Il est 14 h 30, ce mardi 28 janvier 2025, quand un fonctionnaire de l’escorte policière, qui conduit les détenus de la prison de Fleury-Mérogis au dépôt du tribunal judiciaire d’Évry-Courcouronnes s’approche de l’estrade où se tient la procureure de la République. Il lui tend une enveloppe. Un détenu a été fouillé, comme il est d’usage, avant de comparaître devant ses juges. Et dans le col de son manteau, les policiers ont découvert quelques grammes de résine de cannabis alors que ce dernier est justement jugé pour détention de stupéfiants pendant son incarcération.
« Cette drogue ne m’appartient pas »
L’homme qui partageait sa cellule a disparu dans la nature après sa libération à l’issue de 4 mois d’emprisonnement. Il n’est pas présent à l’audience. Il avait endossé dans un premier temps la propriété de ces 74 grammes de résine de cannabis, retrouvé dans les sanitaires de leur cellule le 26 novembre dernier, avant de se rétracter une fois libéré.
Devant ses juges, Medhi* ne se démonte pas. Il maintient sa version : « Cette drogue ne m’appartient pas, c’était celle de mon co-détenu qui est un gros consommateur », affirme-t-il même s’il reconnaît lui aussi faire usage de produits stupéfiants en prison.
L’homme de 25 ans a un casier judiciaire chargé. Il a déjà été condamné depuis 2015 à 30 reprises, dont 12 en tant que mineur pour des faits essentiellement liés au trafic de drogue. Son comportement en prison, où il réside depuis trois ans, n’a jamais été exemplaire. Il n’a bénéficié d’aucune réduction de peine car il a l’habitude de multiplier les incidents en détention, comme l’a rappelé la procureure de la République.
Le prévenu relaxé
Arrogant, volontairement insolent, le prévenu a maintenu que cette drogue ne lui appartenait pas. L’absence de son ancien co-détenu, et principal accusateur, a facilité la tâche de son avocat, qui a plaidé sa relaxe faute de preuves évidentes.
« La prévention de détention illicite de stupéfiants retenue à l’encontre de mon client, repose sur l’unique témoignage d’une personne, peu fiable, et qui n’est pas présente à l’audience, » a eu beau jeu de souligner Me Lebon en réclamant sa relaxe dans cette affaire. Il a été entendu par le tribunal qui ne l’a pas condamné.
*Le prénom a été modifié.
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