Les saisies régulières annoncées dans les médias, y compris sur Actu Occitanie, pourraient donner l’impression d’une augmentation du trafic de drogue. Mais ce n’est pas qu’une impression. Chiffres à l’appui, la préfecture du Tarn revient sur l’année 2024 et annonce ses actions à venir. Elles viseront « l’offre et la demande », les dealers comme les consommateurs donc.
En 2024 le nombre d’infractions à la législation sur les stupéfiants reste stable (+ 1,2 %) avec 1 579 faits constatés. Mais, le nombre de mis en cause dans des affaires de trafics de stupéfiants augmente fortement (+ 24,6 %). Ce qui traduit « l’effort soutenu porté par les forces de sécurité intérieure pour lutter contre ce fléau », dixit la préfecture.
« Le nombre d’infractions est stable mais le nombre de mis en cause augmente. Cela signifie que des réseaux tombent », abonde la procureure de la République d’Albi, Stéphanie Bazart.
Des dizaines de kilos saisies
Les saisies effectuées témoignent de l’activité des forces de l’ordre en la matière. Côté gendarmerie, dans les communes plutôt rurales donc, 10 kilos de résine de cannabis, 3 kilos d’herbe, des dizaines de pieds et 200 grammes de cocaïne ont par exemple été récupérés, détaille le colonel Jean-Michel Doose, commandant le groupement de gendarmerie départementale. Côté police, on a compté 40 kilos de résine, 12 kilos d’herbe, 1,3 kilo de cocaïne, poursuit Olivier Krysztofiak, commissaire de Castres et directeur départemental adjoint de la police nationale.
Et cette lutte se joue aussi du côté des consommateurs. Ainsi, le recours aux amendes forfaitaires délictuelles (AFD) en matière de stupéfiants pour les clients du trafic a augmenté de nouveau en 2024 (+ 10 %) avec un total de 867 AFD. Une augmentation continue depuis la mise en place de ce système (il y en avait 502 en 2021).
Agir sur l’offre et la demande
« On doit agir sur l’offre et la demande », insiste le préfet Laurent Buchaillat. Car « le consommateur est un élément du trafic. Il participe à une chaîne morbide ».
Alors bien sûr, en 2025, « un niveau de pression maximal » devra aussi être mis sur les flux liés au trafic et sur les points de deal « qui représentent par ailleurs des nuisances importantes pour les riverains ». « Cela pourrit la vie des habitants », estime même Laurent Buchaillat, en citant aussi d’autres conséquences, comme les accidents de la route, une autre facette de cette délinquance.
« De la présence, de la présence, de la présence »
Et pour lutter donc, pas de secret pour les autorités, ce sera « de la présence, de la présence, de la présence ». « Face à des délinquants qui s’adaptent, un trafic qui évolue, il faut être réactif et créatif », poursuit le préfet.
Opérations place nette, harcèlement des points de deal et enquêtes au long cours, le remède commence à être bien huilé. Le but étant de rendre le trafic « plus risqué économiquement » pour ses participants. Bref, leur mener la vie dure. Et donc de viser aussi les consommateurs en asséchant « la demande qui alimente le trafic, par l’intensification du recours aux AFD, par la diversification des opérations de contrôles, par la poursuite des actions de prévention dans les établissements scolaires.
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