigner des côtes. » Et donc bénéficier d’une production plus importante grâce aux vents encore plus forts et plus réguliers.
À quoi ressemblera la structure assemblée à Brest ?
« La plupart des éoliennes flottantes, jusqu’à maintenant, reposent sur un modèle avec un mât unique. Nous développons une technologie en rupture avec ce que proposent nos concurrents. Nous posons la structure sur quatre mâts et répartissons ainsi les efforts efficacement. Nos flotteurs sont plus légers et économes en acier. » La structure pyramidale, « un design adapté à l’évolution du marché », peut supporter des turbines plus puissantes, plus de 20 MW. La turbine brestoise produira 5 MW. Une fois raccordée au réseau, l’éolienne fournira une production électrique équivalente à la consommation de 6 000 habitants.
Quant à la structure flottante (140 m de hauteur, 52 m sur 52 m à la base), elle pourra aller jusqu’à 15 m sous l’eau. La turbine se situera en haut de la pyramide. L’ensemble pèsera entre 2 000 et 2 500 tonnes.
Quel est le calendrier du projet ?
Les premiers tests en bassin ont démarré en 2016. Le premier prototype a vu le jour deux ans plus tard à l’échelle 1/10e. Le chantier a démarré en 2023, les composants ont été acheminés en 2024. L’assemblage va démarrer en fin d’année 2025. « Il durera une bonne année, 80 personnes seront mobilisées lors du pic d’activité. »
La mise à l’eau est programmée en 2027 sur le site d’essai du Sem-Rev au large du Croisic (Loire-Atlantique) pour au moins huit ans.
Et après ?
« Aujourd’hui, nous fabriquons un prototype, nous cherchons à industrialiser la filière. Ce sera la plus grande éolienne flottante raccordée au réseau. »
Et demain ? « Les structures seront comparables à la Tour Eiffel. »
Brest, au bout du monde, est bien placée d’après les dirigeants d’Eolink, « pour servir l’arc Atlantique, le Royaume-Uni… »
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