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douze ans de prison requis contre le commanditaire présumé



La représentante du parquet de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes a requis des peines allant du sursis simple à douze ans de prison ferme dans l’affaire du Moonlight, du nom du bar à chicha de la rue Maréchal-Joffre, à Nantes où avait éclaté une fusillade mortelle en avril 2019.

En fin de matinée, ce vendredi 28 mars 2025, la procureure de la République a précisément requis une peine de douze ans à l’encontre de Mohamed. A, commanditaire présumé de la fusillade, alors qu’elle envisageait même proposer sa condamnation à « treize ou quatorze ans », a-t-elle indiqué.

Neuf ans de prison et un mandat d’arrêt ont été requis à l’encontre d’un autre prévenu, pour sa part en fuite, six ans à l’encontre de deux de leurs proches, dont l’un risque donc de retourner en prison puisqu’un « mandat de dépôt » a été sollicité. Deux ans avec sursis ont également été réclamés à l’encontre de la femme de Mohamed A.

Trois ans, dont un avec sursis, ont par ailleurs été sollicités par le parquet à l’encontre du sixième prévenu, un homme de Bellevue finalement renvoyé pour des faits de stupéfiants qui n’ont plus aucun lien avec la présente affaire.

« L’expression d’une justice privée »

Pour rappel, tous les chefs de mise en examen criminels ont été abandonnés dans cette affaire, jugée depuis ce lundi 24 mars 2025 devant le tribunal correctionnel de Rennes dans sa formation JIRS : les prévenus sont poursuivis pour « association de malfaiteurs » et des infractions à la législation sur les stupéfiants, puisqu’un non-lieu général a été rendu en juin 2024 pour les principaux faits de « meurtre en bande organisée » et de « tentative de meurtre » survenus dans le bar à chicha Le Moonlight en avril 2019.

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Le procès – qui se poursuit jusqu’au 2 avril 2025 – doit désormais déterminer si le commanditaire présumé – qui encourt malgré tout vingt ans de prison – a mis en œuvre des « actes préparatoires » pour s’attaquer au « clan Lahrach », si ses proches y ont été associés ou si tout cela n’est resté qu’au « stade de la réflexion », comme l’avait expliqué la présidente de la JIRS un peu plus tôt dans les débats.

Entre février et avril 2019, les fusillades s’étaient en effet enchaînées à Nantes : le 24 avril 2019, les tirs, jusque-là survenus dans les quartiers, étaient cette fois survenus en plein centre-ville de Nantes, au Moonlight.

La fusillade survenue là-bas constituait bien des « représailles » aux précédents faits, assure aujourd’hui le parquet de Rennes, déplorant « l’expression d’une justice privée ».

Cette nuit-là, un jeune serveur du bar à chicha, Monceff Mjidou, était tombé sous les rafales des armes de guerre le 24 avril 2019, alors qu’il n’était manifestement pas visé.

Une plainte contre la police

Le père du défunt, partie civile à la procédure, avait « communiqué des éléments du dossier à Issam Lahrach », a-t-on appris cette semaine à l’audience. Les enquêteurs l’ont en effet découvert en mettant la main sur le téléphone crypté de l’homme réfugié depuis plusieurs années au Maroc

Reste que depuis le début de ce procès, Mohamed. A crie son innocence, tout comme ses proches : il réfute l’idée d’un « accord concrétisé » en vue de commettre « des crimes ou des délits » à l’encontre de ses rivaux. « Tout ce qui a été monté en épingle ne tient pas la route dans ce dossier », a grincé Me Sami Khankan, l’avocat du principal prévenu.

Pendant près de trois heures, le pénaliste nantais a fustigé les « méthodes de barbouze » utilisées par la police judiciaire de Nantes et la juge d’instruction tout au long de cette enquête. « Vous avez la responsabilité de rendre à Mohamed. A son honneur et sa dignité », a-t-il donc réclamé au tribunal.

« On ira jusqu’au bout de la logique judiciaire », a par ailleurs prévenu Me Sami Khankan à propos des sonorisations sujettes à « des interprétations divergentes », comme l’avait écrit la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes dans ce dossier, mais qui fondent pourtant toute l’accusation.

Une plainte pour « faux » a d’ailleurs été déposée contre les enquêteurs nantais, mais la justice a récemment confirmé le « non-lieu », sans « un commencement d’enquête », a soufflé l’avocat de ce père de famille de 31 ans.

Le procès doit se poursuivre ce lundi avec les plaidoiries des autres avocats de la défense et le délibéré devrait intervenir mercredi 2 avril 2025, en fin de journée.

CB (PressPepper)



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