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Comment se portent les finances de Cherbourg-en-Cotentin, dans un contexte de brouillard politique national ?



Un exercice traditionnel, dans un contexte unique. Ce mercredi 5 février 2025, le conseil municipal de Cherbourg-en-Cotentin (Manche) a examiné le rapport d’orientation budgétaire 2025 de la commune.

Dans le même temps, les députés se prononçaient majoritairement contre les motions de censure, permettant à l’Assemblée nationale d’adopter enfin un budget pour la France.

« La Ville continue à être extrêmement bien gérée » 

Ce budget s’inscrit dans un moment singulier. Nous attendons encore des éléments de précision, mais nous savons que les collectivités vont être mises dans le coin, et que l’État, qui n’a pas de leçon de morale à nous donner sur la bonne gestion, va se servir des comptes des collectivités pour équilibrer son propre budget.

Benoît Arrivé, maire de Cherbourg-en-Cotentin

Une nouvelle crise, dans un mandat marqué financièrement par la crise sanitaire et les conséquences énergétiques de la guerre en Ukraine.

Les grandes lignes de l’avant-dernier budget du mandat sont connues. La fiscalité n’augmentera pas, la municipalité faisant le choix de maintenir les taux. Le niveau de dépenses propre en termes de fonctionnement reste dans la moyenne nationale.

Les subventions aux associations sont, elles, supérieures à la moyenne nationale. Si la masse salariale augmente légèrement, il en est de même pour les dépenses de fonctionnement. Les ressources progressent, mais en deçà du niveau de l’inflation. La dette est maîtrisée, à hauteur de 617 euros par habitant.

« Ce sont des marqueurs politiques de la Ville, indique Benoît Arrivé. L’ensemble des ratios de gestion sont meilleurs que la moyenne, sur les mêmes strates de populations, dans un mandat marqué par un investissement historiquement haut. La Ville continue à être extrêmement bien gérée. »

Cette année sera notamment marquée par la mise en chantier ou l’achèvement de dossiers de divers ordres : Palais des sports, la requalification du plateau piétonnier, la rénovation de groupes scolaires

L’image d’un paquebot

Ce 5 février 2025, au soir, il n’était pas encore question de voter pour approuver ou non le budget. Du côté du Cercle du Cotentin, c’est assez clair : en l’espèce, ses élus diraient « non » à ces orientations.

Lorsqu’on se regarde, on s’inquiète, lorsqu’on compare, on se rassure. C’est vrai, en se comparant à d’autres, Cherbourg aurait de quoi être fier sur la comparaison des ratios. Seulement, il est bon aussi parfois de se reconcentrer sur soi-même. Le budget d’une commune est comme un gros paquebot. On ne peut pas le bouger de façon radicale, mais nous aurions aimé que certains bords soient passés. Et certains caps, donnés.

Fréderik Lequilbec, membre de l’opposition municipale

Il cite la gestion des patrimoines, les économies à faire, sur le contrôle des dépenses, l’emprunt (« avant, vous disiez qu’on n’empruntait pas assez, maintenant, à vous entendre, on emprunte trop », répond Gilbert Lepoittevin) ou plus simplement l’absence de projection sur l’investissement pour le prochain budget. « Tout cela est très fragile », juge Fréderik Lequilbec.

Jean-Michel Maghe, ancien maire de Querqueville, a interrogé l’exécutif municipal sur l’évolution des taux de fiscalités des communes déléguées quant à la convergence vers un taux unique, promise sur douze ans au moment de la création de Cherbourg-en-Cotentin. Une réponse précise sera donnée en Commission des finances.

Pour la Convention citoyenne, Yvonne Pecoraro a demandé des pistes quant aux dépenses en moins à venir, entre autres précisions. « Des choses vont être affinées dans le cadre du budget dans les prochaines semaines, réagit le maire, rappelant les inconnus du contexte national. Il faut aussi nous laisser le temps de mesurer les impacts des décisions du gouvernement. »



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