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Dans le Finistère, la vie de ce couple de gérants de bars a basculé

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Le calvaire de sa femme a duré au moins deux ans. Fin 2024, elle a fini par dénoncer des violences régulières et du harcèlement de la part de son mari. Ce dernier, 51 ans, au casier vierge, a comparu au tribunal de Quimper (Finistère). Le 23 décembre 2024, il avait obtenu le renvoi de son procès et avait été placé en détention provisoire.

Le couple, dépeint comme « deux bourreaux de travail », tient deux bars. Elle au Faou et lui à Saint-Nic.

Il y a déjà eu une procédure en 2023, mais elle a été classée sans suite. Madame dénonçait de la jalousie, des messages jour et nuit, des reproches permanents. Elle déclarait aussi avoir peur des représailles.

Céline Verny, la présidente.

« Famille unie »

Au tribunal, la victime a expliqué que son mari l’espionnait « en permanence sur les caméras de surveillance » du bar où elle travaille.

Il y a eu également plusieurs épisodes de violences physiques. « C’étaient des bousculades, des coups de nerf après des disputes », a-t-elle dit à la barre. Un jour, il lui a tout de même fait dévaler les escaliers en lui tenant les cheveux. 

Les violences et le harcèlement lui ont valu 60 jours d’incapacité totale de travail. Elle a confié au tribunal :

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À la base, on est une famille très unie et on a besoin du papa. Quand il est dans son état normal, c’est un bon gestionnaire d’entreprise, un bon mari, un bon père, mais je ne le reconnais plus. On se connaît depuis 28 ans. C’était un homme jovial, ouvert, investi dans des associations. Je l’ai vu se refermer et j’ai voulu prendre les choses en main en l’emmenant voir des médecins, mais j’ai loupé mon coup. 

« Pression » au travail

Selon elle, leur métier n’y est pas étranger : « Il y a du surmenage. On bosse beaucoup tous les deux, chacun dans notre affaire. Il y a une grosse pression en raison de gros engagements financiers. »

Ouvrir un second établissement, c’était leur plan pour s’éloigner l’un de l’autre et éviter le placement de leur fils.

Me Valérie Le Faou, l’avocate de la partie civile.

Sa cliente n’a pas exclu pas la reprise d’une vie commune à condition que son mari « accepte des soins et un suivi médical serré ».

Dans le box, le prévenu a reconnu « un souci à la sortie du Covid : on a dû redémarrer très fort, mais j’ai perdu les pédales et confiance en moi. J’avais l’impression que tout le monde m’en voulait. Y compris à la maison. »

« Redevenir normal »

Et les violences durant deux ans ? Madame a fourni des photos de ses blessures. Il les a reconnues ; tout comme le harcèlement et l’espionnage.

Je redoutais l’adultère. J’avais tellement peur de la perdre.

Le prévenu.

Pour lui, la détention a été « un choc » : « Les conditions sont atroces. J’ai pris conscience que je devais me soigner. Je veux redevenir normal. » Une expertise psychiatrique a relevé « sa paranoïa ».

Altération du discernement ?

Le procureur Philippe Lemoine a voulu écarter « l’altération du discernement », établi par l’analyse médicale : « Monsieur est responsable de ses actes. Il a pris de très mauvaises habitudes en étant violent et harcelant. »

Le ministère public voulait « des garde-fou contre la récidive » et « marquer le coup ». Il avait demandé 18 mois d’emprisonnement dont neuf mois ferme à effectuer avec un bracelet électronique. 

Le tribunal a suivi ces réquisitions et assorti sa décision d’une interdiction pendant deux ans de paraître au domicile de sa femme et sur son lieu de travail, ainsi qu’aux abords de l’établissement scolaire de leur fils. 



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