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devenu père, cet étudiant choisit d’importer et d’écouler des contrefaçons…



Un étudiant et sa compagne, vivant désormais dans le sud de la France, et un copain de Fay-de-Bretagne (Loire-Atlantique) étaient à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Nazaire mardi 25 mars 2025. Sur la quarantaine de victimes de leurs escroqueries, seulement quelques grandes marques ont demandé réparation de leur préjudice. En 2021, alors qu’il est en première année de « prépa », l’étudiant apprend qu’il va être papa. Une naissance peu attendue alors qu’il vit chez ses parents et sa compagne, de quelques mois son aînée, chez les siens.

30 000 € mis en jeu

À la barre, l’étudiant boursier reconnaît tout de suite : « J’avais 21 ans et honte de demander une aide financière à mes parents ».

Alors, « pour que femme et enfant ne manquent de rien », il s’est investi dans la revente de produits contrefaits importés de Chine, en particulier de la maroquinerie, montres Rolex ou autres chaussures Dior… tout était accompagné de fausses factures et bien rodé. Un copain de son âge lui servait de chauffeur.

Lors de l’audience, le président et le procureur se sont étonnés :

« Vous avez tout de même mis en jeu 30 000 € pour importer des produits ! »

Il revendait ensuite les contrefaçons sur différents sites, tels Vinted ou le Boncoin, à des prix bien inférieurs à la valeur des vrais produits.

Il s’est livré à une autre arnaque : celle aux chèques cadeaux falsifiés par le biais « d’un plan sur Snapchat ».

Interpellé dans un Leclerc

Alors qu’il venait d’acquérir deux PS5 par ce moyen au centre Leclerc de Guérande, le 14 août 2023, l’étudiant, conduit par son coprévenu, a réitéré l’opération à celui d’Herbignac… Mais l’employée a tout de suite détecté la fraude.

Dès lors, la gendarmerie de Guérande a placé le fautif en garde à vue puis mené « une enquête approfondie » que le procureur a saluée lors dans son réquisitoire.

Le lendemain, son copain-chauffeur se présentait à la gendarmerie pour avoir des nouvelles de son commanditaire.

À la barre, le coprévenu a reconnu : « On me proposait de l’argent, je n’allais pas refuser… »

« J’étais naïf, c’était une facilité bête »

Il a admis qu’il savait que son ami utilisait des chèques cadeaux frauduleux, il a admis aussi avoir revendu quelques sacs de contrefaçon, « pas plus de cinq ».

Dans son véhicule, les enquêteurs ont trouvé un carnet de pochettes de chèques cadeaux et un sac Vuitton contrefait bien emballé et dans sa sacoche d’autres cartes et 820 € en espèces.

L’épouse de l’étudiant, qui a donné naissance à leur fils en septembre 2021, a reconnu avoir connaissance de l’illégalité en précisant : « On ne se rendait pas compte, de la contrefaçon, il y en a partout ! »

C’est aussi la position de son compagnon, essuyant parfois ses larmes : « J’étais naïf, c’était une facilité bête ». Il a admis revendre « le plus souvent à ses réseaux ».

Travail de sape sur l’industrie du luxe

« Un préjudice considérable »

Le président lui a mis les points sur le i : « Vous vous rendez compte que vous avez escroqué des gens et causé des torts à des marques ? » D’autant qu’il y avait « des produits de plus ou moins bonne qualité ».

Cette revente a permis à la petite famille de prendre un logement, de se meubler…

« Un maillon de sape de l’industrie du luxe »

Le président a plusieurs fois recadré le mis en cause : « C’était réfléchi et vous avez agi sur plusieurs années. Le fait d’avoir un enfant n’explique pas tout ».

Ce qui a fait réagir le Marseillais :

« J’ai pris conscience lorsqu’il s’agissait de gros montants, ça m’a fait peur. »

Exemple : une fausse montre Rolex achetée 1 400 € était revendue dix fois plus cher.

Devant « un préjudice considérable », le procureur est formel : « Le jeune homme connaissait les tenants et les aboutissements de ses actes. Le couple s’est muni de moyens de paiement pour acquérir des marchandises frauduleusement auprès de malfaiteurs. Certaines victimes ont eu des milliers d’euros de préjudice. »

Il a poursuivi : « Des achats de PS5 dans quatre centres Leclerc, un Cora et un Carrefour ont alimenté le pactole ».

Il a également dénoncé « une falsification d’identité », n’oubliant pas de mentionner : « Ces agissements ont été un maillon de sape de l’industrie du luxe, pilier de l’économie ».

« Pas d’ancrage dans la délinquance »

Venue de Lyon assister le couple, Me Sarah Yilmaz a d’abord précisé que le jeune papa avait « reconnu et coopéré dès sa garde à vue ».

Sur les achats en Chine, elle a souligné « qu’il n’avait pas reçu toute la commande ». Quant aux PS5 d’Herbignac, « il s’est présenté visage découvert, avec son téléphone et son véhicule ».

Elle a plaidé la relaxe pour l’escroquerie avec les chèques. Quant aux produits frauduleux, elle a considéré que certains étaient pour eux ou pour faire des cadeaux à leur famille.

Prison avec sursis

Les 30 000 €, elle les a décortiqués : « Sur trois ans et demi, cela représente seulement 700 € par mois pour acheter des biens contrefaits ».

À ses yeux, il s’agit « d’un manque de maturité, pas un ancrage dans la délinquance ».

Le jeune papa, actuellement étudiant en master 2, a affiché sa volonté de réussite professionnelle dans la… légalité.

Il a finalement été condamné à deux ans de prison avec sursis. Sa compagne, relaxée pour l’importation, a écopé de six mois de prison avec sursis et le complice une amende de 1 000 €.

Il devra s’acquitter de plusieurs milliers d’euros : 2 250 € à la SA Dior ; 2 683 € à la SAS Vuitton-Malletier ; 1 500 € à la SCP Hermès.



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