Les étagères se garnissent à un rythme cadencé. « C’est le rush final », s’exclame Rémy, énergique septuagénaire. Depuis le mois de juillet, une quinzaine de bénévoles s’activent pour aménager l’épicerie solidaire, hébergée dans une aile du centre social Horizons du quartier de Pontanezen à Brest.
Le commerce, porté par l’association ESR (Épicerie solidaire en réseau), ouvrira ses portes jeudi 30 janvier.
« Pas de stigmatisation »
À première vue, rien ne distingue l’épicerie d’un magasin classique. Conserves, produits frais, d’hygiène… Le commerce s’appuie sur près de 300 références, certaines bio et locales. Sa singularité réside dans son fonctionnement. L’épicerie est ouverte à tous, mais les prix diffèrent selon les moyens des clients. « L’intérêt est que tout le monde puisse faire ses achats, sans stigmatisation. Personne ne sait qui paie quoi, sauf la personne en caisse », indique Mathilde Gaillard, chargée de mission à l’ESR.
Trois tarifs ont été établis : le premier, solidaire, correspond à un prix de vente équivalent à celui du marché ; le second, réduit, permet de payer les produits 30 % moins chers, et le troisième, réduit +, à 80 %.
Les tarifications réduites sont accessibles en fonction du quotient familial (réduit) ou du reste à vivre (réduit +) ainsi que du lieu d’habitation (1). Les bénéficiaires doivent en amont s’inscrire auprès de l’épicerie.
Créer du lien
L’épicerie fonctionnera grâce à des bénévoles, un noyau dur est déjà constitué. Paméla en fait partie. « Il faut aider sinon ça ne marchera pas », clame la trentenaire, en rangeant les gels douche. Stéphane est lui aussi content de donner de son temps : « Je veux participer à la vie du quartier. »
Au sein du commerce, un espace a été aménagé pour que les gens puissent se poser et échanger.
C’est un lieu d’achat et de convivialité. Nous souhaitons créer du lien. Une fois par mois, en partenariat avec le centre social, nous proposerons un atelier ou une rencontre autour de l’alimentation.
Pour l’instant, l’épicerie est ouverte quatre jours par semaine, sur des créneaux spécifiques. Les horaires pourront évoluer, tout comme les produits proposés. « Le but est de répondre aux besoins du quartier. »
(1) Quartiers Bucquet, Dourjacq, Kerallan, Pen Ar Ch’Leuz, Kerbernard, Pen Ar Creach, Kergaradec, L’Hermitage et Pontanezen.
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