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découvrez Camille Claudel dans toute sa splendeur au musée La Piscine



Longtemps resté dans l’ombre de Rodin, le public découvre de plus en plus les talents de la sculptrice Camille Claudel. Grâce au musée La Piscine à Roubaix (Nord) jusqu’au 30 mars 2025, plongez dans l’univers intense, puissant et méconnu d’une artiste hors norme. Petites touches par petites touches, acquisitions, prêts ou dépôts, le musée La Piscine dévoile les œuvres de Camille Claudel, longtemps dans l’ombre de Rodin, mais qui se révèle progressivement comme la plus grande sculptrice de la fin XIXe siècle-début XXe siècle.

La Petite Châtelaine

Déjà le musée, avec ses neuf œuvres permanentes, exprimait son positionnement en lui donnant une place. Le dépôt inattendu et très provisoire de six pièces du musée Camille Claudel de Nogent-sur-Seine, fermé pour travaux, révèle un pan complémentaire de l’œuvre de l’artiste.

On connaît l’histoire de « La Petite Châtelaine », réalisée alors que l’artiste se remettait d’un avortement traumatisant. Elle prit pour modèle la petite fille de son propriétaire. En 1996, le musée La Piscine a acquis une pièce en marbre avec l’aide d’une souscription publique. Il n’hésite pas à la mettre en valeur. Comme lors « du Printemps des impressionnistes » avec un face-à-face inédit avec « La Petite Danseuse de 14 ans » d’Edgar Degas prêtée par le musée d’Orsay.

L’œuvre roubaisienne est entourée ici d’une esquisse en plâtre (peut-être la plus émouvante des trois) et d’une version ultime en bronze. Leur juxtaposition montre l’intensité du travail de l’artiste et le labeur nécessaire pour obtenir les sculptures de plus en plus élaborées. Elle témoigne de sa dextérité à sculpter les cheveux, comme on l’a rarement vue déjà.

Pas assez mise en valeur.

Les œuvres de Camille Claudel sont là, au milieu de celles présentées dans ce musée qu’on visite d’autant plus volontiers sans exposition temporaire qui attire habituellement tous les regards : « Les Causeuses » sont présentées dans la salle des « anecdotismes ». La « Petite Châtelaine » est à sa place habituelle dans la salle 18 « Child Hood ». Les autres pièces, notamment « La femme accroupie », peut-être l’œuvre la plus spectaculaire montrée, sont dans la salle 17, celle de « La modernité à la française ».

Cette exposition dans les collections permanentes, manifestement impromptue, n’a pu être mise en valeur comme elle le devrait : absence de catalogue ou notice explicative, les œuvres disséminées dans le parcours permanent. Sans salle dédiée. Beaucoup de visiteurs dont le regard est attiré par les cimaises et les belles œuvres des Beaux-Arts qui s’y déploient passent parfois à côté sans y regarder de plus près.

Une exposition ?

De ce fait, on se prend à rêver. La Piscine est un musée qui, avec ses hautes salles, est incontestablement devenu un lieu rêvé pour la sculpture. Après l’exposition Dodeigne, qui vient de fermer, et l’exposition Rodin/Bourdelle « Corps à corps » qui démarre le 1ᵉʳ mars, pourrait revenir le temps de Camille Claudel. Pour la force de son œuvre et pour atténuer cette anomalie d’un art dans lequel les femmes sont présentes comme modèles abondamment, muses souvent, compagnes parfois, mais rarement reconnues comme artistes elles-mêmes.

Dix ans après la rétrospective pour le 150ᵉ anniversaire de sa naissance, Camille Claudel ne mérite-t-elle pas d’être accueillie à nouveau en majesté au musée de la Piscine ?

Jean-Michel Stievenard

« Le musée Camille Claudel à la Piscine » : exposition jusqu’au 30 mars, 23 rue de l’Espérance à Roubaix, 03 20 69 23 60, mardi à jeudi de 11 h à 18 h ; vendredi 11 h à 20 h (nocturne gratuite de 18 h à 20 h). Samedi et dimanche 13 h à 18 h.



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