Le casier judiciaire du prévenu qui comparaît ce vendredi 28 février 2025 devant le tribunal de Guingamp, comporte déjà dix mentions. Cet homme de 35 ans habite Rostrenen. Il est poursuivi pour des menaces et du harcèlement sur son ex conjointe.
Il est déjà connu de la justice pour des infractions liées aux stupéfiants, des violences, des dégradations, des blessures involontaires, mais également des infractions routières.
Aujourd’hui, il lui est reproché une dizaine d’infractions, une première salve le 2 août 2024, puis une seconde dans le courant de l’automne suivant.
L’homme ne supporte pas que la mère de ses enfants puisse le quitter et qu’elle ait pu le tromper.
Le 2 août 2024, il veut la voir, elle a peur et prévient les gendarmes, un rendez-vous est fixé en un lieu neutre, une zone commerciale. Elle indique aux enquêteurs qu’il sait toujours où elle se trouve et ne comprend pas de quelle manière il peut faire cela.
Les premières infractions routières sont constatées
Arrivé sur les lieux au volant d’une voiture, il constate la présence des gendarmes, il accélère et conduit dangereusement, quatre jeunes gens présents sur le parking ont réussi de peu à s’écarter pour ne pas être percutés. Les gendarmes lancent une herse, un pneu est crevé, le véhicule terminera sa course un peu plus loin dans un poteau de signalisation.
Un téléphone géolocalisable dans la voiture
La victime avait effectivement raison de se méfier de son ex, celui-ci avait placé un téléphone sous le siège passager de sa voiture. C’est de cette façon qu’il pouvait la géolocaliser en temps réel afin de savoir où elle se trouvait en permanence. Il la soupçonnait d’entretenir une relation avec son patron.
Plus de 8 000 communications en deux mois
C’est le nombre d’appels téléphoniques et de SMS que la victime a reçu de la part de son ex-conjoint. Le nouvel ami de cette dernière n’en a reçu « que » 212 pour la même période.
Ancien toxicomane, le prévenu aurait cessé sa consommation d’héroïne l’été dernier. Aujourd’hui, il est présent à la barre du tribunal. Il est grand, mince, le visage émacié.
« Je vais niquer ta vie »
Il reconnait tous les faits qui lui sont reprochés hormis les menaces de mort, pour lui : » Je vais niquer ta vie » texte qu’il a envoyé par SMS, ne vise pas une atteinte à la vie mais de simples menaces. Certains messages ont également pour objectif, un chantage au suicide.
Interrogé par le tribunal, l’homme indique qu’il reconnait avoir du mal à tourner la page, mais qu’il ne veut surtout pas couper les ponts avec ses deux enfants. Le ministère public lui rappelle qu’il est né et de nationalité britannique, qu’il est donc susceptible de se voir retirer l’autorisation de vivre en France. Le prévenu répond par l’affirmative.
Plus de 6 000 euros de dommages et intérêts sollicités
L’avocate des parties civiles, qui défend les intérêts de l’ex-conjointe et de son nouvel ami, signale que sa cliente vit dans la peur, elle sollicite un total de plus de 6 000 euros de dommages et intérêts pour ce nouveau couple.
Une dépendance émotionnelle qui remonte à dix ans
Sa consœur qui défend le prévenu indique quant à elle que son client est dépendant émotionnellement de la mère de ses enfants. C’est en effet elle qui l’a aidé à sortir de la délinquance il y a une dizaine d’années.
Un comportement inquiétant pour le ministère public
Le ministère public émet quelques inquiétudes quant au comportement du prévenu, être capable d’épier sa conjointe, une consommation d’alcool excessive, une prise de conscience qui lui paraît légère à l’audience et pour terminer un parcours judiciaire bien garni.
Pour ces raisons, ce magistrat requiert une peine de 18 mois d’emprisonnement dont 12 avec sursis, plus deux mois ferme pour le refus d’obtempérer. Les mois fermes seront aménageables sous bracelet électronique, 600 euros d’amende sont également sollicités.
Après délibérations, le tribunal condamne le prévenu à 12 mois d’emprisonnement dont huit avec sursis, plus deux fermes pour le refus d’obtempérer. Il purgera les six mois ferme sous le régime du bracelet électronique et devra s’acquitter d’un total de près de 2 500 euros de dommages et intérêts.
SK
Source link