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Cyclisme. Le Manchois Axel Bouquet, 19 ans et déjà professionnel

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Le monde change, le cyclisme aussi. Dans un passé encore récent, il fallait montrer patte blanche chez les amateurs pour prétendre à un passage chez les professionnels. Parlez-en à Frédéric Lecrosnier ou Laurent Paumier, qui ont dû attendre de souffler leurs 27 et 28 bougies pour franchir le Rubicon, ou même Amaël Moinard et Benoît Cosnefroy, contraints de valider leurs quatre années chez les Espoirs avant de rejoindre l’étage supérieur, dans leur 23e année.

Il courait déjà aux côtés des Elites

Aujourd’hui, la tendance est au jeunisme. Les exemples de coureurs qui zappent la case U23 pour parapher leur premier contrat pro au sortir des rangs juniors ne sont plus une rareté. C’est presque devenu la norme dans un milieu où tous les managers veulent dénicher la petite pépite, le prochain Pogacar ou le futur Evenepoel.

Dans ce contexte, Axel Bouquet, originaire d’Avranches, ne pouvait évidemment pas passer sous les radars en s’imposant l’an passé à deux reprises en Coupe du monde U19.

A tout juste 19 ans, le voilà déjà plongé dans le grand bain du monde professionnel sous les couleurs d’Arkéa – B&B Hôtels. Sans complexe par rapport à son âge.

« Je suis loin d’être le seul. Les nouvelles générations passent pro très tôt. Ils sont suivis de bonne heure par des grosses structures, parfois même dès les cadets », observe l’Avranchinais, dont la précocité a éclaté au grand jour en 2024, quand il a été surclassé par son club formateur, le Moyon-Percy VC, qui n’a pas hésité à le faire courir aux côtés des Elites, notamment au championnat de France de Saint-Martin-de-Landelles (34e).

« On lui a fait gagner du temps dans sa construction de carrière », assure Pierrick Leclerc, le manager moyonnais. « J’aurais peut-être pu gagner plus de courses en restant à un plus petit niveau, mais j’ai pu prendre de la caisse et de l’expérience en Elite. Ça m’a aussi donné confiance, je me suis rendu compte de mes capacités », confirme Axel Bouquet.

Pas de carnaval de Granville cette année

Après une fin de saison gâchée par une mononucléose, le vice-champion de Normandie juniors a attaqué l’hiver pied au plancher, régénéré physiquement et frais psychologiquement.

Son travail porte déjà ses fruits puisqu’il vient d’enregistrer son premier Top 20 samedi en Classe 2, au Tour des 100 communes (13e).

Pas question pour autant de tirer sur la machine et de brûler toutes les étapes. S’il est passé pro précocement, le « diamant » est à polir avec précaution par ses dirigeants qui lui ménagent de longues plages de repos entre les courses. « On y va progressivement, l’équipe est très à l’écoute », souligne l’élève de Pierre Gouault, l’ancien coureur pro manchois reconverti comme entraîneur.

Après avoir débuté la saison en Elite Nationale puis en Classe 2, il attendra ainsi la fin du mois de mars pour découvrir la Classe 1 avec l’équipe World Tour, à l’occasion de la Roue Tourangelle, en Coupe de France.

Il enchaînera avec la Route Adélie (4 avril), Paris-Roubaix U23 (13 avril) et le Tour de Bretagne (25 avril-1er mai).

En attendant, il va continuer de s’entraîner rigoureusement, sans toutefois pousser tous les leviers à fond sur les à-côtés de son métier auquel il s’adonne désormais exclusivement, après avoir fait le choix de mettre ses études entre parenthèses.

« J’ai mis l’accent sur le sommeil, la récupération, mais je me garde encore des axes de progression, notamment au niveau de la diététique », dit-il, ajoutant avoir le sentiment de « garder une vie sociale normale. »

Je ne fais pas que vélo, dodo… Après, je suis quand même obligé de faire des sacrifices. C’était dur de voir les copains partir faire la fête au carnaval de Granville ! Mais je n’ai pas non plus l’impression de gâcher ma jeunesse

Axel Bouquet, coureur pro chez Arkéa – B&B Hôtels

« Je suis passionné de vélo et, si je veux réussir, cela passe par certaines privations, reprend-t-il. Personne ne réussit dans la facilité. Coureur professionnel, ce sont des contraintes, mais c’est aussi une vie avec de nombreux avantages… »

Fan ultime de Mathieu Van der Poel – « la classe incarnée sur un vélo » -, inspiré par Benoît Cosnefroy et Paul Lapeira, ce redoutable puncheur rêve ouvertement de réussir « au plus haut niveau mondial » et de participer aux trois Grands Tours.

Sa priorité reste de « faire une longue carrière chez les pros », à l’image d’Anthony Delaplace, « un modèle », avec qui il a fait la route récemment pour partir en stage, en buvant ses paroles de vieux sage.

Bien conseillé, judicieusement encadré et surtout pétri de qualités, Axel Bouquet a tout pour montrer que la valeur n’attend pas le nombre d’années.



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