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elle saute du premier étage pour fuir un violent home-jacking



Les cibles n’étaient pas choisies par hasard. Toujours des résidences de personnalités fortunées détectées sur Internet : des joueurs du PSG, patron de marques d’automobiles de luxe, chef-cuisinier étoilé. Comme le dira l’un des avocats des parties civiles à propos de son client, au tribunal correctionnel de Melun (Seine-et-Marne), « son seul tort est d’avoir été pris en photo aux côtés de Charles Aznavour, de Laurent Gerra ou de Michel Drucker « . Il n’en fallait pas plus pour se retrouver dans le collimateur d’un gang spécialisé dans le home-jacking. Un couple de Barbizon en a fait l’amère expérience.

Tous d’origine africaine, ils étaient téléguidés et agissaient sur ordre de commanditaires actuellement recherchés.  » Pour un petit billet  » dira l’un d’eux. Sur les quatre interpellés la semaine dernière, un seul était majeur, âgé de 19 ans. Il était présenté en comparution immédiate le jeudi 6 mars 2025. Les autres auront droit à une juridiction pour mineurs.

D’une propriété de l’Eure-et-Loir à une résidence de Barbizon 

 » Effacez-moi tout de suite ce sourire, lance au prévenu le président, hors de lui. Vous n’êtes pas là pour rigoler. Ce qui vous est reproché et ce qu’il y a de pire, de plus grave, juste avant le meurtre ! « . L’autre dans son box, n’arrête pas de ricaner pour autant. Il arborera son ricanement tout au long de l’audience jusqu’au prononcé du jugement, moment où il sourira beaucoup moins…

Faisant dérouler les faits particulièrement graves reprochés au prévenu, le magistrat évoque les deux attaques successives perpétrées dans la même nuit du 21 février 2025. La première dans une résidence huppée de l’Eure-et Loir où une femme et son fils de 14 ans ont été séquestrés et molestés durant une heure et demie. 

Mais la nuit de sauvagerie ne s’arrête pas là. Avec pour seul butin, une console de jeu volée à l’adolescent et des cartes bancaires rapidement muettes, le gang repart pour sa nouvelle cible. Cette fois, c’est à Barbizon, un village seine-et-marnais, qu’indique la commande sous forme de SMS retrouvés sur le téléphone du chef de meute. Une autre résidence huppée avec maison de gardiens.

L’occupant, âgé d’une soixantaine d’années, dort au rez-de-chaussée et sa femme à l’étage. Il est 6 h 45 quand l’Audi S3 des malfaiteurs, immatriculée en Suisse, se gare dans la rue. Les quatre hommes escaladent le mur d’enceinte et se ruent dans la maison en pulvérisant une fenêtre. La gardienne entend son mari hurler de terreur :  » Sauve-toi, ils vont nous tuer ! « 

Elle se défenestre pour fuir ses agresseurs

La femme épouvantée se jette par la fenêtre. A peine vêtue et évidemment sans chaussures, elle se blesse gravement aux pieds, ce qui lui vaudra 45 jours d’incapacité totale de travail. L’un des agresseurs la retrouve dans le jardin, étendue, dénudée et la force à rentrer dans la maison. A l’intérieur, une heure et quart d’enfer sous la menace pour tenter de faire comprendre qu’ils n’ont rien à voler. Avant de repartir, les quatre hommes fouillent intégralement la résidence principale de la propriété qui, en cours d’emménagement, n’est pas encore occupée.

Enquête de gendarmerie

Grâce à l’enquête de la gendarmerie, les quatre hommes seront rapidement interpellés le 5 mars dernier et confondus par les caméras de vidéosurveillance, notamment celle du distributeur de billets où ils parviennent à retirer 1 000 €.

Autre preuve, le contenu de leurs téléphones portables où les victimes figurent en photos particulièrement humiliantes, prises à l’intention des commanditaires. Une partie du gang sera d’ailleurs arrêtée par hasard, toujours à bord de l’Audi plaquée CH, lors d’un contrôle routier avec refus d’obtempérer à Bobigny, en Seine-Saint-Denis.

Contre le prévenu au large sourire, qui joue l’amnésie, la procureure réclame huit ans de prison ferme. Proposition validée par les juges qui prononcent le mandat de dépôt à l’audience et assortissent la peine d’un volume total d’amende et de dommages pour les deux familles parties civiles, d’environ 28 000 €.

Jean-François CALTOT



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