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crise dans les services d’investigation, 70% de policiers en colère rassemblés

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« Nous avons réussi à rassembler 70% des effectifs des services d’enquête et d’investigation des commissariats de la police nationale de l’Hérault, à Montpellier où ils étaient les plus nombreux, à Béziers, Sète et Agde. Cela montre à quel point ces policiers sont en colère après l’arrêt de l’expérimentation de la semaine de travail à quatre jours pourtant très positive dans trois commissariat d’Occitanie, si l’on s’en tient aux retours et au bilan » soulignent ce lundi 10 mars 2025, Bruno Bartoccetti, secrétaire zonal de Paca et d’Occitanie du syndicat Un1té et Bruno Mengibar, un des responsables de l’Hérault. 

Après des rassemblements importants jeudi 6 mars dans le Gard, tous ces policiers en civil héraultais, officiers de police judiciaire -OPJ- et agents de police judiciaire -APJ- qui traitent les procédures, notamment criminelles les plus importantes, les plus longues et les plus sensibles se sont rassemblés ce lundi à 12h15 devant les quatre hôtels de police. « Nous représentons tous les services chargés de l’investigation », tient à préciser Bruno Bartoccetti. Alors que quasiment tous étaient de dos pour les photos, confidentialité oblige, seuls celles et ceux de l’unité du commissariat de Sète ont choisi d’apparaître de face.

Dès le 13 février dernier, Bruno Bartoccetti annonçait la couleur : « La fin de l’expérimentation de la semaine de quatre jours dans les services d’investigation décidée par le ministère de l’intérieur est incompréhensible et annoncée de manière brutale, nous n’allons pas en rester là ». En plus des rassemblements pacifiques, des enquêteurs vont remettre symboliquement leur habilitation d’OPJ et d’APJ à leur hiérarchie.

Les enquêteurs de l’investigation du commissariat de police de Béziers (©Un1té 34)

Filière abandonnée 

La crise est importante. Bruno Bartoccetti et Bruno Mengibar rappellent que, « cette décision du ministère de l’Intérieur marque un retour en arrière préjudiciable pour les conditions de travail des policiers et l’attractivité de la filière judiciaire, avec des primes notamment. Lancée dans plusieurs services afin d’évaluer l’impact d’un aménagement du temps de travail plus souple et moderne, cette expérimentation avait montré des résultats encourageants. Réduction de la fatigue, amélioration du bien-être des agents, meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle : autant d’effets positifs qui auraient dû conduire à évaluer le dispositif et non à le condamner. Pourtant, sans justification solide, les autorités ont décidé d’y mettre un terme, ignorant les bénéfices constatés sur le terrain ».

Vidéos :

La preuve selon Un1té que la filière de l’investigation, fer de lance des enquêtes notamment sur le narcotrafic, n’est plus encouragée et du coup, est délaissée dans les écoles nationales, comme celle de Nîmes.

Le service d'enquête et d'investigation du commissariat de Sète
Le service d’enquête et d’investigation du commissariat de Sète (©Un1té 34)
Les policiers en civil rassemblés devant le commissariat d'Agde
Les policiers en civil rassemblés devant le commissariat d’Agde (©Un1té)

Les douze propositions d’Alliance Police Nationale

De son côté, le syndicat Alliance Police Nationale de l’Hérault a mené une action du 13 au 31 janvier 2025 dans les commissariats, sur le plan de relance de la filière investigation, unités de la police technique et scientifique comprise. Les délégués ont présenté aux adhérents douze propositions et ont remis un questionnaire à destination de Bruno Retailleau, le ministre de l’Intérieur.

Voici ces douze propositions : une passerelle entre APJ et OPJ, une réduction de la durée des échelons pour la filière investigation, un avancement spécifique dérogatoire sur les services déficitaires, une revalorisation de la prime OPJ à 300 € par mois, la suppression de l’examen OPJ pour accéder au grade de major de police, le repos spécifique investigation, des horaires aménagés (semaine à 4 jours et le 4/5/3/2), la création de l’attitude opérationnelle judiciaire, la revalorisation des astreintes et des permanences, une prime d’expertise judiciaire, un logiciel de procédure et la gestion des flux et des stocks de dossiers. 

Place Bauveau, cette crise et cette mobilisation des troupes de l’investigation est prise en compte. Mais quel est le plan du ministre de l’Intérieur, si plan il y a ? Mystère. Les syndicats et les enquêteurs spécialisés sont en attente, mais ne vont pas lâcher la pression.



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