Depuis 20 ans, Christophe Rouillon, maire de Coulaines (Sarthe), est un habitué des couloirs de Bruxelles, notamment du comité européen des régions où il est le président du groupe PES (parti socialiste européen).
Il va poursuivre sa mission en tant que représentant de la France au sein de cette institution européenne et va occuper dès février 2025 la fonction de vice-président à la commission des affaires économiques et monétaires (ECON).
Depuis 20 ans dans les rouages de l’Europe
Avant l’installation de la session plénière, ce mercredi 19 février 2025, les poignées de main et les bises se succèdent entre Christophe Rouillon et ses homologues européens avant que de rapides discussions ne s’engagent.
Juste après avoir échangé quelques mots avec Chrysostomos Doukas, maire d’Athènes, il interpelle un de ses homologues. « C’est mon collègue de Lettonie, il a les mêmes positions que moi concernant la Russie et Poutine », éclaire Christophe Rouillon.
C’est important, cela permet d’échanger autour des pratiques que l’on peut avoir d’un pays à l’autre
« It is important to speak english », sourit l’édile exagérant un accent français. Echanges avec ses homologues européens oblige, l’anglais est très usité mais il manie aussi l’allemand et l’italien.
Après 20 ans d’expérience, l’édile connaît bien les rouages de l’Union européenne.
Des tractations dans les coulisses
C’est dans les coulisses que se préparent aussi les stratégies pour avoir une influence. Un éminent membre du Parlement européen fait part au maire de Coulaines de la nécessité pour le comité européen des régions de s’affirmer afin de peser pour le maintien de la politique de cohésion. En bref, faire en sorte qu’elle reste dans les mains des régions et non centralisée par la Commission Européenne.
« Elle va disparaître telle qu’on la connaît. Il faut montrer les dents et dire lors de la session plénière de lundi que l’on mettra tous les moyens à disposition », suggère ce même interlocuteur.
L’importance de « l’ancrage local de l’Europe »
De fait, Christophe Rouillon soulève l’importance de l’échelle régionale au sein de l’Europe. Il cite notamment le Feder (fonds européen de développement régional) qui permet de financer des projets locaux comme la piscine de Coulaines.
Une conception de l’Europe que le maire de Coulaines admirait chez François Mitterrand et Jacques Delors, figures pour lesquelles il a fait réaliser un buste pour le premier dans sa commune et un buste pour le second à Bruxelles, dans le bâtiment du comité.
Pour l’anecdote, le socialiste avait même tenté de convaincre Jacques Delors de se présenter à la présidentielle de 1995. En vain.
J’ai toujours été fasciné par Mitterrand qui a fait progresser l’Europe des territoires : il avait l’idée de cet ancrage local de l’Europe
« J’ai depuis gardé une profonde admiration pour la social-démocratie : il avait une vision de long terme et était aussi capable de marcher pas à pas.»
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