jnews.fr

dans le Calvados, la drogue arrive souvent par la mer



Les courants de la mer de la Manche ne charrient pas que des algues. La situation n’est pas comparable à celle du port du Havre, mais il arrive de plus en plus fréquemment que des produits stupéfiants accostent sur les plages du département. Soit directement, soit dans des cales de bateaux. En 2024, plusieurs ballots contenant de la cocaïne ont ainsi échoué sur le sable, notamment dans le Bessin et sur la côte de Nacre

Cocaïne ou résine de cannabis

La technique dite du drop-off est de plus en plus utilisée par les trafiquants. Ils lâchent des ballots en mer et d’autres sont chargés de le récupérer. Mais il arrive que les courants les mènent jusqu’à nous.

Joël Garrigue, procureur de la République de Caen

Sur les 57,5 kilos de cocaïne saisis par les services de police ou de gendarmerie en 2024, 50 l’ont été suite à la découverte d’un ballot sur une plage. 

De la même manière, une importante quantité de résine de cannabis a été saisie par la police, dans les cales d’un voilier. Une prise qui a fait exploser les statistiques des forces de l’ordre dans le Calvados puisque, au total, elles ont capté plus de deux tonnes de shit l’année dernière, contre 96 kilos « seulement » en 2023.

Plus d’armes en circulation ?

En 2024, le nombre d’armes saisies par la police et la gendarmerie a augmenté de façon significative. Les forces de l’ordre ont confisqué 47 armes, contre 37 en 2023. Soit une hausse de 27%. « On peut s’en féliciter, ou déplorer qu’il y en ait plus en circulation », convient Joël Garrigue. Le procureur de la République de Caen s’efforce toutefois de relativiser. « Quand on parle d’armes, il y a surtout des pistolets d’alarme ou de petits calibres. Nous n’avons pas de kalachnikovs… » 

« Les stupéfiants irriguent l’essentiel de la délinquance »

Les enquêteurs des brigades des stupéfiants ne comptent pas uniquement sur les marées pour retrouver des traces de drogue dans le département.

En 2024, ils ont mené 853 opérations de recherche, contrôlant 7 561 personnes et en plaçant 358 en garde à vue. Au cours de l’année passée, ils ont identifié 24 points de deal et en ont éteint 11. « Nous avons pu démanteler des réseaux de toutes tailles et ampleurs », souligne le procureur de la République. « Mais nous nous attaquons aussi aux consommateurs, car les stupéfiants irriguent l’essentiel de la délinquance, et quasiment toutes les audiences du tribunal. »

Dans la délinquance routière, les stupéfiants sont désormais plus impliqués que l’alcool. On les retrouve aussi dans les affaires de violence, y compris familiales.

Plus de 1,7 M€ saisis

Outre les peines d’emprisonnement, la justice combat aussi les narcotrafics en ciblant le portefeuille des délinquants. Avec l’appui du Groupement interministériel régional (GIR), elle a ainsi saisi plus de 1,7 M€ en 2024, dont près de 320 000 € en numéraire.



Source link
Quitter la version mobile