C’est dans un contexte pour le moins « particulier » que les élus locaux, et en l’occurrence ceux de la commune de Nailloux, s’apprêtent à voter le budget de leurs collectivités. Il faut dire que sans Loi de finances – elle a été promulguée le vendredi 14 février 2025, après de longues semaines d’attente -, difficile pour les mairies et intercommunalités de prévoir au plus juste les dépenses et recettes à venir. « L’idée de ce débat d’orientation budgétaire que nous faisons déjà depuis plusieurs années, c’est d’avoir quelque chose d’un peu ficelé, tout en laissant la porte ouverte à d’éventuelles modifications », éclairait Charlotte Cabaner, première adjointe au maire de Nailloux, au moment de présenter les orientations budgétaires de la Ville, lors du conseil municipal du jeudi 13 février.
« L’État se décharge et c’est aux communes de supporter »
« Cela fait plusieurs semaines que nous attendons cette Loi de finances, rappelait l’élue, revenant sur le contexte dans lequel a été établi le budget 2025. Le projet voté à l’Assemblée nationale et au Sénat il y a quelques jours n’est pas le même que celui présenté au mois d’octobre. Il en reprend cependant les éléments les moins favorables. Nous n’avons pas eu de surprises positives, mais des surprises auxquelles nous nous attendions et que nous avons heureusement su anticiper. » Il n’en reste pas moins qu’au milieu de toutes les crises actuelles (économique, sanitaire, géographique…), « il a fallu trouver des solutions, composer ».
La croissance va se tenir à 1,1 %. Ce n’est pas énorme, ce n’est pas une récession non plus, mais c’est sur cela qu’il va falloir bâtir les choses. Tout en sachant que beaucoup d’efforts nous sont encore demandés, dont l’élaboration d’un budget à l’équilibre et non de manière déficitaire, alors que de nombreuses mesures sont suspendues…
« À l’échelle locale, nous allons être concernés par une perte de 20 555 € due à la réduction de la FCTVA, une augmentation des taux de cotisation côté ressources humaines à hauteur de 35 000 €, la revalorisation du SMIC, une perte des indemnités journalières, une réduction du Fonds vert…, énumérait-elle. Bilan : 62 633 €, c’est 1,5 % du budget de la Ville. L’État se décharge et c’est aux communes de supporter tout cela. »
Un budget qui se base sur le pire scénario possible
Raison de plus, pour la municipalité naillousaine, de jouer la carte de la prudence. « Je vous rappelle que les finances publiques ne sont pas l’argent des élus, mais des habitants. Nous avons donc construit le budget avec ces premiers éléments et on va continuer de le construire en se basant sur une situation la plus défavorable possible », faisait savoir la première adjointe au maire. Tout en soulignant que la situation financière de la commune était « saine ». « Il y a des capacités financières pour ceux qui viennent après. On n’est plus à l’ère de la Cour des comptes de 2010 », appuyait-elle plus tard.
Objectif pour 2025 : « maintenir les dépenses de fonctionnement à leur niveau de réalisation N-1 », soit au même niveau qu’en 2024. « On ne dépense pas de manière injustifiée », insistait-elle avant de présenter les chiffres. « Nous sommes devant des courbes qui progressent sur une certaine linéarité, ce qui nous permet de continuer à fonctionner et à investir. Une commune qui n’investit pas, c’est une commune qui périclite. »
10 millions d’euros d’investissement sur le mandat
Quid alors, du budget pour l’année 2025 ? « La stratégie, c’est de se dire qu’on va revoir la programmation et l’ampleur de certains projets tout en continuant à les maintenir. Sur le mandat, nous sommes à 10 millions d’euros d’investissements. Ce n’est pas rien pour une commune comme la nôtre, cela va nécessiter des arbitrages. Mais arbitrage ne veut pas dire coupe. Il va simplement falloir faire en fonction des besoins, des services… »
Maintenir le soutien aux associations, garantir un service public de qualité – avec notamment la réorganisation des locaux de la mairie -, s’adapter aux évolutions climatiques tout en adoptant une certaine sobriété énergétique… Voilà les quelques lignes directives du budget de la collectivité. « Et ce, tout en maintenant les taux d’imposition pour la partie communale. »
« Absorber le pire des scénarios »
Pour les mois à venir, les élus tablent sur un budget prévisionnel « moins important que celui de l’année d’avant ». « C’est assez rare, mais cela fait partie des contraintes que nous nous sommes fixées, en se disant que c’est un budget réalisable », justifiait Charlotte Cabaner. Côté fonctionnement, ce sont ainsi respectivement 4,2 et 4,4 millions d’euros qui ont été inscrits à la ligne des dépenses et des recettes (contre 4,6 millions d’euros pour les dépenses en 2024).
En termes d’investissements, la municipalité dit conserver un niveau stable par rapport aux années précédentes et présente une enveloppe financière de 1,5 million d’euros. Parmi les projets à prioriser : la fin des travaux d’aménagement de la rue de la République (1,05 million d’euros) et l’optimisation de l’enveloppe thermique et des conditions d’accueil à la mairie (260 000 €). Avec une réserve de 200 000 € maximum pour les besoins des services et interventions stratégiques.
« Contrairement à ce que certains pourraient penser, l’idée n’est pas du tout de se décider à faire, en fin de mandat. Nous avons simplement commencé des choses que nous voulons continuer », insistait l’élue. Avant de conclure : « Ce budget a été réalisé dans une perspective de devoir absorber le pire des scénarios. »
Source link