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Course majeure dans le Cotentin, comment le GP des Couturières en est arrivé à disparaître du calendrier

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Sillonner les routes de notre département à l’occasion du Tour de la Manche est toujours un moment privilégié dans la saison, mais c’est aussi source de déprime quand on entend les « anciens » verser dans la nostalgie à l’entrée de nos communes. « Ah tiens, il y avait une course dans le temps ici ! » Malheureusement, cette phrase revient souvent…

En 25 ans, 80 % des courses cyclistes ont disparu du territoire français. Si la Manche résiste mieux que d’autres départements, elle est inéluctablement touchée par cette lente érosion du calendrier.

Pour 2025, la tendance à la baisse se poursuit. Certains organisateurs tentent bien de perdurer en changeant de catégorie, un choix économique, à l’image de Sideville qui passe d’Open 2 à Access. D’autres ont fait le choix d’arrêter les frais. Quand il y a davantage de bénévoles pour garder les carrefours que de coureurs au départ, on peut les comprendre…

« C’est malheureux, mais c’est devenu beaucoup trop cher d’organiser des courses. Et on n’a pas forcément le retour attendu au niveau des engagés et des spectateurs », souligne Laurent Dufrêche, l’organisateur de l’A2H Classic (Élite-Régionale), à HellevilleHéauville, qui se penche actuellement sur « une autre formule », avec un projet de course de gravel.

« À peine 30 poilus au départ… »

Comme un symbole du phénomène inquiétant qui ronge le cyclisme, l’emblématique GP des Couturières de Martinvast disparaît lui aussi après 76 éditions. L’épreuve, qui a couronné des pointures locales comme Raymond Lebreton ou Paul Mabire, était ainsi considérée comme véritable « Monument », un sanctuaire du cyclisme cotentinois que l’on pensait inébranlable.

« Ça fait mal au cœur, mais la course était devenue trop ronronnante, avec à peine 30 poilus au départ », justifie André Picot, très affecté par cette décision, à la fois en tant qu’organisateur, ancien coureur et tout simplement passionné de cyclisme.

« À Martinvast, on a l’habitude de faire des animations dynamiques comme La Haute Folie ou la Corrida de l’Avent où il y a de la vie, de l’ambiance. La course cycliste, elle, avait perdu sa flamme. Ça ne correspondait plus à ce qu’on a l’habitude de faire. Et j’ai l’impression qu’elle passionnait moins les spectateurs. Il n’y a que le haut niveau qui attire les gens. »

Un cyclo-cross pour mieux rebondir ?

Interpellé par la maigreur des pelotons, André Picot ne cache pas son pessimisme quant à l’avenir du cyclisme, un sport presque anachronique qui souffre de son image écornée, de l’insécurité croissante sur les routes, du coût exorbitant du matériel, de la raréfaction des courses…

« C’est un sport difficile, très exigeant, avec énormément de contraintes. Ça ne colle plus avec les aspirations des nouvelles générations. Les jeunes sont moins nombreux à s’engager, à s’entraîner dur la semaine, à courir tous les week-ends, à sacrifier un peu la vie sociale. Il y a une évolution des mentalités et le cyclisme n’est plus trop dans l’air du temps », juge-t-il, ajoutant que la refonte des catégories n’a pas arrangé les choses.

Avant c’était plus clair. Maintenant, ce sont les Open, les Access… Ça me laisse perplexe. Les gens n’y comprennent plus rien !

André Picot

« On peut être inquiet »

Bernard Berhault (président du comité de la Manche) : « On est toujours attristés de voir des courses disparaître. Martinvast avait 30 mecs au départ l’an passé, 16 classés à l’arrivée. Ça décourage forcément. On peut être inquiet pour l’avenir des courses avec les coureurs qui sont moins nombreux, les coûts d’organisation trop élevés, les frais qui augmentent, les consignes de sécurité plus drastiques et surtout le manque de bénévoles qui est souvent la première cause de l’arrêt des courses. Cela dit, la Manche reste un département dynamique. Le nombre de courses se maintient à peu près. On a mis en place une règle pour éviter que des courses se télescopent au calendrier. Quand deux courses ont lieu à moins de 80 km d’écart, on met en contact les organisateurs pour qu’ils s’entendent sur une autre date. Autrement, cela donne des trop petits pelotons. On ne veut plus voir un week-end avec deux ou trois courses et rien le week-end suivant. »

Jamais à court d’idées même dans la difficulté, l’infatigable « Dédé » entend bien rebondir en relançant le GP des Couturières l’hiver prochain… en mode cyclo-cross.

« C’est un format plus dynamique, avec plusieurs courses sur la journée, sur un circuit court… On ne va pas laisser le nom des Couturières disparaître comme ça, je suis certain qu’il y a moyen de faire quelque chose de bien. Il faut rester positif ! », dit-il, soutenu dans son projet par le maire, Jacky Marie, qui y voit lui aussi un bon moyen de consoler après la disparition de la course sur route.



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