Le jeune prévenu de 19 ans se présente à la barre du tribunal de Guingamp (Côtes-d’Armor) ce vendredi 14 mars 2025.
Grand, les cheveux bruns touffus, barbe, le jeune homme se montre respectueux et correct au cours de l’audience.
A priori tout le contraire de ce qu’il montre lorsqu’il est en cours.
« Vous allez connaître Patrick* le djihadiste, je vais m’énerver »
En cours, dans son lycée professionnel de Guingamp, le jeune homme est totalement désintéressé.
Le 15 novembre 2023, son professeur lui demande tout d’abord d’éteindre son téléphone, il obtempère.
Une demi-heure plus tard, alors qu’il s’est endormi sur sa table, le professeur le réveille.
L’élève se redresse sur sa chaise, « On va connaître Patrick* le rebelle ? », déclare l’enseignant.
Le jeune se tourne alors vers ses camarades et répond : « Vous allez connaître Patrick* le djihadiste, je vais m’énerver ».
Des rires, mais aussi des élèves stupéfaits, choqués
Dans la classe les réactions sont diverses, certains rient, d’autres sont choqués, le professeur lui fait remarquer que cela pourrait s’apparenter à une menace. Résultat, le jeune homme est exclu définitivement de l’établissement scolaire.
Au cours de l’enquête, son téléphone est exploité par les gendarmes. Certaines photos sont pour le moins déconcertantes.
Des références au nazisme et aux Talibans
Il y a des références au nazisme : il s’est photographié, tantôt coiffé d’une large mèche plaquée sur le côté et moustache rasée à l’image d’Hitler, le tout accompagné de croix gammées.
Tantôt, coiffé d’un « chèche » à la façon des Touaregs du Sahara, avec une légende : « Coiffé tel un soldat de l’état islamique » et aussi « coiffé tel un Taliban ».
Le président du tribunal l’interroge : « Comment peut-on avoir envie de rire quand on sait que des professeurs ont été assassinés dans ce cadre ? »
Le prévenu semble embarrassé, il répond : « Je n’y ai pas pensé, depuis j’y ai réfléchi et c’est totalement bête. »
Apologie du terrorisme ?
Le ministère public parle d’un dossier qui désarçonne, les propos tenus font allusion à un mouvement terroriste.
Ce magistrat requiert une peine de six mois d’emprisonnement avec sursis et l’obligation de suivre un stage de citoyenneté avant d’évoquer l’ouverture d’une éventuelle nouvelle enquête pour apologie du terrorisme.
Pour l’avocate du prévenu, on est davantage sur une bêtise, une plaisanterie de mauvais goût. D’après elle, il n’y a aucune menace dans les propos tenus, elle plaide donc la relaxe de son client.
Après en avoir délibéré, le tribunal reconnaît la culpabilité du prévenu et le condamne à une peine de 35 heures de TIG (travaux d’intérêts généraux).
SK
*Prénom d’emprunt
Source link