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Des attaques de loup ont-elles eu lieu dans le Gard ? 11 chèvres ont été attaquées



Un loup rôde-t-il dans les zones rurales du Gard ? Des agriculteurs et des éleveurs locaux en sont convaincus. Ces derniers jours, plusieurs attaques d’animaux ont été signalées dans le Gard. À chaque fois, le loup est désigné comme agresseur potentiel. Sans certitude. Sollicitée par Actu.fr, la compagnie de gendarmerie de Vauvert (Gard) revient sur l’attaque qui a décimé de nombreuses chèvres près d’Aigues-Vives (Gard).


10 bêtes tuées sur le coup

« Les faits se sont produits dans la journée du vendredi 7 mars. L’éleveur a découvert 11 de ses bêtes attaquées au cou de façon similaire », entame le militaire.

L’attaque s’est produite en plein jour. « Sur place, l’éleveur a constaté que ces bêtes étaient quasiment toutes mortes, sauf une retrouvée à l’écart, agonisante », précise-t-on du côté de la Gendarmerie du Gard.

Cette dernière a finalement dû être abattue, portant à 11 le nombre total de chèvres victimes.

Un veau aussi attaqué

Quelques heures plus tard, un jeune veau a été trouvé, déchiqueté, près de Saint-Dionisy (Gard). Le propriétaire a fait la macabre découverte vendredi 7 mars, en plein jour.

Contacté par Actu.fr, mercredi 12 mars, Sébastien Ferra, directeur de la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) du Gard confirme une « hausse significative des signalements d’attaques possiblement attribuées aux loups depuis janvier 2025 » et revient sur celles de Saint-Dionisy et Aigues-Vives.

« Deux éleveurs nous ont signalés, vendredi 7 mars, des attaques sur leurs cheptels respectifs. L’une a eu lieu près de Saint-Dionisy. Un jeune veau est décédé. L’autre s’est produite à Aigues-Vives. Là, des chèvres ont été décimées, en plein jour. 11 sont mortes », confirme le quadragénaire.

Sur chaque fait signalé, nos équipes se rendent sur place systématiquement dans un délai légal maximal de 72h après le signalement de l’éleveur. Après, une enquête minutieuse est déclenchée.

Sébastien Ferra
Directeur de la DDTM du Gard

À l’évocation de la possible présence du loup dans ces deux situations, le responsable se montre prudent et préfère botter en touche. « Ces faits se sont produits le même jour. Nos techniciens se sont rendus sur place dans les 24h qui ont suivi à chaque fois », tempère le spécialiste.

Trois schémas

Sébastien Ferra rappelle que « partout en France, pour chaque attaque supposée, la méthodologie reste la même. Les techniciens font les constatations sur place et suivent ensuite trois schémas préétablis ».

Ce n’est pas parce qu’il y a une attaque sur 1, 3 ou 10 chèvres que c’est forcément le loup. ll faut arrêter de penser comme ça. On fait les prélèvements, on analyse, on étudie, on mène l’enquête et à l’issue, on écarte l’idée du loup ou on confirme sa possible présence.

Sébastien Ferra
Directeur de la DDTM du Gard

La responsabilité du loup est parfois rapidement écartée après de premières analyses. La conséquence est brutale pour l’éleveur concerné. « Si l’animal n’y est pour rien, l’agriculteur à l’origine du signalement ne bénéficie d’aucune indemnisation », cingle le dirigeant gardois.

Dans le cas contraire, le propriétaire peut obtenir une contrepartie financière sur la perte réelle des animaux. « Dans ce cas précis, des barèmes existent. Si 20 chèvres sont tuées sur un troupeau de 50, on indemnise sur les 10 décédées et on y ajoute un coefficient très précis, pour le reste du troupeau », détaille le trentenaire.

Des loups partout, vraiment ?

Si la présence d’un canidé n’est pas établie mais qu’elle ne peut être écartée, le bénéfice du doute ne profite pas à l’éleveur. Ce dernier n’obtient que très rarement une compensation financière.

Comprenant la colère des éleveurs, Sébastien Ferra reconnaît que « le début de l’année 2025 est marqué par une hausse des signalements d’attaque. 16 dossiers sont déjà ouverts, c’est beaucoup en 10 semaines. La présence du loup est confirmée pour l’un d’eux, 9 autres sont en instruction, détaille le directeur départemental.

Une chose est sûre. Quel que soit le lieu de l’attaque, les éleveurs gardois par les dossiers ouverts doivent se montrer patients.

« Il n’y a aucun timing imposé. Chaque dossier est différent. Toutes les expertises menées prennent du temps. La diffusion des résultats prend parfois beaucoup de temps », conclut Sébastien Ferra.

Plus d’éléments sur la présence du loup dans le Gard à retrouver ici.



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