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comment se déroulera sa détention à la prison de Condé ?

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Interpellé samedi 22 février en Roumanie à l’issue d’une cavale de neuf mois, Mohamed Amra a été extradé vers la France mardi 25 février et placé dans la foulée en détention provisoire au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne, l’une des deux prisons, avec sa jumelle de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais, les plus sécurisées de France.

Détention régie par des règles de Droit commun

Pour autant, au regard du profil de ce narcotrafiquant de 30 ans, multirécidiviste et ennemi public n° 1 jusqu’à son arrestation, un protocole particulier lui est-il appliqué en détention ?

Si l’administration pénitentiaire se refuse à communiquer sur le détenu Amra, « conformément au code de procédure pénale », elle fait entendre que la détention est régie par des règles de Droit commun qui s’appliquent à toutes les personnes détenues, de façon identique. Sous entendu : leur prise en charge n’est pas adaptée en fonction de leur médiatisation.

« La dangerosité prime sur la durée de la peine »

De son côté, Emmanuel Baudin, secrétaire général FO pénitentiaire, émet néanmoins un bémol à ce principe.

À Condé-sur-Sarthe, c’est la dangerosité du détenu qui prime sur la durée de la peine. Les détenus y sont incarcérés parce qu’ils sont dangereux, un protocole spécial de détention est donc appliqué et il est probable que ce soit le cas pour Mohamed Amra au regard des moyens dont il a bénéficié pour sa cavale.

Emmanuel Baudin, secrétaire général FO pénitentiaire
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Selon l’ancien surveillant pénitentiaire de la prison de Condé, Mohamed Amra a été placé « au quartier d’isolement ». Si toutes les cellules bénéficient d’un téléphone fixe, lui ne devrait y avoir accès que « deux heures par semaine et sous écoute ».

« Il devra aussi effectuer des promenades seul, ses activités seul et les parloirs pourraient avoir lieu en hygiaphone, c’est-à-dire sans contact », détaille le délégué national de FO dont la préoccupation première, au sujet de ce détenu, réside « dans les extractions judiciaires ».

La prison de Condé-sur-Sarthe s’articule en trois maisons centrales de 68 places. ©L’Orne hebdo

« C’est à l’extérieur que nous sommes les plus vulnérables »

« On aimerait que le système italien soit appliqué en France et, à cette fin, une loi pour la lutte contre la délinquance financière et la criminalité organisée va être examinée à l’Assemblée nationale le 17 mars. Elle dit notamment qu’avec ce type de détenu dangereux, la visio-conférence soit la règle et l’extraction, l’exception. Et non l’inverse. C’est au juge de se déplacer en détention parce que c’est lors des extractions, à l’extérieur, que nous, les agents pénitentiaires, sommes les plus vulnérables ».

Deux agents pénitentiaires sont morts lors de l’attaque, au péage d’Incarville, au Val-de-Reuil dans l’Eure, du fourgon pénitentiaire qui transportait Mohamed Amra lors de son retour du palais de justice de Rouen vers la maison d’arrêt d’Évreux où il était alors détenu.

« Des procès dans les prisons, comme en Italie »

« On souhaite un régime dérogatoire pour gérer ces détenus avec le retrait du téléphone fixe des cellules, des parloirs hygiaphone, pas d’ateliers, pas d’Unité de vie familiale et pas d’extraction. Comme en Italie depuis que des juges avaient été tués par la mafia », poursuit Emmanuel Baudin.

En Italie, « des procès sont mêmes organisés dans l’enceinte même de la prison. On ne peut tout de même pas attendre que des magistrats ou des greffiers soient tués pour obtenir ce qu’on demande ? A fortiori quand on sait que les narcotrafiquants peuvent avoir énormément d’argent et donc bénéficier de gros moyens ».

« Il va tout faire pour être transféré ailleurs »

Selon l’agent pénitentiaire, Mohamed Amra « va tout faire pour être transféré ailleurs « .

Les agents doivent donc s’attendre à des provocations verbales voire des menaces. Physiquement, ils sont formés et lourdement équipés donc ils devraient faire face. Il faut aussi s’attendre à ce que ses avocats attaquent ses conditions de détention.

centre pénitentiaire d'Alençon-Condé prison
La prison de Condé-sur-Sarthe pourrait être retenue comme site pilote du projet de Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, de concentrer sur un même site, les cent plus gros narcotrafiquants détenus. Réponse en fin de semaine. ©L’Orne hebdo

« La prison de Condé retrouve sa vocation »

Le centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe est composé de trois maisons centrales de 68 places et d’un quartier d’isolement qui porte le nombre de cellules à 210.

« Il avait été construit pour les détenus non gérables. L’idée, c’était de les accueillir pendant neuf mois avec une gestion plus serrée pour qu’ils acceptent le régime normal de détention. Mais à sa mise en service, il a été détourné de sa vocation. Avec ces gros profils, on revient à ce qu’était prévu ce centre pénitentiaire », déclare Emmanuel Baudin.

Concentration de narcotrafiquants

Les profils de narcotrafiquants devraient se multiplier dans l’enceinte de la prison de Condé-sur-Sarthe ces prochaines années. Car si cette prison n’est pas retenue comme site pilote du projet souhaité par le garde des Sceaux Gérald Darmanin, de concentrer, dans une même prison, les cent plus gros narcotrafiquants détenus en France, elle devrait l’être plus tard, conformément aux annonces de Gérald Darmanin lors de son déplacement à Condé, lundi 17 février, selon qui d’autres prisons seront nécessaires pour accueillir les narcotrafiquants.



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