Quatre des seize délibérations qui étaient à l’ordre du jour du conseil municipal d’Andrésy (Yvelines), mercredi 12 février 2025, ont été supprimées par le maire (SE) Lionel Wastl en début de séance. Pourquoi ?
« Faille juridique »
« Pour des raisons légales », répond l’opposition. Pour ne pas « prendre le moindre risque face à la stratégie de l’opposition qui souhaitait exploiter une faille juridique pour provoquer la dissolution du conseil municipal et entraîner une nouvelle élection », estime plutôt le maire (Se) Lionel Wastl.
Les délibérations en question concernaient la modification du nombre d’adjoints, l’élection d’un adjoint sans élections complémentaires préalables et la modification des indemnités des élus, entre autres.
« Compte tenu du cadre de la Loi, dans l’année qui précède les élections municipales générales, j’ai interrogé le préfet et ses services sur l’obligation ou non de respecter le cadre de la loi sur la parité des adjoints en constatant que sur les sept adjoints actuels, il y a quatre femmes et trois hommes et que c’est la démission d’un homme qui a fait réduire le nombre de 8 à 7 en avril 2024 », confie Denis Faist, conseiller municipal du groupe minoritaire Notre parti c’est Andrésy (NPCA).
« Globalement, les services du préfet nous ont répondu que notre interprétation du code était valable », précise l’ancien premier adjoint (Se) du maire sortant Hugues Ribault, tête de liste lors des municipales de mars 2020. « De même qu’une démission des trois groupes d’opposition, représentant un tiers des élus, entraînerait la dissolution du conseil municipal. »
« Manœuvres politiciennes »
« Des manœuvres politiciennes qui entravent la bonne marche de la ville », estime le maire d’Andrésy, à la tête d’une majorité fragilisée par les nombreux départs qu’elle a successivement essuyés. « Une élection municipale partielle, c’est un coût de 15 000 € pour les contribuables et, sur le plan administratif, la mobilisation de nos agents municipaux pour organiser un scrutin supplémentaire », pointe du doigt Lionel Wastl. « L’opposition met aussi en péril le vote du budget, pourtant crucial pour l’avenir d’Andrésy », insiste-t-il.
« Nous savons qu’une nouvelle élection coûte de l’argent et que la Ville n’a pas besoin de ça. Nous avons évoqué cette possibilité, certes, mais les oppositions, qui travaillent désormais main dans la main, ont considéré que ce n’était pas le moment », répond, pour sa part, Michel Près, ancien adjoint au maire ayant rejoint le groupe d’opposition Andrésy Union Citoyenne (Auc).
Indemnités des élus
C’est justement en considérant les difficultés financières de la commune que les trois groupes d’opposition ont demandé et obtenu le retrait de la délibération concernant les indemnités. « Cela aurait permis au maire de s’augmenter de 6,32 % (soit 3 115 € brut de plus sur un an) et d’augmenter les adjoints de 3,36 % (soit 1 657 € brut de plus par an) », écrit Denis Faist sur les réseaux sociaux. « Le total brut annuel des indemnités serait alors passé de 112 000 € à 125 700 € soit un supplément annuel avant charges patronales de 13 574 € », ajoute-t-il.
Pour le maire Lionel Wastl, Andrésy « a besoin de ses neuf adjoints : il a toujours été d’usage que cette gouvernance soit respectée. Tous les mandats précédents, y compris ceux dirigés par M. Ribault, ont fonctionné avec neuf adjoints, dont M. Faist lui-même pendant 19 ans (et dont les indemnités étaient supérieures aux autres adjoints). Ces adjoints ne sont pas un luxe, mais une nécessité. »
Enfin, concernant l’élection d’un adjoint, « nous avions prévu de proposer la nomination de Serge Goupil en tant qu’adjoint au maire afin de renforcer notre action, notamment sur les projets de santé », conclut l’édile.
Sylvie Goldfain remplace Laurence Alavi
Pour remplacer Laurence Alavi, ancienne 1re adjointe déléguée aux solidarités, à la famille, à la santé et budget, devenue la figure de proue du groupe d’opposition Andrésy Union Citoyenne (AUC), démissionnaire fin janvier, Sylvie Goldfain, 24e sur la liste majoritaire Andrésy énergie renouvelée, a été installée en tant que nouvelle conseillère municipale.
La présidente de l’association Les Colibris d’Andrésy a rappelé ses actions pour la ville, telles la mise en place de composteurs collectifs, y compris pour des restaurants, le lancement de repair café, la création d’une vélo-école ou encore la sensibilisation au compostage dans les écoles et dans certaines maisons de retraite.
Pour éviter un éventuel procès d’intention, Sylvie Goldfain a annoncé qu’elle comptait « devenir moins active » dans son collectif, « en (se) retirant, mais proprement pour permettre à l’association de perdurer ». L’élue souhaite, par ailleurs, « s’atteler au développement des mobilités douces et de l’économie circulaire pour faire d’Andrésy un modèle de ville durable ».
Démenti et menaces de poursuites
Après la parution d’une publication anonyme sur le groupe Facebook « Andrésy – Notre Ville ! », Lionel Wastl, le maire (Se) d’Andrésy, a publié une « mise au point » pour mettre les pendules à l’heure face à ce qu’il considère comme « une fake news ».
« Non, mes indemnités n’augmentent pas. Pour rappel, elles ont été baissées deux fois en 2021 et 2023. Mon indemnité de maire d’une ville de 13 000 habitants est de 1 300 € par mois », écrit l’édile. « Non, il n’y a pas de budget de 13 000 € pour le rucher municipal. Le conseil municipal ayant été filmé, il n’est pas difficile de vérifier », ajoute Lionel Wastl.
« Oui, nous supprimons les sorties Voile car nous ne pouvons plus financer 25 000 € (dont 15 000 € pour les bus) pour 193 élèves. Mais ces sorties ont été remplacées par des séances sportives » Bouge ta classe « , gérées en interne par nos BPJEPS (éducateurs sportifs et animateurs, Ndlr), qui, elles, concerneront 606 élèves », souligne enfin le maire. « J’ai menacé l’auteur anonyme et le modérateur du groupe Facebook, qui n’est autre qu’un conseiller municipal d’opposition, de poursuites judiciaires. La publication a été enlevée après quelques heures, mais : calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ! », conclut l’élu.
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