Dans les ombrages des espaces naturels du Nord, que vous pouvez visiter, se cache un travail de fourmi. Le Département et l’ONF, Office national des forêts, œuvrent ensemble pour garder l’équilibre de cet écosystème, entre préservation, exploitation et ouverture au public. À l’occasion de la Journée internationale des forêts, vendredi 21 mars 2025, les partenaires ont présenté leur projet départemental sur le site ornithologique des Cinq Tailles situé à Thumeries.
La gestion du patrimoine et la valorisation des ressources, un défi
Préserver les espaces naturels, leur biodiversité, tout en exploitant son bois et en les ouvrant au public : c’est un défi de taille que doit relever le Département du Nord sur ses espaces naturels, avec le concours de l’ONF, Office national des forêts.
Depuis des décennies, les deux structures travaillent ensemble. Fin 2024 a été validé un projet d’aménagement des espaces naturels, qui concerne 14 massifs pour une superficie totale de 825 hectares.
Pour mettre en contexte, le Département et l’ONF sont liés par une convention de partenariat signée pour la période 2021-2031. Les deux acteurs s’engagent « dans la gestion du patrimoine forestier, la valorisation locale de la ressource en bois, la promotion des randonnées et sports de nature ainsi que l’aménagement et la mise en valeur des forêts domaniales tout en favorisant l’éducation à l’environnement », présente le Département.
Pour aller encore plus loin dans cette logique, les équipes ont travaillé pendant deux ans sur une vision plus globale. Elle permet d’avoir un regard plus large sur tous les espaces, et ainsi travailler à un équilibre de manière plus efficiente. Une démarche inédite, nous est-il indiqué, à saluer, dans un département surpeuplé et sous-doté en espaces forestiers.
Favoriser l’exploitation locale
Sur les 2 400 hectares de propriété départementale, environ 900 sont des espaces forestiers, indique Patrick Valois, vice-président du Département du Nord en charge de l’environnement et de la ruralité. « La grande partie de ces surfaces boisées passent en gestion ONF. Nous sommes dans une dynamique de partage de compétences, qui nous permet notamment d’utiliser nos boisements pour les besoins locaux ».
Cela va de la confection de poteaux indicateurs de chemin aux bancs en passant par du bardage agricole. En 2023, 200 m3 de bois scié a été valorisé, ce qui a permis de confectionner 3 000 poteaux. « Cela a des vertus environnementales et économiques », souligne-t-il.
Aude Tessier, directrice de l’agence de Lille de l’Office national des forêts, confie : « Nous sommes particulièrement fiers du partenariat avec le Département. Nous avons une vraie diversité des espaces, sur le territoire. C’est ce qui fait que notre métier est magique. » C’est aussi ce qui entraîne une complexité de gestion. « Jusqu’à maintenant, chaque site était géré indépendamment des autres. Ce document [un gros dossier fruit de deux ans de travail de ses équipes avec les agents départementaux, N.D.L.R.] nous permet d’avoir une vision globale. »
Valoriser la moindre partie de bois
Les spécialistes ont réfléchi à la meilleure exploitation possible, sans abîmer les espaces ou trop contrarier les écosystèmes. Ceci en faisant par exemple des coupes de bois irrégulières.
L’idée est de valoriser la moindre partie de bois, d’être dans une logique de circuit court.
Ce qui n’est pas utilisable pourra être revendu (par l’ONF) à des entreprises de la région ou remis en forêt, dans des espaces dédiés aux bois morts, bons pour les espèces xylophages. « Il y a des taux prévus pour maintenir cette biodiversité », explique un garde départemental des Espaces naturels du Nord. « Tous les enjeux sont croisés : on identifie là où on peut intervenir, on y ajoute les contraintes (d’accès, par exemple pour les engins), et on fait des choix. »
Laisser ouverts les espaces et sensibiliser la jeunesse
Cette exploitation doit être faite tout en laissant accessibles les espaces au public. Comme le site ornithologique des Cinq Tailles, qui accueille environ 70 000 visiteurs par an. « Notre souhait est que tous les publics soient concernés par la possibilité d’aller dans un espace de nature », appuie l’élu départemental. Cela passe par l’ouverture aux promeneurs, mais aussi l’accueil de public en situation de handicap ou d’enfants.
Thierry Depoortere, maire de la commune voisine de La Neuville, souligne l’importance pour les jeunes d’aller en forêt, au contact de la nature. « Chez nous, les enfants y vont une matinée par semaine. Quand ils viennent, ils sont émerveillés. Tous leurs sens sont mis en valeur. On les sensibilise. Ça a plus de portée qu’un livre ou un documentaire. »
Dans l’esprit des enfants, l’homme est un pollueur, un destructeur. Il est important d’expliquer pourquoi on coupe les arbres, par exemple. Quand on leur explique, les enfants comprennent très bien. Ces moments sont essentiels, dans ce contexte climatique, pour qu’ils aient confiance en l’avenir.

Un travail tourné vers l’avenir
« Ces espaces contribuent au bien-être physique et mental. C’est l’air frais, le calme, la lumière. Cette ambiance ressource », complète Aude Tessier, de l’ONF. « Nous avons, dans notre métier, une vision à long terme. On ne travaille pas pour nous, mais pour l’avenir, les générations futures. Ce partenariat avec le Département va dans ce sens, il est tourné vers l’avenir. C’est essentiel dans notre métier, qui implique la résolution de problématiques complexes. »
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