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Des sénateurs sur le site de Naval Group à Cherbourg, « Mecque » de la production des sous-marins



Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Sénat, et Rachid Temal, président délégué du groupe et chef de file PS à la commission des Affaires étrangères et de la Défense, sont en visite sur le site de Cherbourg (Manche) de Naval Group ce vendredi 14 février 2025, à l’invitation du sénateur Sébastien Fagnen.

Naval Group est un de nos fleurons. Nous devons soutenir notre industrie de défense.

Rachid Temal, sénateur PS du Val-d’Oise

Sur le budget des Armées

Le ministère des Armées a été préservé, contrairement à d’autres, dans le budget 2025. Le respect de la loi de programmation militaire (LPM) pour la période 2024-2030 est considéré comme un impératif par les parlementaires.

Nous sommes dans un monde où les conflits se développent et où la force devient le mode de régulation. Il est important que l’on puisse avoir une armée qui puisse être capable de nous défendre. Nous sommes la seule armée complète de l’Union européenne, avec tous les segments et la dissuasion nucléaire. Nous ne pouvons pas faire moins que ce que nous faisons.

Rachid Temal, sénateur PS

Après deux décennies de coupes dans le budget de la Défense, qui ont eu des effets durables sur les capacités militaires, les efforts entamés depuis 2019 sont encore loin d’être terminés. Les parlementaires socialistes revendiquent leur rôle dans la trajectoire budgétaire de la LPM.

« C’est notamment vrai au Sénat, assure Rachid Temal. Nous avons fait le choix de bonifier la LPM, et travaillé pour que la trajectoire budgétaire soit sérieuse et crédible. Il faut qu’on modernise, qu’on développe, qu’on soit dans l’anticipation permanente. »

Sur la création d’un pilier européen

La trajectoire budgétaire des Armées reste, pour autant, en dessous de l’ambition des 2 % du PIB, annoncée et partagée par de nombreux chefs d’État.

Il ne faut pas être fétichiste du chiffre, plutôt savoir comment on peut avoir de la prospective. Voir comment on imagine le monde dans 10-15 ans, et avec quels outils. Je pense à l’intelligence artificielle, aux armes autonomes. Je crois beaucoup à ce que la France prenne plus de poids dans la création d’un pilier européen dans l’Otan. Ce serait, à mon avis, la meilleure réponse aux problèmes que nous avons. Les Européens doivent plus, et mieux, contribuer à la défense du continent européen.

Rachid Temal, sénateur PS du Val-d’Oise

Sur un livret « défense souveraineté »

Financer l’industrie française de défense reste un casse-tête. Beaucoup d’entreprises, petites ou intermédiaires, qui travaillent dans ce secteur, ont du mal à accéder aux crédits. Les sénateurs PS portent des propositions, à l’instar de la création d’un livret épargne défense souveraineté.

Selon les sénateurs, ce livret pourrait permettre de lever des fonds tout en permettant aux épargnants et aux banques d’y trouver leur intérêt. « La sécurité est l’affaire de tous », assure Rachid Temal. « C’est dire aux Français qu’ils vont pouvoir mettre de l’argent de côté, mais aussi qu’ils vont participer au financement de dispositifs de sécurité. »

Sur la production d’armes

À Cherbourg-en-Cotentin, Rachid Temal vient visiter la « Mecque » de la production des sous-marins, engin réputé comme le plus complexe au monde à construire.

« En France, nous savons faire de l’orfèvrerie dans nos dispositifs, indique le sénateur. En même temps, je pense que parallèlement à cela, nous soyons capables de produire des modèles d’armes en plus grand nombre, peut-être plus rustiques. Les canons, la poudre, les petites munitions, les drones. »

Sur les ingérences étrangères

L’an dernier, dans le cadre de la commission d’enquête sur les influences étrangères, Sébastien Lecornu, le ministre des Armées, a souligné la vulnérabilité de l’industrie de la défense.

Exposées à un risque de cyberattaques, elles sont aussi visées par des tentatives d’espionnage, de cambriolage, voire de sabotage.

Il n’y a aujourd’hui pas de politique publique d’ensemble, de cohérence. Il faut sortir de la naïveté et être plus volontaristes. Certains nous mènent des guerres informationnelles. Un sous-traitant, qu’est-ce qu’il nous dit ? Il lui faut la technicité, le cahier des charges, les moyens financiers. Il faut l’accompagner, tout en le protégeant mieux.

Rachid Temal, sénateur PS du Val-d’Oise

La commission d’enquête a proposé 47 mesures, tout en considérant que l’affaire ne doit pas seulement être un sujet de spécialistes.

« Il faut mobiliser toute la nation contre la guerre 2.0 à travers une politique publique, conclut le sénateur. Il faut l’assumer en tant que telle. »



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