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Dettes, redressement… Dans la tourmente, la boîte de nuit Le Tremplin conteste sa fermeture devant la Justice



Mardi 25 mars 2025, le préfet d’Ille-et-Vilaine a en effet décidé de prononcer une « fermeture administrative » pour « un mois » du « plus grand complexe » de l’Ouest, Le Tremolin, situé à Montauban-de-Bretagne, alors que plusieurs accidents routiers graves ont été recensés. Lundi 31 mars, le gérant de l’établissement, Michel Ludwig, a introduit une procédure d’extrême urgence – un référé-liberté – devant le tribunal administratif de Rennes pour tenter, coûte que coûte, d’échapper à la sentence… Alors que l’établissement de nuit fait déjà l’objet d’un plan de redressement judiciaire.

Alcool et stupéfiants sur les routes

Pour rappel, « plusieurs faits d’une extrême gravité » selon les mots du préfet d’Ille-et-Vilaine ont été commis par les clients sortant de l’établissement.

Le 13 octobre 2024, à Rennes, un homme conduisant « sans permis », sous « alcool et stupéfiants », avait en effet foncé sur un gendarme pour éviter un contrôle routier.

Quelques jours après, un grave accident était survenu à Saint-Onen-la-Chapelle : un véhicule avait plusieurs tonneaux et un jeune de 18 ans était décédé dans la foulée. Entre décembre 2023 et août 2024, « 55 conducteurs » avaient par ailleurs été contrôlés « positifs à l’alcool ».

Des dettes à rembourser

« On ne sait pas si Le Tremplin va pouvoir se relever financièrement (…) de cette perte sèche », a en effet plaidé Me Lucie Clairay, l’avocate de sa société, qui a déjà fait l’objet de deux précédents en 2006 et 2019.

« Chaque fermeture administrative s’est immédiatement suivie d’un redressement judiciaire« , a en effet plaidé l’avocate devant la juge des référés, ce lundi 31 mars 2025. « On est toujours dans le dernier plan de redressement, il reste quatre années », a-t-elle d’ailleurs indiqué.

À l’époque, la discothèque accusait « 550 000 euros de dettes , il reste actuellement « 225 000 euros » à rembourser alors même que la « baisse du chiffre d’affaires » est « constante » depuis la fin de l’épidémie de Covid, là où les charges fixes de l’établissement s’élèvent à « 70 000 euros par mois » : la société compte « vingt salariés », « tous » en contrat à durée indéterminée (CDI).

Une « atteinte à la liberté fondamentale d’entreprendre »

La décision préfectorale aura par ailleurs des conséquences à court terme : l’établissement ne pourra pas ouvrir ses portes pendant « cinq samedis », en plus de la veille du lundi de Pâques. Et depuis trois mois et le début de la « procédure contradictoire », Michel Ludwig ne peut « pas prévoir de soirées exceptionnelles » qui font pourtant « venir plus de clientèle ».

La société s’estime donc victime d’une « atteinte à la liberté fondamentale d’entreprendre » alors que les « rapports de gendarmerie » ne permettent pas d’établir les « lieux précis » des contrôles routiers qui lui valent cette fermeture administrative.

« On ne sait pas où étaient les gendarmes, les plages horaires indiquées sont assez importantes » et concernent parfois des contrôles réalisés « plus d’une heure » après la fermeture. Il y a donc « une absence de lien avec les conditions d’exploitation de l’établissement », en a déduit l’avocate rennaise.

La discothèque considère par ailleurs avoir mis en place suffisamment de mesures de « prévention », qui sont le « fruit » de « vingt ans de travail » : elle fait « des vidéos » sur les réseaux sociaux, refuse les soirées à thèmes organisées par les « alcooliers » et a recours à « un système de navettes avec entrée gratuite ».

Réponse dans les prochains jours

L’avocate a donc dénoncé, en présence du gérant de la boite de nuit, un « gâchis » et une « injustice ».

Un établissement (le 1988 Live Club, à Rennes, N.D.L.R) qui laisse ses videurs frapper ses clients depuis un certain temps et pour lequel on n’a pas réagi pendant des années (a écopé de la) même durée de fermeture.

Me Lucie Clairay

Mais du point de vue de la préfecture d’Ille-et-Vilaine, il y a au contraire « un intérêt public fondamental » à ne pas suspendre cet arrêté, au nom de « l’ordre public et la santé publique ».

La juge des référés, qui a mis sa décision en délibéré, se prononcera dans les prochains jours.

Claire Besnard – PressPepper





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