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Dans le Nord, les militants du PS sont plutôt enclins à la non-censure du gouvernement



« Construire » et « avancer pour le pays »: A Annœullin dans le Nord, militants et sympathisants socialistes se disent majoritairement favorables à ne pas censurer le prochain budget du gouvernement, alors que les députés sont partagés sur la stratégie à opposer au gouvernement Bayrou. A quelques jours d’une possible motion de censure, si le Premier ministre décide lundi de faire usage du 49.3 pour faire adopter le budget sans vote à l’Assemblée, le choix du Premier secrétaire Olivier Faure d’aller négocier avec le gouvernement n’a pas ému la bonne trentaine de militants et sympathisants réunis vendredi soir dans cette section socialiste de l’ancien bassin minier, ex-bastion du socialisme ouvrier où le RN réalise de très hauts scores.

Censure du gouvernement : les militants PS s’expriment dans le Nord

« Le PS est à nouveau dans le game (le jeu, NDLR) », s’est réjoui le secrétaire de section Sébastien Leroy, partisan de la motion de l’opposant à Olivier Faure Nicolas Mayer-Rossignol lors du dernier Congrès du PS.

Et, quelques heures après que les parlementaires socialistes ont voté contre le budget 2025 issu des travaux de la commission mixte paritaire, une majorité de militants se dit opposée à la censure du gouvernement.

« Si demain il fallait censurer le gouvernement parce qu’il aurait reculé sur un certain nombre de points ou parce que des lignes rouges auraient été franchies, je serais le premier à le faire, mais avant de censurer, il faut d’abord construire, il faut d’abord essayer », a insisté M. Leroy, se réjouissant que le PS ait « obtenu des mesures concrètes pour les Français, comme le non déremboursement des médicaments » – en fait déjà concédé par Michel Barnier au RN.

Les parlementaires PS ont affirmé dans un communiqué avoir obtenu « plusieurs reculs du gouvernement » et que les engagements du Premier ministre « ont été tenus ». Mais ils demeurent « largement insuffisants », ont-ils nuancé.

Sébastien Leroy admet cependant que la question peut se poser de censurer « un gouvernement qui est de droite, par certains aspects de centre droit, mais par certains aspects aussi d’extrême droite ».

Une remarque qui fait suite aux propos de François Bayrou sur le supposé « sentiment de submersion » migratoire des Français, terme cher à l’extrême droite. Des paroles qui ont « heurté les militants de gauche, mais il faut avancer, pour le pays », souligne Virginie Sanchez, professeur des écoles de 55 ans.

Le maire PS Philippe Parsy insiste sur « la responsabilité », car « tant que le président ne veut pas tenir compte du résultat des législatives, la censure nous fera revenir au même point« .

« Quand on est en attente, on ne fait rien »

Pour Catherine Dubar, sympathisante de 62 ans, « on ne peut pas laisser les Français » en attente d’un budget, car « quand on est en attente, on ne fait rien ».

Et alors que le leader de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon affirme que « l’alliance du NFP sera brisée » si le PS refuse de voter la censure, nombreux sont ceux qui déplorent son « intransigeance ». « Les gens ont voté pour un front républicain et LFI ne joue pas le jeu », pointe Alexis Lecoeuche, infirmier de 40 ans.

Mais la non censure ne fait pas non plus l’unanimité. Pour Alfredo Branquinho, 83 ans et au PS depuis un demi-siècle, « il faut foutre le gouvernement en l’air » car « Bayrou ne fait pas son travail », dit-il, assez seul ce soir-là sur cette position.

Que choisiront les députés ? A ce stade, « personne ne sait vraiment quoi faire », souligne un cadre socialiste, mais « chacun pense à son territoire » et peut se laisser influencer par les retours de terrain, surtout en cette période de vœux.

« Dans les communes rurales, ce qu’on entend, c’est ‘arrêtez la pagaille, on a besoin de stabilité’. Mais les électeurs des quartiers populaires, eux ne viennent pas aux vœux, on ne sait pas ce qu’ils pensent. J’imagine qu’ils pourraient nous ressentir comme ayant trahi », estime le député Laurent Baumel, indécis.

La maire de Nantes Johanna Rolland, favorable à la censure en raison des accent droitiers du gouvernement sur l’immigration, reconnait « que « les gens sont fatigués ». « Ils attendaient qu’on aille à la table des négociations, mais ils ne veulent pas qu’on passe un accord à n’importe quel prix », nuance-t-elle.

Avec AFP



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