Home Faits Divers Des habitantes de la Presqu’île de Guérande victimes de l’ancien chirurgien Joël...

Des habitantes de la Presqu’île de Guérande victimes de l’ancien chirurgien Joël Le Scouarnec

29
0



Joël Le Scouarnec va devoir s’expliquer sur son viol d’une habitante de Brière (Loire-Atlantique) quand il l’avait opérée de l’appendicite en 1999 au bloc opératoire de la clinique du Sacré-Cœur de Vannes. L’ancien chirurgien, qui est jugé depuis lundi 24 février 2025 à Vannes pour des centaines de viols et agressions sexuelles similaires par la cour criminelle départementale du Morbihan, croyait pourtant que la victime « ne saurait jamais » qu’il lui avait « écarté les lèvres de son sexe » pendant son sommeil et qu’il lui avait « enfoncé » son doigt à l’intérieur.

La gravité du geste reconnue

« Manifestement, la gamine n’est plus vierge », avait commenté le médecin dans son « journal intime » de l’époque. « Je lui ferais bien l’amour, d’autant que ses seins sont peu développés, comme ceux d’une petite fille », avait-il dit à propos de cette adolescente de 17 ans qui vivait alors dans le Morbihan.

Mais la découverte de ses écrits avait bel et bien permis à cette femme âgée aujourd’hui de 44 ans de savoir de ce qu’elle avait enduré, contrairement à ce que pensait initialement l’ancien chirurgien.

« Souffrance psychique »

Interrogé par les gendarmes, Joël Le Scouarnec avait dit pour sa part « ne plus se souvenir » de son viol. Au regard de ses écrits, il était toutefois « possible » qu’il ait « profité d’un moment d’inattention » de l’infirmière au bloc opératoire pour « effectuer une pénétration vaginale » sur l’adolescente endormie.

« S’agissant de […] la virginité de la patiente, il affirmait qu’il ne pouvait s’agir que d’un fantasme et qu’il n’avait pas pu analyser l’état de son hymen tel qu’il l’avait décrit, son geste étant furtif », a résumé la juge d’instruction dans son ordonnance de mise en accusation pour viol. « Il reconnaissait la gravité de son geste, qu’il qualifiait d’effroyable. »

« Ne pas pouvoir se sentir victime » de l’accusé

Aujourd’hui la victime est en proie à une « souffrance psychique » depuis qu’elle a été entendue par les gendarmes, avec une « ambivalence » qui la fait « souffrir ».

« Elle est partagée entre sa volonté de ne pas vouloir se rappeler […] et des ruminations anxieuses à se demander pourquoi elle ne s’en rappelle pas alors que d’autres souvenirs de son hospitalisation sont bien présents. »

La psychologue.

La jeune femme dit « ne pas pouvoir se sentir victime » de l’accusé, au risque de « décompenser psychiquement par la suite ».

« Devenue méfiante envers le corps médical »

En attendant, dans l’immédiat, cette quadragénaire est « devenue méfiante vis-à-vis des hommes en général et plus précisément envers le corps médical ».

Elle était aussi déterminée à se montrer « plus vigilante à l’avenir dans ses choix d’interlocuteurs professionnels et privilégiera désormais des interlocutrices femmes », selon la même psychologue. Celle-ci n’avait toutefois pas jugé « opportun » de lancer un suivi psychologique tant que sa patiente restait « dans le déni » de sa « réalité psychique ».

Une autre habitante de la Presqu’île guérandaise sera assise à ses côtés à Vannes sur les bancs des parties civiles. Elle aussi habitait le Morbihan quand elle a été opérée en 2004 par Joël Le Scouarnec à l’hôpital de Lorient d’une hernie sur le côté droit.

Aucun souvenir « d’un geste déplacé »

Après avoir « caressé à trois reprises » le sexe de cette « petite blondinette de 5 ans et demi » puis avoir mis son doigt « dans sa choupinette », il s’était « contenté, tout en bavardant avec elle, de caresser la peau tendre et douce de l’intérieur de ses cuisses et de son sexe de fillette impubère », avait-il écrit dans son journal intime.

« J’aurais passé des heures à la caresser ainsi, puis à la lécher partout, surtout entre les cuisses et les fesses. »

Joël Le Scouarnec

Si la jeune femme âgée aujourd’hui de 27 ans ne se souvient d’aucun « geste déplacé », elle a toutefois confié aux gendarmes avoir eu « des problèmes d’énurésie à la suite de cette hospitalisation » et d’avoir été « obligée de porter des couches la nuit jusqu’à l’adolescence ». Elle a aussi eu « des problèmes d’ordre sexuel », « en particulier avec les hommes ».

« Au moins un attouchement »

Pour sa défense, Joël Le Scouarnec a admis au cours de la procédure qu’il y avait « au moins un attouchement » qui n’avait pas de « caractère médical » et fait valoir qu’il n’avait « aucun souvenir » d’avoir commis des « faits à caractère sexuel » quand il travaillait à Lorient. En revanche il conteste « fermement toute pénétration digitale » : l’enfant aurait nécessairement « hurlé de douleur » selon lui.

Agence PressPepper



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here