L’ex-handballeur Olivier Girault, mis en cause pour sa gestion de la principale fédération du sport scolaire, l’UNSS, a été mis à pied lundi 10 février 2025 par la ministre de l’Éducation nationale, Elisabeth Borne.
La ministre « a décidé, en sa qualité de présidente de l’UNSS, de l’ouverture d’une procédure disciplinaire à l’encontre d’Olivier Girault et de sa mise à pied à titre conservatoire », selon un communiqué du ministère transmis à actu.fr.
Mais que se passe-t-il à l’UNSS ? Explications.
C’est quoi l’UNSS ?
Placée sous la tutelle du ministre de l’Education nationale, l’UNSS est la principale fédération du sport scolaire, qui oeuvre dans le second degré (collèges et lycées). Elle fédère les plus de 9.000 associations sportives créées dans chaque établissement du second degré, animées par les professeurs d’éducation physique et sportive (EPS). Quelque 1,2 million d’élèves y sont licenciés.
Nommé par Jean-Michel Blanquer
L’Union nationale du sport scolaire (UNSS), dont le poste de directeur national était dévolu d’ordinaire à des cadres de l’Éducation nationale, était dirigée par Olivier Girault, ex-président de la Ligue nationale de handball de 2018 à 2020. Il avait été nommé en décembre 2021 par Jean-Michel Blanquer, alors ministre de l’Éducation nationale.
Dans une enquête publiée à l’automne, le quotidien L’Équipe avait fait état de « dépenses luxueuses » et « conflits d’intérêts » au sein de l’UNSS.
Le journal avait notamment fait état d’un versement par Bahreïn de 5 millions d’euros à la Fédération internationale du sport scolaire (ISF) pour l’organisation d’un événement sportif mondial d’ampleur rassemblant des ados pratiquant le sport scolaire, la « Gymnasiade », qui s’est tenue fin octobre.
L’intermédiaire ? Une obscure société roumaine, Black Light Solution, cofondée par Olivier Girault quelques jours avant sa prise de fonction à l’UNSS.
Le quotidien sportif avait aussi dévoilé que l’UNSS avait payé 68 000 euros pour le livre d’Olivier Girault, Sport Power, rédigé par une plume et vendu à… une vingtaine d’exemplaires. La maison d’édition, Débats Public, appartenait en réalité au propriétaire de l’agence de communication Tilder, avec qui l’UNSS était sous contrat.
Le ministère de l’Éducation nationale avait par la suite indiqué à l’AFP avoir lancé une enquête administrative sur le directeur national de l’UNSS.
Les syndicats vent debout
Le 17 janvier, le syndicat de professeurs d’éducation physique Snep-FSU avait dénoncé dans un communiqué « l’immobilisme et l’irresponsabilité des ministres » successifs et annoncé « quitter le conseil d’administration de l’UNSS ».
Le syndicat a également dit avoir saisi le juge des référés pour obtenir « que les deux derniers rapports de l’Inspection générale sur le fonctionnement de l’UNSS lui soient communiqués ». Ces derniers mois, les banderoles anti-Olivier Girault s’étaient multipliées, preuve de la défiance des enseignants à l’encontre du désormais ex-DG de l’UNSS.
avec AFP.
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