« C’est un coup de kalachnikov en pleine tête », « on est écœurés », « un déni de démocratie ». Les élus de la Coordination rurale qui viennent de quitter la session d’installation de la Chambre d’agriculture avant même la fin des votes n’ont pas de mots assez durs pour qualifier ce qui vient de se passer : Bernard Layre, candidat pour l’alliance FRSEA-JA, vient d’être élu président de la Chambre d’agriculture régionale. Pour eux, il n’y a plus de raison de rester. « Ils veulent les pleins pouvoirs, qu’ils les gardent », assène Bertrand Venteau, président CR de la Chambre d’agriculture de Haute-Vienne, qui s’était porté candidat face à l’hégémonique FRSEA-JA. « C’est dommage ; on aurait pu travailler ensemble », déplorent d’une même voix Jean-Philippe Granger, ancien président de la Chambre d’agriculture de Dordogne, et Florent Claudel, représentant de la Fédération régionale des Cuma, fraîchement élu au bureau régional de la Chambre.
Par 39 votes, la FRSEA remporte donc la présidence de la Chambre contre 26 voix en faveur de la CR et 3 abstentions. C’est le chiffre peu élevé de ces dernières que les élus de la Coordination rurale dénoncent. « Les OPA (organisation professionnelles agricoles, ndlr) auraient dû voter blanc et respecter la voix des agriculteurs. On ne s’attendait pas à ce qu’elles votent pour nous mais qu’au moins, elles s’abstiennent », s’offusque Laetitia Plumat-Perrocheau, présidente de la Chambre d’agriculture de Charente, qui rappelle : « Si on regarde les résultats des votes des chambres départementales, on aurait dû gagner. Et là, on se retrouve derrière avec 13 voix de retard. Ce n’est pas normal, ni représentatif des votes des agriculteurs. » « On a été tués par des structures qu’on a créées », tempête le candidat de la CR.
Pour Bertrand Venteau comme pour le reste du syndicat, c’est « une déclaration de guerre de la part des OPA et du système bancaire » qui ne restera pas impunie. « Nous allons en parler entre nous pour nous organsier. Il y a des choses déjà un peu prévues et le printemps et l’été ainsi que les six années à venir vont être extrêmement durs pour les structures qui ont trahi le vote. Il va y avoir des effets, je vous le promets », annonce-t-il.
« Est-ce qu’on a besoin de chaos ? »
Côté FRSEA, on se satisfait que « tous les acteurs de l’agriculture [aient] souhaité qu’il y ait une stabilité », comme le constate Bernard Layre, désormais président de la Chambre d’agriculture régionale Nouvelle-Aquitaine, successeur de Luc Servant.
« Est-ce que l’agriculture a besoin d’une situation de chaos », interroge-t-il en réponse à la déclaration de la CR qui annonçait « un véritable chaos » en cas de défaite à cette élection. « Au contraire, on a besoin de construction, argue-t-il. Et nous avons souhaité qu’ils puissent faire partie du bureau, malheureusement, ils ont quitté la séance. C’est de leur propre chef qu’ils ne sont présents pour construire un vrai projet pour l’agriculture en Nouvelle-Aquitaine. »
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