Les habitants défilaient déjà aux premières heures de la matinée ce mercredi 5 février, dans le service urbanisme de la mairie de La Madeleine (Nord). Jusqu’à 12h, s’est tenue une permanence au sujet du nouveau pont qui devrait enjamber la Deûle à l’horizon 2027, et l’opportunité fut saisie par les riverains d’exprimer leur avis. Leurs inquiétudes, aussi. Une agente de la Métropole de Lille, à l’initiative de ce projet chiffré à 20 millions d’euros, était là pour encadrer les discussions, mais aussi recueillir et faire remonter les points de crispation, susceptibles de faire bouger les lignes. Doit-on craindre un « nœud » d’automobiles stationnées au Quai 22 ? Quid de l’éclairage ? La voie de promenade côté La Madeleine sera-t-elle empiétée ? Éléments de réponses, recueillis sur place.
Développement du secteur : « redistribuer les flux entre trois traversées, plutôt que deux »
Tout d’abord, il convient de reposer les bases de cet aménagement titanesque. La fonction première de ce pont est d’ »augmenter la mobilité des piétons, des cyclistes et des transports en commun », avait annoncé la MEL, dans un prospectus distribué aux riverains début janvier 2025. Sur place, l’agente détaille davantage ce point : « Il s’agit de diluer les points de congestion », incarnés à l’heure actuelle par les ponts Sainte-Hélène (au sud) et de l’Abbaye (au nord). Et vu la cadence à laquelle sortent de terre et se remplissent les ensembles immobiliers aux alentours, l’heure tourne.
Le développement du secteur a rendu nécessaire la construction de ce pont, pour redistribuer les flux entre trois traversées, plutôt que deux. Et il n’y pas encore tous les habitants. Notre conviction, c’est qu’il faut faire ce pont, et le plus vite possible.
L’élément déterminant, bien entendu, étant l’apparition sur la berge du Quai 22, mini-ville dans la ville de Saint-André-lez-Lille, qui devrait être entièrement terminé en 2027 également. Un couple de Marquette-lez-Lille, présent ce mercredi matin, s’interroge justement : « Et ces résidents qui vont soudainement avoir un pont devant leurs fenêtres ? » Ils étaient au courant du projet, répond-on du côté de la MEL. Une autre de leur préoccupation est de connaître le devenir de la rue Sadi-Carnot, côté Saint-André, qui longe en fait toute la rive. Il est vrai qu’elle devrait être la seule à absorber le trafic en provenance et en direction de ces trois franchissements du canal.
Évidemment, l’agente n’a pas réponse à toutes les questions, mais ces thématiques générant du tracas sont notées dans le but d’être étudiées. Une réunion publique pour restituer les grandes lignes de ces consultations – tenues en mairie de Saint-André le 29 janvier, en mairie de La Madeleine le 5 février donc, et toujours disponible en ligne jusqu’au 23 février – sera organisée fin mars 2025.
La voie de promenade maintenue, le départ du pont sur un terrain vague à côté de la déchetterie
Ce qu’est en mesure d’affirmer l’agente, c’est que la voie de promenade, ou chemin de halage, côté La Madeleine sera maintenue. Les piétons, cyclistes circuleront donc en dessous du futur pont, comme c’est le cas pour les deux autres existants. Dans la continuité, il est demandé s’il y aura davantage d’éclairage sur ce tronçon. Ce sera l’affaire de VNF et de la municipalité. Sur cette rive, l’extrémité de l’ouvrage sera localisée au niveau du terrain vague qui jouxte la déchetterie (voir photo). Le croisement des rues Georges-Pompidou et Gustave-Scrive devra être totalement réaménagé.
Sur le pont en lui-même, il devrait comprendre trois voies, un trottoir, et une piste cyclable, c’est-à-dire délimitée par une bordure. À terme, deux voies pourraient être exclusivement dédiées au passage des bus de la ligne à haut niveau de service. C’était la volonté des collectivités, mais aussi celle des riverains : de créer une traversée faisant la part belle aux modes de transport doux.
Préoccupation plus basique, mais pas moins importante pour celles et ceux qui le verront chaque jour : à quoi ressemblera l’ouvrage ? Le couple de Marquette espère un rendu bien plus épuré que le point de l’Abbaye, qui ne trouve pas grâce à ses yeux. Là non plus, rien n’est arrêté. Mais sur son élaboration, deux scénarii sont possibles. Le pont sera soit construit sur la terre ferme et relié ensuite – une technique plutôt à la française – soit construit directement depuis l’eau, une façon de faire plus courante chez nos voisins belges. C’est la société qui obtiendra le marché qui fera à sa sauce, concrètement.
Enfin, l’agente de la Métropole fait savoir que le projet ni ses premiers contours ne sont ancrés dans le marbre. Les réponses données aux consultations seront traitées avec sérieux. « Si le bilan demain va dans le sens d’un retour en arrière, il y aura un retour en arrière. Mais la MEL reste sur sa position, il est nécessaire de le faire, et le plus vite possible. » Si le projet est entériné, le début des travaux est fixé à fin 2025, la fin à fin 2027.
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