Devant le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le jeudi 13 mars 2025, les deux prévenus n’ont pas eu la même attitude. Celui de Saint-Joachim, 24 ans, a reconnu avoir acheté une moto volée et donc l’infraction de recel, celui de Donges, 27 ans, n’a répondu que par des : « Je n’ai rien à voir là-dedans ». « Là-dedans », c’est-à-dire le vol de trois motos et d’un scooter commis avec dégradation de la porte d’un garage le 16 juin 2024, rue des Écoles à Saint-André-des-Eaux, commune à la frontière de Saint-Nazaire, La Baule et Guérande.
Une habitante surprise à filmer la scène
Vers une heure du matin, une dame stationne son véhicule sur un parking lorsqu’elle voit trois hommes portant des capuches et des masques. Elle a le réflexe de la vidéo.
L’un fait le guet, les deux autres sortent une moto, reviennent, recommencent. L’un s’apercevant de sa présence lui dit :
« Si tu ouvres la bouche, on s’en prendra à ta voiture. »
D’après le bornage de leurs téléphones, les prévenus « bougent beaucoup la nuit » et ils le reconnaissent.
Toutefois, « c’est un hasard » ou encore « parce que les gendarmes ont mal fait leur enquête », dira le plus jeune, sous contrôle judiciaire, s’ils se retrouvent mêlés à cette affaire.
Lourds casiers
Toujours d’après les bornages, le président précise même qu’il y a eu des repérages la veille. Les treize mentions de ce père de deux enfants ne le servent pas.
Son coprévenu lui en a seize. Tous les deux ont déjà été incarcérés.
La procureure s’appuie sur les tenues vestimentaires « en tout point identiques à celles des prévenus ».
Elle précise que « les chaussures de luxe étaient les mêmes que celles que portait le plus jeune en garde à vue ».
Elle insiste non seulement sur les bornages, mais aussi sur leurs échanges téléphoniques, pour asseoir ses réquisitions, à savoir : quinze mois de prison à délai différé pour chacun et une interdiction de tout contact entre eux.
« Un flou artistique »
Me Élise Joalland-Boisrobert souligne que le plus jeune « ne peut être poursuivi que pour les éléments certains, et pour lesquels il n’a jamais tergiversé ». À savoir : le recel.
Elle précise qu’il a changé :
« En couple, père de deux enfants, il travaille, il y a bon espoir qu’il soit en bonne voie. »
« Tout est basé sur des supputations », plaide le conseil de l’autre prévenu, Olivier Pizon, stagiaire avocat au cabinet Ouerghi-Neifar.
Les tenues vestimentaires ? « Il n’est pas le seul à en porter, cela reste approximatif. » Il demande la relaxe.
Ajoutant que le témoin n’a pas été en mesure de les reconnaître, il déplore « un flou artistique » Il s’étonne que d’autres jeunes cités lors de l’enquête n’aient pas été entendus…
Pour le plaidant, « on essaie de faire peser son casier judiciaire ».
Le tribunal de Saint-Nazaire a suivi les réquisitions du ministère public. Les prévenus peuvent donc s’attendre à retourner en détention dans quelque temps.
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