En France, les morsures de chiens se multiplient. Un phénomène en hausse qui inquiète. La Manche n’échappe pas au phénomène. Chaque semaine, son lot de blessures.
Stéphane Spengler ne décolère pas. Dimanche, alors qu’il était en promenade sur un sentier à Sciotot, il a été victime d’une attaque violente de chien.
Une plainte déposée
Sur le petit chemin de randonnée, j’ai croisé une femme avec quatre ou cinq chiens en laisse. Elle s’est écartée pour me laisser passer. Mais en passant, un de ses chiens, de taille moyenne, m’a mordu le mollet droit sans raison. Mon pantalon était déchiqueté. La propriétaire des chiens s’est excusée. Elle m’a donné son nom et ses coordonnées téléphoniques, au cas où.
L’homme a déposé plainte à la brigade des Pieux (Manche).
« Je n’étais pas le seul à avoir été mordu ce jour-là. Un homme d’une cinquantaine d’années s’était également présenté à la brigade pour signaler une morsure. Un berger allemand, sans laisse, l’avait attaqué à Héauville. Et le propriétaire du chien l’avait menacé de représailles s’il déposait plainte. Je te retrouverai, lui avait-il dit. »
Un chat tué
À Saint-Pierre-Église, c’est un chat qui a été attaqué en plein après-midi par deux chiens en divagation.
« Vendredi vers 15 h 30, j’ai entendu des aboiements provenant de mon jardin. Je suis allée à ma fenêtre. C’est à ce moment que j’ai vu deux chiens en divagation sur ma propriété, raconte Pauline Marion, mère d’un petit garçon de quelques mois, visiblement marquée par cette agression. L’un d’eux tenait notre chatte Mimi dans sa gueule. Je suis sortie, le chien ne s’est pas montré agressif. Il a lâché rapidement notre chatte que nous avions adoptée à la SPA. J’ai essayé de chasser les deux canidés une première fois. Ils sont allés chez ma voisine juste au-dessus. »
Les deux chiens qui avaient été aperçus le matin même en divagation sont revenus à la charge quelques minutes plus tard alors qu’elle était en ligne avec la gendarmerie.
Les chiens se sont mis en position d’attaque. J’ai essayé de les chasser avec tout ce qui me tombait sous la main, de l’eau, des bâtons. Rien n’y faisait. J’ai contacté leur propriétaire. Elle m’a indiqué être enceinte, être occupée avec ses autres enfants. Elle m’a demandé si je pouvais les attraper. Je lui ai répondu que cela m’était impossible.
Les deux chiens ont finalement quitté les lieux au bout de vingt minutes, avant l’arrivée de la gendarmerie.
Un précédent en 2022
La chatte est morte dans d’atroces souffrances. L’examen vétérinaire de sa dépouille a révélé une « plaie traumatique ouverte sur le thorax, rendant visibles le cœur et les poumons ». Trois côtes étaient manquantes et les bords de la plaie présentaient des ecchymoses. « Sa mort est traumatisante, car elle était comme un membre de la famille. »
« Les propriétaires n’ont pris aucune mesure à ce jour. Nous avons sollicité la gendarmerie nationale pour qu’elle fasse le nécessaire. Il y a eu un rappel à la loi et une amende dressée. » Pauline Marion a également déposé plainte pour préjudice moral.
En 2022, Pauline Marion avait déjà eu affaire à ces deux chiens.
Ils s’étaient introduits sur notre propriété privée. À l’époque, j’avais suivi les conseils d’une voisine. Un agent municipal et un vétérinaire s’étaient déplacés pour les identifier. Ils avaient été rendus à leurs propriétaires.
La jeune mère de famille, qui a beaucoup de mal à se remettre de l’attaque, se dit aujourd’hui préoccupée. « Nous avons peur que cela se produise à nouveau et que notre enfant qui grandit soit un jour victime. J’avoue être désormais sur le qui-vive. Nous avions l’habitude d’ouvrir notre grande baie coulissante donnant sur le jardin. Nous sommes aujourd’hui obligés de prendre des précautions », explique Pauline Marion qui dit avoir sollicité l’intervention du maire.
Sécuriser le site
Pour qu’il intervienne, selon l’article L211-11 du Code Rural, auprès des propriétaires, il doit leur demander de prendre les mesures qui s’imposent pour prévenir tout danger. Par exemple, en sécurisant leur site par un grillage empêchant leurs chiens de venir sur notre propriété.
En cas d’inexécution, par le propriétaire ou le détenteur de l’animal, des mesures prescrites, le maire peut, par arrêté, placer l’animal dans un lieu de dépôt adapté à l’accueil et à la garde de celui-ci.
En cas de danger grave et immédiat pour les personnes ou les animaux domestiques, le maire ou à défaut le préfet peut ordonner par arrêté que l’animal soit placé dans un lieu de dépôt adapté à la garde de celui-ci et, le cas échéant, faire procéder à son euthanasie.
Rappelons que si un chien mord une personne ou un animal, le propriétaire a le devoir de l’emmener chez un vétérinaire dans les 24 heures qui suivent la morsure pour un enregistrement et un examen clinique permettant d’évaluer leur dangerosité sur une échelle de 1 à 4. Deux nouvelles consultations auront lieu à J + 8 et J + 15 pour s’assurer que l’animal ne présente pas de signes de rage. Cette démarche est obligatoire.
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