Le président du Département du Nord le dit sans détour : « On a besoin de moyens, et pour cela, on a besoin d’avoir moins d’allocataires du RSA et moins de personnes qui coûtent cher » à la collectivité. Ils sont 88 700 habitants, en mars 2025, à percevoir ce « revenu de solidarité », et l’exécutif entend bien baisser drastiquement ce chiffre. Lundi 17 mars 2025, Christian Poiret a signé une convention avec la CCI (Chambre de commerce et d’industrie) Hauts-de-France, pour faire « matcher » les bénéficiaires du RSA avec les entreprises du territoire à la recherche de nouvelles recrues. Le président estime qu’environ 50% des allocataires « peuvent retrouver un emploi ».
« Il faut que les Nordistes trouvent un travail »
La CCI des Hauts-de-France compte 170 800 entreprises, et presque autant de chances de fournir un emploi aux près de 90 000 bénéficiaires du RSA. « 6% des offres d’emplois restent non pourvues, précise le président de la CCI, Philippe Hourdain. On manque de personnes qui postulent sur ces offres. » Le Département, via ses Maisons Nord Emploi disséminées un peu partout, va mettre en relation les deux parties. « C’est la rencontre entre un besoin social et un besoin économique« , analyse le président.
Christian Poiret, de son côté, décrit ces prestations comme un poids qui pèse trop lourd dans la balance budgétaire du Département.
Je n’ai plus de marge de manœuvre. Il faut que les Nordistes, et les Français, trouvent un travail, pas pour que nous fassions des économies, mais pour réinvestir ces sommes dans la solidarité. Dans l’enfance, les personnes âgées, les personnes handicapées.
Concrètement, les versements du RSA coûtent 620 millions d’euros à la collectivité. S’il y a « des personnes que l’on doit protéger jusqu’à la fin de leurs jours, et on le fait », le président estime que la moitié de ces publics peuvent être remise au travail. « Ne serait-ce que 10 000 allocataires en moins, ça fait plus de 40 M€ d’économies ».
« Notre priorité, c’est de lutter contre la pauvreté dans le département »
Doriane Bécue, la vice-présidente chargée du retour vers l’emploi et la réinsertion, rappelle que « notre priorité, c’est de lutter contre la pauvreté dans le département« . Elle fonde ainsi beaucoup d’espoir sur ce « partenariat stratégique » avec la CCI, dont elle espère que les entreprises joueront à fond la carte des « immersions ».
C’est aussi en invitant les publics à prendre leur place au sein des sociétés que la déconstruction de leur image écornée pourra s’opérer. Car le président le dit : « Sur les 88 700 bénéficiaires, il y a 8000 auto-entrepreneurs. »
Le rendez-vous a aussi été l’occasion de lister les gros employeurs locaux, allant de Keolis dans le domaine des transports (c’est l’opérateur d’Ilévia), à Artemis, boîte spécialisée dans la sécurité privée, ou encore les restaurants de Lille, incarnés par le groupe Meunier. Il convient de préciser que l’éligibilité à certains de ces postes reste conditionnée à certains facteurs, comme la détention d’un permis B depuis au moins 2 ans ou encore un casier judiciaire vierge.
À noter que le Nord est passé de 116 000 foyers bénéficiaires du RSA en 2015 aux près de 90 000 en 2025. Une baisse dont se félicite Christian Poiret, qui n’occulte tout de même pas que le département, comparativement aux autres, est « hors-normes » sur tous les points de vue.
Source link